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L’industrialisation de l’Afrique: l’Université Norbert Zongo indique la voie

• Diagnostic des obstacles du développement industriel

• Proposition de thérapies endogènes et efficaces

• La publication d’un ouvrage des meilleures productions

L’économiste, Zéphirin Diabré, a animé la communication inaugurale

A l’appel de l’Université Norbert Zongo (UNZ), à travers le Laboratoire d’économie appliquée (LABEA) et du Centre d’études et de recherche sur l’intégration économique en Afrique (CERIEA), des chercheurs venus du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, du Gabon, du Niger, du Sénégal, du Togo et du Burkina Faso se sont retrouvés à Koudougou les 15 et 16 décembre 2022 pour un colloque international sur le thème « Développement industriel de l’Afrique dans un contexte de fragilité ».

Pour le président du comité scientifique, le Pr Idrissa Ouédraogo, il s’agit d’une occasion de confronter et de questionner leurs connaissances pour faire avancer la science et éclairer les citoyens et les pouvoirs publics, sur les dynamiques en présence.  « Ce colloque sera l’occasion pour ces chercheurs de partager leurs connaissances, de s’enrichir de leurs mutuelles expériences et d’apporter leur contribution à la compréhension des grandes préoccupations socioéconomiques et politiques et des stratégies d’industrialisation contemporaine de l’Afrique », a-t-il précisé.

Les fragilités en Afrique touchent des dimensions variées, dont la vulnérabilité aux chocs économiques externes, l’instabilité politique, les conflits et l’insécurité, ainsi que les changements climatiques. Les conflits violents et les attaques terroristes qui se sont intensifiés, notamment, dans le Sahel, compromettent les chantiers de croissance économique engagés par les pouvoirs publics et sapent les bases d’une cohésion, socle de tout développement harmonieux.

A titre d’exemple, la Banque africaine de développement (BAD) estime à près de 18.000 incidents de conflits violents, qui ont couté la vie à 469.000 Africains et engendré 32 millions de réfugiés et de déplacés internes sur la décennie 2011-2021. L’une des questions fondamentales que se posent les chercheurs, les praticiens et les décideurs politiques est de savoir comment accélérer l’industrialisation en Afrique face à ces contraintes nouvelles que constituent ces fragilités multidimensionnelles.

Pour introduire les travaux, les organisateurs se sont tournés vers une personnalité universitaire, rompue aux questions internationales et ayant une perspective politique: Zéphirin Diabré. Celui-ci, en prenant la parole, a bâti sa communication autour de trois points: la définition de concepts, l’intérêt de l’industrialisation et sa position personnelle sur la question.

Les deux jours de travail ont servi de cadre aux participants de questionner leurs connaissances pour faire avancer la science, éclairer les citoyens et les pouvoirs publics sur les dynamiques en présence

Pour lui, l’industrialisation de l’Afrique n’est pas nouvelle dans le débat public et s’est toujours réalisé dans un contexte de fragilité en lien avec la sécurité sociale ou politique. Au Burkina Faso particulièrement, les relations entre les hommes d’affaires et les politiques ont une mauvaise influence sur l’industrialisation, ce qui fera dire au communicateur qu’il s’agit d’«une bourgeoisie de marchés publics qui ne tarde pas souvent à s’écrouler quand il n’y a plus de marchés publics ». Pourtant, l’industrialisation, construite sur le socle de la disponibilité de l’énergie, de la main d’œuvre qualifiée, dans un climat des affaires, entre autres, est gage de développement durable, d’emplois durables… . « On peut choisir de s’industrialiser en corrigeant les fragilités ou de corriger les fragilités en s’industrialisant », a conclu Zéphirin Diabré. La rencontre a aidé à identifier des thérapies endogènes et efficaces aux questions de développement industriel qui se posent à l’Afrique autour de trois axes : « Etats des lieux du développement industriel en Afrique » ; « Les fragilités en Afrique: quels enjeux pour l’industrialisation du continent ?»; «Développement industriel et fragilités: vers une redéfinition des politiques et stratégies de développement industriel ? ».

Le premier axe a permis de présenter un bilan critique des différentes politiques et stratégies de développement industriel. Le deuxième axe a contribué à caractériser les fragilités et examiner les liens d’impact entre les fragilités identifiées et l’industrialisation. Le dernier axe a identifié des éléments pour redéfinir les politiques et stratégies de développement industriel.

A travers ces différents axes, les participants ont donc questionné la pertinence et l’universalité des politiques d’industrialisation, au regard de l’expérience de l’Afrique. A l’issue du colloque, les meilleurs articles retenus seront soumis à un comité de lecture anonyme, en vue de la publication d’un ouvrage collectif. o

Martin SAMA

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