Editorial

Jonction

La hausse des prix du carburant aura servi de rapprochement entre le collectif contre la vie chère et l’opposition politique. C’est l’une des premières actions unitaires d’envergure, sous le pouvoir de Roch Kaboré; et ce ne sera peut-être pas la dernière. Qu’importe la polémique sur le niveau de mobilisation des marcheurs, il faut d’abord examiner le déclic qui a permis cette convergence d’intérêts: la hausse des prix du carburant est un sujet hautement social qui touche directement au portefeuille du citoyen. Par conséquent, il mobilise au-delà des intérêts partisans. La journée du 29 novembre était donc un test pour les actions à venir. Le gouvernement est mis sous pression. La question est de savoir comment les organisateurs de cette manifestation vont la maintenir, et jusqu’à quand. L’avenir nous le dira. Que le gouvernement revienne sur sa décision, cela va être un objectif difficile à atteindre dans l’immédiat. Reste les mesures d’atténuation.
C’est un chantier dont le gouvernement n’a pas encore déballé tous les contours. On n’en a aucune perspective pour le moment. En dehors de l’accord signé avec les routiers pour bloquer temporairement la répercussion de la hausse. Les syndicats attendent de voir. Pas qu’ils ne croient pas en l’accord. C’est plutôt la capacité des signataires à garantir le statu quo qui les inquiète. Et toute flambée des prix va entraîner une surchauffe du côté syndical. Ceux qui ont réussi la jonction du 29 novembre restent à l’affût. C’est peut-être les premiers pas d’une vraie contestation du pouvoir de Roch Kaboré. Il lui appartient donc de donner les bonnes réponses aux préoccupations des Burkinabè qui étaient dans la rue, s’il ne veut pas se mettre en mauvaise posture.

Abdoulaye TAO

Commentaires
RAF
RAF

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Voir Aussi
Fermer
Bouton retour en haut de la page