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Forum national de la diaspora: Le vote des Burkinabè de l’extérieur aura-t-il lieu ?

C’est la grande question des Burkinabè de l’extérieur, réunis les 11,12 et 13 juillet 2018, pour discuter autour du thème «La contribution de la diaspora burkinabè à la construction nationale». A ce forum national ; même si les Dispo sont venus avec des préoccupations diverses ; une seule interrogation par contre était sur toutes les lèvres : le vote des Burkinabè de l’extérieur pourra-t-il se concrétiser ? A cette question, c’est le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Siméon Sawadogo, qui était à la «barre» pour faire le point de l’avancée des consultations. De ces explications, il ressort que les difficultés sont énormes dans la mise en œuvre de la volonté du président Kaboré de faire participer les Burkinabè de l’extérieur aux élections nationales. Pour Siméon Sawadogo, «les textes existant sur la question requièrent que le vote des Burkinabè de l’extérieur, qui n’a pas pu avoir lieu en 2010, puisse être effectif en 2015». Face l’engagement du président du Faso à rendre ce vote effectif en 2020, il fallait activer son opérationnalisation. C’est ainsi que Roch Kaboré a rencontré l’opposition politique, la majorité parlementaire et les organisations de la société civile pour l’adoption de textes allant dans ce sens. Dans ce processus, des concertations sont toujours en cours ; la finalité étant de réviser le Code électoral. Quels sont les textes qu’il faut y inclure? Répondant à la diaspora présente au forum, le ministre de l’Administration territoriale a expliqué qu’il faut y inclure le vote des Burkinabè de l’extérieur qui prendra en compte les votes d’envergure nationale, à savoir la présidentielle et les référendums.

A quelle date le vote sera-t-il effectif ?
«C’est aussi l’une des choses qu’il faut préciser dans les textes», déclare M. Sawadogo. Et d’ajouter que la date effective du vote des Burkinabè de l’étranger est l’un des aspects les plus importants. Pour cette question, les concertations sont en cours, et deux hypothèses se dégagent des discussions. Il s’agit de rendre effectif le vote à partir du 1er janvier 2020, ou de mentionner juste le mois de janvier 2020. Autre élément à prendre en compte dans les textes, c’est la question portant sur «où voter» ? «Est-ce qu’il faut mettre un bureau de vote dans les pays où vit un Burkinabè, 10,… ? Quelle est la taille de la population de burkinabè vivant dans un pays qu’on retient pour fixer un bureau de vote?».
Des propositions sont attendues de l’ensemble des acteurs impliqués dans le processus, à savoir le MATD, le ministère de l’Intégration et des Burkinabè de l’extérieur, la CENI, les parties politiques et la société civile. Dans le cas où le pays où aura lieu le vote est trouvé, la question du lieu du vote se pose toujours. Faut-il mettre en place des bureaux de vote dans tous les villages des pays concernés, ou plutôt à l’ambassade ? Là aussi, des propositions sont attendues sur la table des concertations.

Quels seront les documents de vote ?
La carte nationale d’identité ? La carte consulaire ? Le passeport ? Quels sont les documents qu’il faudra pour voter? Sur cette interrogation, le ministre Sawadogo a affirmé que plusieurs réponses ont aussi été données et que le législateur aura le dernier mot. Un autre aspect à prendre en compte, c’est que la CENI n’existe pas à l’étranger. Donc, en révisant le Code électoral, il faut y inclure des Commissions électorales d’ambassades et de consulats pour permettre aux agents de la CENI de mettre rapidement en place ces structures. Une procédure qui vient rallonger la liste des défis auxquels doit faire face le gouvernement. Et comme l’a expliqué Siméon Sawadogo, «tant que l’on ne va pas réviser le Code électoral, le vote des Burkinabè de l’étranger demeurera impossible, et nous sommes en train d’y travailler». Face à la mine dubitative des participants au forum, il a ajouté : «Je voudrais rassurer les uns et les autres que la volonté du président est ferme là-dessus, maintenant nous rencontrons des problèmes, c’est vrai, mais nous y cherchons la solution de façon ouverte, en demandant l’avis des uns et des autres».


Participer aux élections, mais aussi investir

Le forum national de la diaspora s’est tenu juste après la conférence internationale sur la mise en œuvre du Plan national de développement économique et social (PNDES). Une rencontre qui a permis d’évaluer les résultats obtenus en termes de financement, après deux ans de sa mise en œuvre, et de rechercher des financements afin d’enclencher la transformation agro-sylvo-pastorale au Burkina Faso. L’occasion était donc belle pour le ministre du Commerce, Harouna Kaboré, qui n’a pas manqué d’inviter la diaspora à investir au Burkina. Il a donc dressé les opportunités d’investissements au Burkina. Pour Harouna Kaboré, les principales filières où investir sont : l’agriculture, les industries, les transports, la communication, le commerce et les services, la santé, l’énergie, etc. Et d’inviter la diaspora à investir au Burkina, car le gouvernement travaille à créer un environnement institutionnel, législatif et réglementaire propice à l’investissement privé. Un engagement qui commence à porter fruit. En guise d’exemple, le ministre a évoqué la réduction des coûts, des délais et des procédures de création d’entreprises avec la mise en place du CEFORE. Les délais de création d’entreprises sont passés de 33 jours en 2000 à 3 jours en 2010, puis à 24 h depuis le 31 mars 2014. Le nombre de formalités est, quant à lui, passé de 8 à 4. Les coûts associés ont connu une baisse de plus de 40%.

NK

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