Editorial

Respect

Le Burkina post-insurrectionnel a un gros problème avec l’Autorité, et ce n’est pas un bon signe pour le dialogue social. Depuis cet acte héroïque du peuple burkinabè qui a décidé de changer le cours de son histoire en mettant subitement fin au règne du régime Compaoré, les relations entre les Burkinabè et leurs gouvernants déclinent à la violence verbale par médias interposés.
On l’a vu lors des débats sur le fonds commun, pour lesquels le ministre de l’Economie et des Finances a déclaré devant l’Assemblée nationale que les échanges avec les partenaires sociaux étaient houleux, au point où elle a dû se mettre en retrait; sa personne semblant poser problème à ses interlocuteurs. Elle n’est pas le premier membre du gouvernement dont la tête a été mise à prix. Cependant, elle a eu le mérite de poser publiquement le problème et de regretter qu’on en soit arrivé à de telles situations. Ce climat délétère plombe le traitement diligent des dossiers; quand il ne crée pas de nouveaux points de discorde entre l’autorité et les syndicats. Mais, une des manifestations extrêmes de cette tendance au déni de l’autorité est le désarmement de la garde du ministre de Sécurité et de certains centres névralgiques, lors de la grève des policiers.
Les Gardes de sécurité pénitentiaire (GSP) en ont fait de même en désarmant la garde de leur ministre de tutelle, avec les conséquences que l’on sait: la radiation de dix agents. Aucune lutte ne mérite qu’un agent y perde son emploi. Autant les partenaires sociaux doivent revoir leur copie pour éviter de tomber sous le coup de loi, autant les gouvernants doivent faire preuve de hauteur d’esprit et de sincérité en évitant la condescendance.

Abdoulaye TAO

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