Economie

Transfert d’argent rapide: la fraude a baissé

Les cas de fraudes constatés sont essentiellement liés à de la manipulation psychologique à des fins d’escroquerie. La première cité dans le rapport de la BCEAO est la fraude liée au fractionnement des dépôts et des retraits (bycash in & Bycash out). (DR)

Le nombre de fraudes via les transferts de monnaie électronique a baissé au 2nd semestre 2020. C’est le constat qui ressort du rapport semestriel de surveillance des moyens et services de paiement (11 novembre 2021) par la BCEAO. Selon les statistiques, les émetteurs de monnaie électronique ont déclaré 24.617 cas de fraudes pour un montant de 274,32 millions FCFA. Ces chiffres sont en baisse par rapport à ceux du 1er semestre de l’année d’étude du rapport. A fin juin 2020, ces mêmes émetteurs ont déclaré 35.440 cas de fraudes pour une valeur de 766,61 millions FCFA.
Les cas de fraudes constatés sont essentiellement liés à de la manipulation psychologique à des fins d’escroquerie. La première cité dans le rapport de la BCEAO est la fraude liée au fractionnement des dépôts et des retraits (bycash in & Bycash out). Le registre des risques décrit ce type de fraude par le fait que les agents forcent les clients à fractionner leurs dépôts en un certain nombre de transactions de plus faible valeur, afin de générer des commissions plus élevées au détriment du prestataire.
De ce fait, le prestataire est amené à verser des commissions plus élevées à l’agent qu’initialement voulu, ce qui peut avoir un impact sérieux sur les recettes nettes. D’autres types de fraudes ont été notifiés au cours du second trimestre. Il s’agit : des rechargements de crédit téléphonique. ; de l’arnaque (gain à un tirage au sort, emploi, etc.) ; du fractionnement des paiements marchands ; de la fraude par vol du téléphone d’un distributeur ou d’un client.
Le nombre de réclamations reçues par les émetteurs de monnaie électronique s’est établi à 275.195, dont 271.071 traitées, soit un taux de traitement de 98,50% à fin décembre 2020.
Les principaux motifs de réclamation concernent : des erreurs sur les comptes bénéficiaires de dépôts ; des modifications de numéros de téléphone ; des annulations de transferts ; les commissions prélevées par les agents; des erreurs sur les comptes bénéficiaires de transferts de fonds.
Principales mesures pour contrer la fraude
A l’instar des précédents semestres, les émetteurs de monnaie électronique ont poursuivi les actions de sensibilisation et de lutte contre la fraude afin de préserver la confiance des usagers et de renforcer la protection de leurs fonds. Les principales mesures prises sont : la réalisation de campagnes de communication (diffusion de SMS, spots publicitaires, etc.) à l’endroit du grand public par rapport à la protection des comptes de monnaie électronique et aux différentes formes d’arnaques ; la diffusion de notes d’informations aux distributeurs en vue de les sensibiliser ; la suspension ou l’avertissement des distributeurs ayant de mauvaises pratiques.
NK

 

Encadré

Transfert d’argent
Les principaux corridors les plus actifs

70%. C’est le poids des établissements de monnaie électronique sur le marché de la monnaie électronique au 2nd semestre 2020. Ces transactions intra-Uemoa étaient au nombre de 7,23 millions pour une valeur de 344,39 milliards FCFA à fin décembre 2020. Ces chiffres sont en hausse par rapport au 1er semestre de l’année.
A fin juin 2020, 4,52 millions d’opérations de transfert de fonds électronique ont été comptabilisées, pour un montant de 228,68 milliards FCFA. Soient des hausses de 61,95% et 50,60% respectivement en volume et en valeur. Cette situation s’explique, notamment, par la campagne agricole du café-cacao en Côte d’Ivoire et les fêtes de fin d’année, selon le rapport semestriel de surveillance des moyens et services de paiement (septembre 2021) par la BCEAO. A l’instar des précédents semestres, l’analyse détaillée des données montre que le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire demeurent respectivement le principal récepteur avec 49,21% de la valeur totale des opérations et le principal émetteur avec 54,08% de la valeur totale des transactions.
Sur la période sous-revue, les principaux corridors ci-après ont été les plus actifs avec environ 72,34% de la valeur totale des opérations :
1- Côte d’Ivoire-Burkina Faso: 38, 32%
2- Burkina Faso-Mali: 17, 43%
3- Côte d’Ivoire-Mali : 9,65%
4- Mali-Sénégal : 6,94%.

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