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Géopolitique mondiale: quand Macron fait perdre l’Afrique à la France

La géopolitique mondiale est actuellement en train de basculer.

En effet, les puissances traditionnelles, les Etats-Unis, l’Europe, l’URSS ont connu leur apogée. Il y a des puissances émergentes dont les velléités d’influence, conduisent à repousser les sources d’impulsion de la dynamique du monde. Sont au nombre de celles-ci : la Chine populaire, la Turquie, l’Inde, etc.

L’évolution de la géopolitique mondiale ressemble à une courbe mathématique ou à l’image de la vie humaine : il y a des périodes d’apogée, et des périodes de déclin. Il y a rarement des déclins dont on se remet facilement. C’est l’exemple de l’URSS qui, après la guerre froide a été sérieusement affaiblie. Elle est en train de renaître de ses cendres si jamais elle parvient à vaincre l’Ukraine. Mon propos se limitera ici à la France, dont un grand nombre de pays africains étaient considérés comme son pré-carré.

Le Général de Gaulle avait très vite compris que l’Afrique devait incarner son influence dans le monde. Ses successeurs, Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterrand et Jacques Chirac ont su perpétuer le gaullisme en Afrique.

Je crains, pour ma part, que le gaullisme ait pris fin avec Jacques Chirac.

Après ces figures emblématiques françaises qui ont su perpétuer l’influence de la France sur l’Afrique, suivies de jeunes présidents comme Nicolas Sarkozy et Macron qui, par leur condescendance et leur myopie de l’histoire, font perdre l’Afrique à la France.

Nicolas Sarkozy a eu la maladresse de déclarer à Dakar que le peuple africain n’est pas encore entré dans l’histoire. Il rangeait ainsi l’Afrique à la préhistoire.

Jamais une telle injure avait été faite aux Africains.

Je ne citerai pas François Hollande, un socialiste, qui aura été un épiphénomène dans l’évolution et l’influence de la France dans le monde. Il n’a pas été un digne héritier ni de Jean Jaurés ni de François Mitterrand. Pour revenir au gaullisme, Macron, dont il est un dissident, aura été le dernier à l’enterrer. Par ses improvisations, ses maladresses, sa condescendance sur les Africains et l’inefficacité de sa diplomatie, a fini par faire perdre l’Afrique à la France. Le problème sécuritaire dans bon nombre de pays de son pré-carré africain a fini, face à l’inefficacité de son appui, par sonner le glas de son influence en Afrique de l’Ouest, à travers les révoltes du Mali, de la Guinée et du Burkina Faso.

Un peu partout en Afrique, au Tchad, au Gabon, en RCA et en RDC, et tout dernièrement au Mali, au Burkina Faso et en Guinée, la France n’est plus perçue comme la puissance du monde dit libre qui apporte constamment une main doucereuse ou salvatrice. La vague de nominations de nouveaux ambassadeurs dans son ancien pré-carré, n’y fera rien. Plus rien ne sera comme avant.

Les Etats-Unis assistent, impuissants, à la débâcle de son allié stratégique-la France- en Afrique. La France en Afrique, Macron en aura été historiquement, celui par le fait duquel ce basculement de l’influence de l’Occident en Afrique sera intervenu. Les nouvelles puissances dominantes en Afrique seront, à mon avis et dans  un proche avenir, la Chine populaire, la Russie, la Turquie et, dans une moindre mesure, l’Iran, qui balbutie son unité nationale, en raison de l’islamisme. L’Arabie Saoudite pouvait bien jouer un grand rôle en Afrique, en raison de son islam tolérant, mais elle est tellement engluée dans l’influence de l’Occident que ses ailes de géant l’empêchent de voler (pour paraphraser l’auteur de l’Albatros).

Ma sentence est donc péremptoire : Macron a fait perdre l’Afrique à la France.

TIONON K. Justin

Chevalier du mérite des Lettres, des Arts et de la Communication

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