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Incendie du marché de Sankar-yaré: des commerçantes s’adaptent

• De vendeuses d’accessoires de coiffure

• A la commercialisation de légumes

• Réinstallées sur des places de marché toujours occupées

A la fois pilier de toute une famille, avenir de ses enfants, Mamounata est une commerçante du marché de sankar-yaré. Elle se remet difficilement de la perte énorme de ses marchandises dans l’incendie du 29 janvier 2023. Suite à cet incendie, la Mairie a dirigé des commerçantes vers un autre marché à Baskuy.

Comment se passe la réintégration dans leurs nouveaux lieux de commerce et quel accueil leur est réservé ? Une équipe de L’Economiste du Faso a suivi 3 commerçantes. Difficultés à s’intégrer, octroi de places déjà occupées, risques de conflits avec les anciennes occupantes. Mamounata, Larissa et Alima racontent leur vie, après sankar-yaré.

Après avoir passé environ 15 jours à se demander comment se relever du choc de l’incendie, car n’ayant plus accès au marché, elle a décidé de s’installer aux abords du marché. Ayant tout perdu dans l’incendie comme Mamounata, Larissa et Alima en font pareil. Vendeuses d’accessoires de coiffure pour femmes auparavant, elles sont toutes les trois dans la commercialisation de légumes. Plus de marchandises, plus de clients, c’est le quotidien qui prime. « Sincèrement, toutes les marchandises sont parties en fumée et dehors ici, on a tous les problèmes. Avant l’incendie, tout allait bien et la clientèle y était vraiment. Nous remercions le bon Dieu pour cela. Aujourd’hui, les clients ont disparu, nous sommes assises au soleil, toutes aigries », nous a confié Alima Fofana.

Pour permettre à toutes ces femmes de rester en activité et ne pas stopper leur gagne-pain en attendant le rétablissement du marché de Sankar-yaré, la Mairie a dirigé certaines d’entre elles vers d’autres marchés. Nos 3 interlocutrices ont été réinstallées au niveau du marché de Baskuy. Selon Mamounata Rabo, les places que la Mairie leur a octroyées étaient des places déjà occupées. « Voyez vous-mêmes, nous sommes allées les trouver. Certes, ce sont les autorités communales qui nous ont donné la place, mais il était difficile pour nous de les déguerpir. Nous avons préféré rebrousser chemin au risque d’avoir un malentendu avec les autochtones de ce marché. Déjà, certaines nous toisaient en murmurant : ‘’Vous avez fini de brûler votre marché, vous n’aurez pas le nôtre’’ ».

D’après les résultats des recherches de L’Economiste du Faso, ces places, octroyées aux nouvelles arrivantes sur le marché de Baskuy, sont des places retirées par la Mairie, car leurs propriétaires ne sont pas à jour de leur taxe. Formellement, elles n’ont plus le droit de les occuper. Mais dans les faits, elles ne veulent pas céder leur place, ce qui met en difficulté les nouvelles commerçantes.

Les conséquences économiques sont importantes pour ces femmes, qui ont déjà subi des pertes de marchandises, lors de l’incendie. D’après les victimes, plusieurs places ont été octroyées dans plusieurs marchés, dont Baskuy et Balkuy. Certains ont pu s’intégrer sans difficulté, par contre, d’autres ont préféré les abords de leur ancien marché pour des raisons comme le rejet, la méfiance, etc. dans l’espoir que de meilleures perspectives se présentent.

Il est important de souligner la responsabilité de la Mairie dans la gestion de cette situation. Les mesures prises jusqu’à présent n’ont pas été suffisantes pour aider les commerçantes à retrouver une activité stable.

RK

Encadré

Pourquoi des sinistrés occupent les alentours, malgré leur relocalisation ?

Si des sinistrés préfèrent le commerce ambulant ou la réinstallation aux alentours de Sankar-yaré aux sites d’accueil provisoires, c’est pour diverses raisons. Pour certains sinistrés, à l’instar d’Omar Tiemtoré, il s’agit là d’un choix stratégique. Et le vendeur d’appareils électroniques d’expliquer : « en réalité, chaque marché a ses spécificités. Sankar-yaré est différent de Paglayiri ou Mankougoudougou. Selon le marché, la rapidité dans l’écoulement d’un produit par rapport à l’autre est différente. D’autres pointent, eux, « l’exiguïté » des hangars provisoirement attribués.

Plutôt que des raisons d’écoulement des marchandises, c’est la peur de perdre les hangars qui anime certains autres commerçants. En effet, une rumeur passée par là a fait croire que les bénéficiaires de sites d’accueil provisoires seront dépossédés de leurs hangars de Sankar-yaré. A ce propos, Rosalie Kaboré rassure : « Tout commerçant qui avait un contrat de location avec l’ADEU aura sa boutique après la réhabilitation ».

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