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Assurances : Ça bouge dans le secteur

D’ici le 31 mai 2019, le paysage de l’assurance sur le continent va connaître un frémissement. Cette date est le terme fixé par le régulateur continental afin que les sociétés d’assurance revoient leur niveau de capitalisation à la hausse. Toutes les sociétés membres de la Conférence interafricaine des marchés d’assurance (CIMA) devront, à cette date, renflouer leur capital au niveau de 3 milliards FCFA.
C’est la première étape de la réforme sur la règlementation des fonds propres. Cette décision a été prise en 2016 et les membres avaient 3 ans pour s’y conformer. Une fois ce cap passé, l’actionnariat de ces sociétés sera à nouveau sollicité pour porter les fonds propres à 5 milliards FCFA d’ici fin 2021.
C’est un train que toutes les sociétés auront du mal à suivre et certaines ont commencé à revoir leur plan très tôt en anticipant sur ces efforts. C’est le cas, par exemple, du Groupe Allianz. En effet, Allianz Africa a décidé de céder à SUNU Participations Holding SA, cinq de ses filiales africaines (Allianz Bénin, Allianz Burkina, Allianz Mali, Allianz Togo et Allianz Centrafrique). Allianz préfère ainsi se concentrer sur ses marchés «historiques» et à fort potentiel comme la Côte d’Ivoire, le Nigeria.
Du coup, elle réduit sa couverture du continent qui passe de 14 à 11.
Cette opération d’acquisition renforce cependant les assises de SUNU, qui gagne des parts de marché et «compense» l’augmentation de ses fonds propres exigée par le régulateur. Le rebranding de ces acquisitions va se faire dans la foulée. Allianz Burkina passera donc sous les couleurs de SUNU Burkina. Le 20 mars prochain, une Assemblée générale extraordinaire des actionnaires de SUNU Burkina est prévue sur la modification du capital. L’Union des assurances du Burkina (UAB) est également engagée dans ce processus d’augmentation de ses fonds propres, dont la clôture des souscriptions est prévue pour le 15 mars 2019.
Autre mouvement à mettre aux comptes des conséquences de la mesure de la CIMA, Jackson Assurance. Cette société s’est mise à jour et passe dans l’escarcelle du Groupe EBOMAF qui y a renforcé sa position. Ce Groupe a également à son actif, une banque, IB bank, dont le lancement a eu lieu il y a quelques semaines.
Sur le niveau de conformité des compagnies d’assurances au Burkina, la majorité des sociétés seront dans les délais de juin 2019. Un point trimestriel est fait à l’organe national de régulation .Sur les 17 sociétés d’assurances, toutes branches confondues, une seule traînerait encore les pieds.
Cette réforme qui nécessite un effort financier important pourrait donc laisser sur le carreau certaines compagnies, dans la mesure où la CIMA annonce des missions de contrôles, voire des sanctions. Les compagnies en difficulté pourraient donc trouver des solutions dans les fusions.
La seconde étape, en 2021, avec l’augmentation des fonds propres à 5 milliards FCFA, pourrait redessiner le paysage de l’assurance dans de nombreux pays.
Lors de la 43e Assemblée générale de la Fédération des sociétés d’assurances de droit national africaines (FANAF) tenue à Tunis à la mi-février, le régulateur a annoncé sa fermeté quant au respect des délais. Aussi, dans les coulisses, on a annoncé que plus de 50% des compagnies étaient déjà à jours. Il reste encore 3 mois pour les retardataires.
La réforme des fonds propres vise, entre autres, à rendre les sociétés d’assurances plus solides financièrement afin de couvrir les risques sur lesquels elles s’engagent.

FW


Les principaux changements

Le 8 avril 2016, le Conseil des ministres des Assurances de la zone CIMA [Conférence interafricaine des marchés d’assurances] décidait de faire passer le capital social minimum des sociétés exerçant dans le domaine de 1 à 5 milliards F CFA. Le plancher des fonds propres de ces entreprises est désormais fixé à 80 % du montant minimum du capital social. Trois ans leur ont été octroyés pour qu’elles portent leur capital à 3 milliards F CFA, et cinq ans pour parvenir à 5 milliards FCFA. La zone CIMA compte 180 compagnies pour des primes cumulées qui ne dépassent pas 1 milliard de dollars.

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