Editorial

L’armée sous surveillance

Uu moment où nous tracions ces lignes dimanche 02 novembre, le Burkina nageait toujours dans les incertitudes de l’après-Compaoré. Des concertations étaient toujours en cours pour déterminer qui des civils ou de l’armée conduirait la transition.

Blaise Compaoré est reparti comme il est venu, par la route de Pô, berceau de la révolution du 4-Août, 27 ans après. Face à la pression de la rue, l’ex-président a finalement cédé, non sans hésitation. Il a joué et il a perdu, ratant ainsi sa sortie du pouvoir. Reste à savoir comment la transition sera conduite. Elle s’annonce incertaine, avec la cacophonie observée au sein de l’armée au lendemain de l’insurrection populaire du 30 octobre dernier, entre le général Nabéré Traoré, chef d’état-major général des armées et le Lieutenant-Colonel, Yacouba Isaac Zida, numéro 2 du régiment de sécurité présidentielle, pour diriger la transition
Le second, en position de force, parce que désormais chef d’une troupe d’élite dont le chef est aux abonnés absents, a été adoubé par l’ensemble des forces armées. L’armée resserre ainsi les rangs pour tenter de diriger une transition sous surveillance des mouvements de la société civile et de l’opposition, qui n’entendent pas se faire voler si facilement leur victoire. Le Lieutenant-Colonel Zida, à peine confirmé, fait l’objet de contestation, soupçonné d’être un homme lige du Général Dienderé, son supérieur hiérarchique au Rsp. On ne sait pas encore jusqu’où ira cette contestation. Mais, plus le temps passe, plus la transition se compliquera. La vacuité du service public de sécurité qui a accentué le désordre et le chaos se résorbe peu à peu. Le mal étant fait, il s’agit maintenant de limiter la casse : faire cesser les actes de vandalisme et mettre en place l’équipe de transition en espérant que le cas du Général Kouamé Lougué, réclamé par les mouvements citoyens, trouvera une solution intelligente. Il restera donc à gérer les relations publiques de la transition avec les organisations internationales (Cedeao, Ua, Ue) qui suivent de près la situation et faire accepter la nouvelle équipe. Ces organisations internationales ont fait le choix d’une transition dirigée par les civils. Les militaires vont-ils se plier ? Et à quelles conditions ? Pourvu que ce soit un organe consensuel.
Abdoulaye TAO

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