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Gouvernement de transition politique : répondre efficacement aux attentes

• Un attelage cohérent

• S’attaquer aux défis prioritaires

• L’appel du Premier ministre

Principalement attendu sur le chantier du retour de la sécurité, le gouvernement de transition devra aussi s’atteler à implémenter une gouvernance vertueuse. (Ph: Yvan SAMA)

Le gouvernement de transition, composé de 23 membres, a fait sa prise de contact le 26 octobre 2022 et s’est assigné la mission d’être une équipe de « combat ». Au regard des urgences, il ne peut que s’inscrire dans cette dynamique de répondre aux nombreuses attentes des populations dont la principale demeure la sécurisation du territoire national, dont une bonne partie échappe au contrôle étatique. Déjà, l’attelage dénote d’une volonté d’aller vite.

23 ministres, parmi lesquels, cinq anciens de l’équipe précédente reconduits, quatre Secrétaires généraux de ministères titularisés, 17 nouveaux entrants. Ce sont 18 hommes et cinq femmes qui constituent le gouvernement dirigé par l’Avocat, Me Apollinaire Joachim Kyelem de Tambèla. La reconduction de ministres du précédent gouvernement et la titularisation de SG indiquent que l’urgence du contexte a été largement prise en compte. En maintenant des responsables qui avaient déjà une maîtrise de certains dossiers, cela prouve à souhait que l’on veut gagner du temps. Cela pourrait aussi traduire une certaine reconnaissance pour le travail que ces ministres avaient déjà abattu dans leur département. L’autre argument qui traduit la cohérence de l’attelage gouvernemental se rapporte à la fusion de certains ministères, dans la perspective de réduction du train de vie de l’Etat par ces temps difficiles. L’intégration des secteurs de la solidarité, de l’action humanitaire, du genre, de la famille et de la réconciliation nationale dans un seul ministère participe à ce principe. La création d’un poste de ministre délégué chargé de la sécurité auprès du ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité peut expliquer également que l’on souhaite mieux coordonner les différentes initiatives inhérentes à la lutte contre le terrorisme. L’absence de personnalités affichées politiquement dans le gouvernement est peut-être un choix délibéré, histoire de privilégier l’intérêt général.

Il reste à chacun de mesurer la responsabilité qui lui échoit dans ce contexte précis de l’histoire du Burkina Faso. L’esprit d’équipe sera le socle indispensable sur lequel l’action gouvernementale  devra prendre appui.

Du chef de l’Etat à son Premier ministre, en passant par les autres membres du gouvernement, il est attendu qu’ils incarnent véritablement l’espoir du renouveau, de la paix et de la quiétude. A la date du 30 septembre 2022, plus d’un million 700 mille personnes déplacées internes (PDI) ont été enregistrés, selon le Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (CONASUR). Un chiffre en hausse de 11,59 % par rapport à la dernière publication du CONASUR du 30 avril 2022. Des portions importantes du territoire subissent le diktat des forces obscurantistes. L’hydre terroriste étend ses tentacules presque partout à travers le pays. Des populations de localités relativement épargnées font régulièrement part de leurs inquiétudes, au regard de la menace qui plane au quotidien. Le sort de milliers d’élèves qui éprouvent mille et une difficultés pour suivre tranquillement leur cursus est plus qu’alarmant. Au-delà du péril sécuritaire qui préoccupe, le coût de la vie a connu une hausse vertigineuse depuis un certain temps. Les prix de certains produits de première nécessité sont désormais hors de portée de nombreux ménages. La hausse des prix des hydrocarbures apporte aussi son lot de difficultés au quotidien des populations. Bref, la liste des attentes est longue. L’urgence s’exprime pratiquement dans tous les compartiments de la société burkinabè. Et il faut se hâter de trouver des solutions aux multiples maux qui étripent le pays des Hommes intègres. C’est un chantier vaste et complexe qu’il va falloir déblayer pour apporter l’éclaircie tant espérée. Il est  impératif pour le  gouvernement  entrant de redresser la barque à tout prix. Les premières actions ne devraient donc pas tarder.

En prenant contact avec les membres du gouvernement, le Premier ministre, Apollinaire Joachim Kyelem de Tambèla, connu pour son franc parler, est allé droit au but. Ce gouvernement, à l’entendre, a été formé pour prendre à bras-le-corps les défis du pays.  « C’est un gouvernement de combat qui a été formé, ce n’est pas un gouvernement de dîner de gala. Il aura principalement trois objectifs. Le premier objectif, le principal et le prioritaire, c’est la sécurisation du territoire. Et ça, tout le monde peut y contribuer », a-t-il déclaré. Comme deuxième objectif, le chef du gouvernement souhaite améliorer la qualité de vie des Burkinabè en termes de pouvoir d’achat, de salubrité, d’hygiène. Pour lui, il s’agit de faire en sorte que le Burkinabè puisse vivre de façon agréable dans son environnement. Oui ! Dans ce pays, l’on s’est accommodé de l’insalubrité. Et pourtant, il suffit d’adopter les bons réflexes pour maintenir notre cadre de vie sain et agréable. Au nom d’une certaine mentalité, l’on s’est complu dans un laisser-aller qui a cultivé chez beaucoup une paresse notoire. Le Burkina peut faire de la salubrité un label. En troisième point, le Premier ministre souhaite l’amélioration du système de gouvernance. « Qu’est-ce qui fait que chaque fois, il y a l’instabilité politique ? Que pouvons-nous faire pour une nouvelle gouvernance dans notre pays, dans notre société ? », s’est-il demandé.  Oui ! L’instabilité politique ne peut assurer un avenir serein et paisible à un pays.  En l’espace de huit mois, le Burkina a connu deux coups d’Etat. Comment un pays aussi instable sur le plan politique, peut-il asseoir un développement socioéconomique ? La stabilité institutionnelle est un préalable pour un Etat qui aspire à devenir grand. Il est temps d’approfondir la réflexion sur la viabilité des institutions  qui fondent l’existence même de l’Etat.

Jérôme HAYIMI

 

Encadré

Agir au nom de l’intérêt général

«Désormais, le moi doit faire la place au nous. Si nous avons l’amour de notre pays, il nous faut agir différemment. Notre objectif, c’est de mettre les Burkinabè au travail », a déclaré le Premier ministre. Il est temps que chacun et tous conviennent de la nécessité de prendre conscience du rôle qu’ils doivent jouer dans l’avènement du Burkina nouveau. A quelque niveau de responsabilité qu’il soit, chaque Burkinabè devrait bien faire son travail, servir l’intérêt général et se comporter en homme intègre. L’exigence que l’on attend des dirigeants doit se vérifier chez tout le monde. Il ne saurait y avoir une classe de citoyens consciencieux, portant à bout de bras le pays, pendant que d’autres sont incapables de s’imposer un minimum de rigueur.  Le changement qualitatif est exigé de chacun. Il ne suffit pas de vouer aux gémonies les autres pour se faire bonne conscience. Le changement, c’est chacun et tout le monde.

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