A la UneEconomie

L’activité économique recule: une baisse du PIB de 1,6% au 3e trimestre

• Causée par le ralentissement des activités extractives

• Bonne performance des administrations publiques

Au troisième trimestre 2022, l’activité économique nationale recule de 1,6% par rapport au trimestre précédent. Cette baisse du niveau de l’activité s’explique essentiellement par le recul important des activités extractives ayant impacté négativement plusieurs autres secteurs de l’économie. C’est ce qui ressort des comptes nationaux trimestriels, publiés par l’INSD, en décembre 2022.

La production de ces comptes nationaux, engagée depuis 2013, permet au pays de disposer d’indicateurs sur le Produit intérieur brut du pays (PIB), ce qui aide à suivre la dynamique de l’économie. Une vision qui permet d’identifier les points d’inflexion de la croissance d’un Etat. Et pour le 3e trimestre de l’année, le principal point d’inflexion de l’économie burkinabè a été constaté au niveau du secteur secondaire, notamment, dans l’extraction, mais aussi dans les services marchands.

Baisse de 14 % des activités extractives

Le PIB recule de 1,6% au troisième trimestre 2022, comparativement au trimestre précédent. Cette contreperformance résulte de la forte baisse du secteur secondaire et des services marchands. La baisse a été contenue grâce à une forte croissance des services non marchands des administrations publiques et une timide croissance du secteur primaire.
Source: INSD

Après une baisse de 10,3% au premier trimestre, puis une faible hausse de 2,9% au deuxième trimestre, les activités extractives baissent fortement de 14,4% au troisième trimestre. Cette baisse « résulte de la baisse considérable des quantités d’or produites, passant de 15,4 à 13,2 tonnes. Elle est liée à la fermeture de plusieurs sites miniers au cours de l’année, pour cause d’insécurité », précise le rapport de l’INSD.

Dans ce lot, on peut citer la mine de Ouaré, qui a été attaquée le 30 janvier 2022. Suite à l’attaque de Ouaré, Avesoro a décidé de suspendre les activités des 3 permis miniers.

Il y a aussi Nordgold qui a suspendu l’exploitation de sa mine de Taparko/Bouroum, en avril 2022. Une suspension que Nordgold justifie par les incursions terroristes sur le site et les problèmes d’accès au site. Et enfin, la mine de Riverstone Karma, qui a été attaquée le 9 juin 2022. Deux personnes ont été tuées au cours de l’attaque, à la suite, les responsables de la mine ont suspendu l’exploitation.  A la date du 21 octobre 2022, sur 17 mines, le pays est passé à 8 mines en exploitation. A cela s’ajoute la fermeture de la mine de Zinc de Perkoa, suite à l’inondation du 16 avril 2022.

A la suite des activités extractives, celles relatives au transport et à l’entreposage ont aussi baissé de 12%. Cette baisse est en partie expliquée par une faible demande en service de transport par un secteur minier marqué par des conditions d’activité de plus en plus difficiles et restreintes.

L’énergie a aussi été impactée par la baisse de l’activité extractive. En effet, la valeur ajoutée de l’électricité, de l’eau et de l’assainissement connait un recul de 19,6%.

« Cette baisse s’explique par une baisse de la production d’électricité hors marge sur les importations (-51,9%) ; situation imputable à la faible demande en électricité par les industries, notamment, les activités extractives », peut-on lire dans le document.

Hausse de la valeur ajoutée des administrations publiques

Malgré une situation morose de l’économie dans son ensemble, le 3e trimestre de l’année a été marqué par la hausse de la valeur ajoutée des administrations publiques. Celle-ci a augmenté de 10,4%, selon le rapport publié par l’INSD. C’est la seconde grosse inflexion constatée au niveau des comptes nationaux.

Le document affirme que la performance des administrations publiques « s’explique par la hausse des effectifs additionnels et les avancements de carrière des agents. Elle s’explique également par une meilleure exécution du budget de l’Etat dans son ensemble ».

Notons cependant que si les comptes nationaux fournissent une vision complète de l’activité économique, ils sortent avec un décalage inévitable (90 jours). Ce retard est dû, selon l’INSD, au fait qu’il faut exploiter l’ensemble des informations statistiques de tous les acteurs économiques, qui est produit avec des délais différents. Ces informations englobent les comptes de toutes les entreprises, de l’Etat, des ONG, des associations et l’estimation du secteur informel. L’INSD produit déjà un certain nombre d’indicateurs conjoncturels qui permettent d’analyser l’activité économique de manière trimestrielle, mais aucun de ces indicateurs ne peut donner l’évolution globale, de l’économie nationale. Les comptes nationaux permettent donc de répondre à cette problématique.

ESS

 

Encadré

Fabrication des produits minéraux et construction en baisse

La fabrication des produits minéraux baisse fortement de 21,3% au troisième trimestre. Cette contreperformance fait suite à une timide croissance déjà enregistrée au deuxième trimestre. La baisse de la valeur ajoutée des produits minéraux est en lien avec le recul des quantités de ciment produites. Cette situation s’explique par la faible demande des entreprises de construction dont la valeur ajoutée a connu une baisse de 4,6% au troisième trimestre.

Il faut noter que les travaux de construction ont fortement baissé sur les trois derniers trimestres, en comparaison au niveau de l’activité en 2021. Cela est en partie dû au ralentissement des travaux publics de construction ayant baissé depuis le changement de régime en début d’année.o

Commentaires

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bouton retour en haut de la page