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Diffusion du sport : BeIN Sports arrive officiellement

 

Sauf cas de refus de la chaine elle-même ou en dehors de toutes négociations directes avec elle, la reprise de BeIN Sports au Burkina et en Afrique subsaharienne ne pourra plus être qualifiée d’illégale. Le réseau de télévision à péage, spécialisé dans le sport, vient officiellement de s’engager sur le marché de l’Afrique subsaharienne. Jusque-là, la présence sur le continent de ce groupe qatari, basé en France, ne concernait que l’Afrique du Nord. Pour le reste du continent, notamment l’Afrique subsaharienne, c’est uniquement par des actes qualifiés «d’illicites et de piratages» que certains diffuseurs; au Burkina, au Sénégal ou au Cameroun; ont pu parfois reprendre le bouquet BeIN Sports composé de dix chaînes. Ce sont des actions judiciaires engagées par Canal + qui ont conduit à la cessation de cette diffusion par des opérateurs comme Nerwaya Multivision au Burkina.
L’argumentaire de Canal+, qui dénonçait une concurrence déloyale, reposait sur le fait que d’une part Neerwaya Multivision n’a pas signé avec la société BeIN un accord de distribution pour diffuser ses chaînes et que d’autre part BeIN Sports n’a pas acquis, comme Canal+, les droits de diffusion au Burkina Faso des compétitions sportives telles que la Ligue 1, la Liga ou la Champions league. «Les chaines BeIN qui étaient reprises par Neerwaya Multivision sont des chaines dont les droits de diffusion ont été acquis par BeIN pour la France et le Moyen-Orient. La reprise de ces chaines au Burkina Faso est effectuée sans droits», expliquait la direction de Canal+ Burkina.
Désormais, ce sont des arguments qui ne pourraient plus tenir. Du moins, pas de la même façon. La situation a changé en ce qui concerne les droits de la Ligue 1, de Ligue 2 et de la Coupe de la Ligue de France.
Le 5 février 2018, la Ligue de football professionnel (LFP) a annoncé la signature avec la société beIN Sports d’un accord qualifié de «majeur», pour la diffusion en Afrique subsaharienne des matches des compétions ci-dessus citées. C’est donc une présence en Afrique subsaharienne qui s’officialise pour le réseau BeIN Sports.
L’accord porte sur une durée 6 saisons allant de la saison footballistique de 2018/2019 à celle de 2023/2024. Il accorde à la société BeIN les droits de diffuser les matches des championnats de première et deuxième divisions, ainsi que ceux de la Coupe de la Ligue 1 de France, sur l’ensemble des territoires d’Afrique subsaharienne. Il restait maintenant à la société BeIN Sports de trouver le scénario par lequel elle allait exploiter et rentabiliser ces droits qu’elle a acquis chèrement. Le montant exact de l’accord n’a pas été révélé, mais un quotidien sportif français a soufflé qu’il devrait rapporter à la LFP 33 millions d’Euros par an, contre13 millions d’Euros actuellement.
Plusieurs scénarios s’offrent à BeIN Sports pour son introduction et son installation officielles sur le marché de l’Afrique subsaharienne.
Premièrement, BeIN Sports pourrait s’organiser pour mettre en place son propre réseau de distribution, à l’image de ce que fait aujourd’hui Canal+.
En effet, Canal+, en Afrique, est à la fois un opérateur de télévision payante par satellite présent dans plus de 30 pays d’Afrique centrale et de l’Ouest, mais aussi une société qui commercialise les chaînes Canal + et le bouquet Canal+. Au Burkina, la société de diffusion Canal + est accompagnée par ISEC et SODISAT ; des partenaires commerciaux qui revendent exclusivement les bouquets Canal+. C’est un modèle d’organisation dont pourrait s’inspirer BeIN Sports. Elle deviendrait ainsi une concurrente sérieuse pour Canal+. Mais cela prendrait du temps, alors que la nouvelle saison de football commence en principe dès août 2018. Dans le cas contraire, BeIN Sports pourrait choisir de confier son sort au solide réseau de distribution de Canal + pour ce qui concerne l’Afrique francophone : au Centre et à l’Ouest. Si certains avaient pensé qu’une telle option était incertaine parce qu’en France l’Autorité de la concurrence a déjà rejeté, en juin 2016, un accord de codistribution entre Canal+ et BeIN Sports, il semble qu’elle ait été validée. Les arguments qui ont prévalu à la décision de l’Autorité de la concurrence en France n’ont apparemment pas été réaffirmés pour ce qui concerne l’Afrique. BeIN Sports a, en effet, déjà retenu les offres de Canal+, en langue française, et en Kwesé, en langues anglaise et portugaise, pour la diffusion des matches. En dehors de cette option, ce qui s’offrait également à BeIN Sports, c’est de s’appuyer sur des sociétés de rediffusion de programmes audiovisuels à péage déjà existants. Au Burkina, Neerwaya Multivision et les autres que sont DSK et TVCOM pourraient être enfin autorisées à reprendre légalement les chaînes de l’opérateur dans le cadre d’un partenariat officiel. Pour Neerwaya Multivision, qui a été presque contrainte d’abandonner la reprise des chaînes BeIN Sports, cela pourrait être une vraie aubaine. Enfin, le dernier scénario qu’évoquent certains observateurs est celui qui amènerait BeIN Sports à diffuser par satellite et autres moyens, sur toute l’Afrique, les matchs en accès libre et gratuit. Dans ce cas de figure, c’est sur les budgets de publicité et des contrats de sponsoring qu’elle chercherait à rentabiliser son investissement.

Karim GADIAGA


 

Une opportunité pour diffuseurs locaux ?

Le communiqué à propos de l’accord entre la LFP et BeIN Sports indique que deux groupes, Canal+, en langue française, et Kwesé, en langues anglaise et portugaise, ont acquis auprès de beIN Sports les droits de la Ligue 1, de la Ligue 2 et de la Coupe de la Ligue, pour 6 saisons. Ces acquisitions sont-elles exclusives ou y a-t-il la possibilité pour d’autres diffuseurs locaux de discuter directement avec BeIN Sports pour la reprise de ses chaînes ? En milieu de semaine dernière, les responsables des principaux diffuseurs burkinabè n’avaient pas, tous, des informations claires sur cet accord. Tout en s’engageant à s’investir pour mieux comprendre ses contours, ils nous promettaient de revenir avec leurs avis et les possibles projets d’exploitation de cet accord au cas où il leur offrait des opportunités. Ce qui est clair dès à présent, c’est que les téléspectateurs dans les pays d’Afrique subsaharienne pourront désormais voir les chaînes BeIN Sports. Cela, via Canal+ et, tout au moins, pour les francophones.

Commentaires

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2 commentaires

  1. Salutation a tous juste savoir ce qu elles condition reunir pour que been sport s instale au Cameroun. Je sius cabloo operateur

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