Agenda

Croissance du PIB en 2022: le commerce y a contribué pour plus de 43 %

• Importante baisse sur les activités extractives

• Hausse de 11% sur le secteur agricole

• Les services financiers ont la plus belle performance

Comment s’est comportée l’économie nationale face à la situation sécuritaire en 2022 ? Pour l’Institut national des statistiques, « le PIB progresse timidement, avec 1,5% en 2022, contre une hausse de plus de 6% en 2021 ». Une faible performance venue de la baisse importante des activités du secteur secondaire, composé par les activités extractives, manufacturières, agroalimentaires, de construction, etc., poursuit l’INSD, dans sa parution d’avril 2023, portant sur les comptes nationaux de 2022.

-13% sur les activités extractives

C’est une forte baisse qui a été constatée sur les activités extractives à fin avril 2023, selon les comptes nationaux du 1er trimestre. Suite à l’arrêt ou la réduction des activités de plusieurs mines aurifères et la fermeture de la seule mine de production du minerai de zinc, du fait d’une crise sociale, les industries extractives fléchissent de 13,7% en 2022. Ce qui a engendré une perte de 2,5 points de croissance du PIB national. Cette baisse est la plus importante depuis les années du boom minier au Burkina Faso (2008-2009). En effet, la montée des attaques terroristes a contraint certaines industries extractives à interrompre ou à réduire leur production du fait de difficultés d’approvisionnement ou de sécurité du personnel et de leur mobilité. Ainsi, selon les statistiques du ministère en charge des mines, la production de l’or est passée de 66,858 tonnes en 2021 à 57,675 tonnes en 2022.

Evolution des activités de construction)

En plus des activités liées aux mines, le secteur de la construction a lui aussi enregistré une forte baisse. Le ralentissement des travaux publics a eu pour conséquence une baisse de 17,1% des activités de construction du pays. Selon l’INSD, « la baisse concerne surtout les travaux publics qui reculent dans un contexte d’investissement en faveur des systèmes d’armes ». Cela est visible sur le tableau des opérations financières de l’Etat.  Ainsi, les dépenses de construction de l’administration publique sont passées de 857,6 milliards en 2021 à 500 milliards en 2022, soit une baisse de 42%. Cette baisse des activités de construction a ainsi occasionné une perte de 0,6 point de croissance du PIB.

Bonne performance du secteur agricole

La bonne nouvelle pour l’économie nationale pour la fin de l’année 2022 est venue du secteur primaire, principalement au niveau de l’agriculture. La hausse de l’agriculture s’explique par la hausse des quantités produites, notamment, les céréales. En effet, selon les statistiques définitives de la campagne agricole, la production céréalière est passée de 4.661.141 tonnes en 2021 à 5.179.059 tonnes en 2022, soit une hausse de (+11,1%). Les activités agricoles augmentent fortement de 11,2%, après une baisse de 9,4% en 2021. Avec une forte contribution dans la formation du PIB (12,7%), cette performance a ainsi occasionné une contribution de 1,4 point à la croissance de l’économie.

Il convient toutefois de noter que si les conditions climatiques ont été favorables, cette performance s’inscrit dans un contexte de pertes de superficies du fait de la situation sécuritaire délétère. Les pertes de superficies cultivables se chiffrent à 245.545 ha pour les céréales et à 66.859 ha pour les cultures de rente. Les attaques parasitaires ont aussi fortement impacté la production des cultures de rente, notamment, la culture de coton graine.

En termes de structures, le secteur tertiaire continue d’être le plus représentatif dans la formation du PIB au Burkina Faso. Sa contribution passe de 42,2% en 2021 à 43,9% en 2022. Cette situation est occasionnée par un recul du secteur secondaire ayant une contribution de 29,2% en 2022, contre 33,1% en 2021. Cela est en lien avec la baisse de la valeur ajoutée des industries extractives, occupant un poids prédominant dans le secteur secondaire.

Parmi les secteurs, le primaire continue d’être le moins représentatif dans la formation du PIB, avec seulement une contribution de 18,7% en 2022, contre 16,2% en 2021. La contribution des impôts et taxes nets restent pratiquement stable, en passant de 8,4% en 2021 à 8,2% en 2022.o

NK

 

Encadré

Les services financiers ont la plus belle performance

Un coup d’œil sur le secteur tertiaire montre que les services financiers se sont bien comportés au cours de l’année écoulée. Ainsi, ils enregistrent la plus belle des performances, à savoir une hausse de plus de 22%, suivis des activités professionnelles et de soutien aux entreprises (+16,8%). Le volume des ventes dans le commerce a connu une hausse modérée de 4,6%, tandis que les services d’information et de communication, les activités immobilières et les services d’hébergement et de restauration ont des hausses timides respectives de 2,2%, 1,1% et 0,5%.

Cette performance des services financiers est favorisée par une hausse du stock des crédits à l’économie, passant de 3.487,39 milliards FCFA à fin décembre 2021 à 4.396,10 milliards FCFA à fin décembre 2022, soit une croissance de 26,1%. 

Commentaires

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bouton retour en haut de la page