Société-Culture

Malnutrition de la petite enfance : Le Burkina Faso fortement affecté

Y a-t-il un lien entre le développement de la petite enfance et la malnutrition en Afrique, et singulièrement, dans la région sahélienne? Les réponses à cette question ont été données aux participants intéressés par cette problématique par l’enseignante-chercheuse en économie, Pr Eugénie Maïga de l’université Norbert Zongo de Koudougou.
C’était dans la matinée du 5 décembre 2018 à Ouagadougou. Elle a entretenu l’assistance sur le développement de la petite enfance et la malnutrition en Afrique, et singulièrement, dans la région sahélienne. Cette enquête, réalisée au Burkina Faso, au Niger, au Mali et au Sénégal, est une initiative de la Banque mondiale dans le cadre des travaux du groupe de recherche dénommé «Fellowship». Au Burkina Faso, ils sont trois Fellowship et 28 dans le monde. C’est justement dans ce cadre que l’enseignante d’université a présenté les déterminants de la malnutrition dans un groupe de pays du Sahel. L’étude a concerné la catégorie d’enfants de 0 à 5 ans. Elle a débuté sa communication par cette question: pourquoi se préoccuper de la malnutrition des enfants? Comme réponse, Pr Maïga affirme que la malnutrition est nuisible pour le développement et la bonne croissance de l’enfant. Pire, elle joue sur le développement du cerveau de l’enfant et cela durant toute sa vie. L’enseignante d’université note qu’au-delà du cadre familial, la malnutrition a un impact sur l’économie. «Plus la proportion d’enfants mal nourris est élevée, cela va affecter l’économie», dit-elle. Eugénie Maïga souligne qu’en 1990 et 2013, l’évolution de la prévalence de retard de croissance sur le continent africain est de 42%. Pour ce qui du Sahel, elle avance que les données sont disparates selon les pays.

Sénégal, meilleur élève
Des quatre pays que sont le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Sénégal, les études révèlent que seul le Sénégal détient les meilleurs résultats avec un taux de 19,9% (2010) et le Niger est à la traine avec un taux de 41,3% (2016). Le Burkina Faso a eu un taux de 34,2% (2012), et le Mali 36,8% (2012).
Le bon taux enregistré par le Sénégal s’explique par une lutte acharnée contre la malnutrition de la petite enfance. Mieux, le gouvernement affiche une réelle volonté politique à travers la création d’un service de lutte contre la malnutrition, qui est logé au sein de la primature. Pour le cas particulier du Burkina, elle a fait savoir que le pays a vraiment un problème de retard de croissance au niveau des enfants mais aussi, d’émaciation.
Pour ce qui est du taux de 34,2% attribué au Burkina Faso, elle estime que le taux n’est pas satisfaisant du fait que dépasser le taux de 30% est de trop pour un pays. Toujours à propos de la corrélation entre malnutrition et développement de la petite enfance, Eugénie Maïga souligne que certaines variables ont un impact sur la croissance (âge de l’enfant, l’éducation de la mère, les toilettes utilisées, le lieu de résidence…).
Pour ramener le taux du Burkina Faso à un taux acceptable, elle suggère que le pays s’inspire du modèle sénégalais. Pour y arriver, elle recommande une synergie d’actions des acteurs évoluant dans la malnutrition et la petite enfance. Eugénie Maïga exhorte les parties prenantes à miser sur la qualité des mets servis aux enfants (mets locaux), à rendre accessibles les services sociaux de base. Toutefois, cette économiste souligne que des efforts notables sont faits par le Burkina Faso pour baisser ce taux.
Elle cite la mise en place des crèches mobiles dans certaines localités du pays, comme Manga pour soulager les femmes bénéficiant des projets financés par la Banque mondiale. Une initiative qui, dit-elle, va beaucoup soulager les collectivités territoriales et les femmes bénéficiaires.

RD


Le contexte des deux enquêtes provisoires

A sa suite, Pr Andrew Dillon de l’université de Northwestern a présenté des données descriptives de l’enquête de base d’un programme multidimensionnel sur la résilience à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle.
Il faut rappeler que ces deux enquêtes entrent dans le cadre de la dissémination des résultats de la recherche financée par l’Union européenne dans le cadre de Trust Fund. Interconsortia et Innovations for poverty action (IPA) ont organisé cette restitution des résultats.
Avant les communications, la directrice pays IPA, Estelle Plat, a situé le contexte des enquêtes menées par les deux enseignants-chercheurs.

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