Economie

Pôles de croissance: Le Gouvernement maintient le cap

Avec l’érection du pôle de croissance, le Sahel deviendra le théâtre d’activités économiques intégrées, orientées vers la valorisation des potentialités locales dans le but de promouvoir la croissance et d’améliorer durablement les conditions de vie de la population. Ce qui occasionnera la création d’emplois, l’accompagnement de l’urbanisation, la modernisation des activités économiques. L’attractivité à venir devrait séduire les opérateurs économiques qui y trouveront «un support spatial pour mieux organiser et rationaliser leurs activités et mieux vendre leurs produits».
Avec l’érection du pôle de croissance, le Sahel deviendra le théâtre d’activités économiques intégrées, orientées vers la valorisation des potentialités locales dans le but de promouvoir la croissance et d’améliorer durablement les conditions de vie de la population. Ce qui occasionnera la création d’emplois, l’accompagnement de l’urbanisation, la modernisation des activités économiques. L’attractivité à venir devrait séduire les opérateurs économiques qui y trouveront «un support spatial pour mieux organiser et rationaliser leurs activités et mieux vendre leurs produits».

Le sujet revêt une grande importance au point que le Gouvernement lui consacre un séminaire gouvernemental. Le 18 octobre à Dori, 17 ministres, autour du Premier ministre, Luc Adolphe Tiao, ont planché sur le grand programme de développement que soutiendra le Pôle de croissance du Sahel. Pour ce qui est des orientations pour la mise en place de ce pôle, «la vision à long terme du Gouvernement est de faire de la région du Sahel un pôle de croissance reposant sur une économie diversifiée, complexifiée et dynamique, en prenant appui sur les secteurs porteurs de croissance que sont entre autres l’élevage, les mines et le tourisme. Cette vision sera déployée suivant une démarche en trois phases (une phase projet, une phase projet combinée à la création d’une société d’économie mixte, une phase société d’économie mixte)», précise le communiqué final du séminaire gouvernemental.

Le regain d’intérêt du Gouvernement, qui multiplie des efforts pour faire émerger ce pôle de croissance, est une réponse aux grands enjeux de développement que la région présente. Du niveau politique au niveau social et environnemental, en passant par la sécurité et l’économie, l’exécutif se donne pour mission d’améliorer et de consolider la gouvernance. Il partage aussi le souci du développement et de la valorisation des secteurs porteurs de croissance.
Le développement des infrastructures socioéconomiques et marchandes, la réduction des contraintes sociales liées à la santé, à l’éducation et à inclusion sociale et la protection de l’environnement figurent au nombre des défis que le Gouvernement entend relever. La préparation du pôle de croissance du Sahel est lancée avec l’aide la Banque mondiale qui vient de mettre à disposition du Burkina Faso environ 1,4 milliard de F CFA.
Le séminaire gouvernemental sera suivi de la conduite des études de sauvegarde environnementale, de l’élaboration et de la mise en œuvre d’un plan de communication pour une synergie d’actions. L’équipe gouvernementale veut aller vite et bien. Les responsables des départements ministériels concernés par le pôle de croissance de Dori se donnent d’ici le 21 novembre 2014 pour produire la cartographie de leurs projets au Sahel: ceux en cours d’exécution, les nouveaux à financements acquis, ceux qui sont en cours de préparation avec assurance de financements.
On ajoutera au tableau les projets nouveaux en négociations avancées et ceux en recherche de financement. En mi-décembre 2014, un rapport complet sur l’agencement et la programmation des actions et mesures à conduire par les ministères devrait être prêt et soumis à l’appréciation de l’ensemble du Gouvernement, pour espérer un démarrage des activités du pôle de croissance en juin 2015.
L’édification du pôle de Dori s’appuiera sur l’expérience de Bagrépole, le pôle de croissance pilote à vocation agricole lancé en avril 2012 et qui donne des résultats satisfaisants. Le bilan fait le 18 octobre à l’occasion de la 2nde session du Comité national de pilotage des pôles de croissance (Cnppc) relève la création de 100 unités non agricoles pour 6 milliards de F CFA d’investissements privés qui ont créé 11.600 emplois. Selon Martial Wilfried Bassolé, le Coordonnateur du secrétariat technique du Cnppc, plus de 10.142 hectares de terres ont été alloués à 108 promoteurs pour un investissement projeté de 114 milliards et pour la création attendue de 30.000 emplois.
La direction générale de l’économie et de la planification table, en termes d’impact de Bagrépôle sur l’économie, sur sa contribution à la croissance du Pib de 0,5 point en 2014 et sur une hausse cumulée de 2,1 points de 2014 à 2020. Bagrépôle participe à la réduction de l’incidence de la pauvreté de 5,3 points dont 0,1 en 2014, en plus d’occasionner une hausse de recettes fiscales et d’améliorer la balance commerciale.


 

Opportunités pour les produits d’exportation

L’approche pôles de croissance a été retenue par le gouvernement burkinabè dans le cadre de sa Stratégie de croissance accélérée et de développement durable. La vision, réitérée par le ministre Lucien Marie-Noël Bembamba, en charge de l’économie et des finances, «repose sur un développement à base territoriale, avec effets d’entraînement, une approche intégrée et participative et le respect des normes de durabilité et de viabilité». L’actualité relatives aux pôles de croissance concerne leur rôle dans la promotion des exportations en vue d’accélérer et de pérenniser la croissance économique. Cet objectif coïncide avec le besoin de sécuriser l’économie nationale en diversifiant les exportations de produits à plus forte valeur ajoutée et les sources de devises. L’attention de l’autorité politique est portée également sur la nécessité de trouver des débouchés aux petites et moyennes entreprises et industries actives dans le domaine des produits à forte valeur ajoutée et créateurs d’emplois. Le processus de préparation des zones économiques spéciales à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso, soutenu par la Banque africaine de développement (Bad), entre dans le cadre du dispositif devant servir à la promotion des exportations.
Ces zones dite en «extraterritorialité douanière, fiscale et réglementaire» et présentées comme des espaces géographiques délimités, dédiés à un ou à plusieurs secteurs d’activités, devraient bénéficier d’une règlementation économique plus libérale et plus avantageuse en termes de création d’emplois et d’attrait des investisseurs étrangers, selon le secrétariat technique du Comité national de pilotage des pôles de croissance (Cnppc).
L’établissement des zones économiques spéciales présente des opportunités pour les produits d’exportation comme le textile, les oléagineux, les céréales, le niébé, les fruits, les légumes, sans oublier les produits de l’élevage, à savoir la viande, les cuirs et peaux. L’exemple illustratif est pris sur le lait et les produits laitiers, dont «le seul marché intérieur se chiffre à près de 10 milliards de F CFA par an».

Christian KONE

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