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Dr Aboubakar Nacanabo, ministre de l’Economie: « La BID fait partie des trois premiers partenaires stratégiques du Burkina Faso »

L’ouverture des Assemblées annuelles de la Banque islamique de développement (BID) a eu lieu le 11 mai 2023, à Djeddah, en Arabie Saoudite. Le Burkina Faso y était présent. Représenté par son ministre de l’Economie, Dr Aboubakar Nacanabo, son Directeur du Trésor public, Bruno Raymond Bamouni, ainsi que du Coordonnateur national de l’Unité de partenariat public-privé, Sié Philippe Aimé Palenfo.

Entre deux rencontres, L’Economiste du Faso est revenu avec le ministre sur les avantages particuliers que le Burkina Faso tire par rapport aux autres partenaires depuis son adhésion à la BID.

L’Economiste du Faso : Quelle est l’importance des Assemblées annuelles de la BID ? Que peut-on retenir ?

Dr Aboubakar Nacanabo, ministre de l’Economie, des Finances et de la Prospective : Tous les ans, les Assemblées annuelles réunissent les pays membres de la BID dans un des pays membres, en vue d’apprécier la gouvernance de l’institution dans laquelle ils sont actionnaires. A cette occasion, les pays examinent et adoptent les différents rapports annuels d’activités et de gestion du Groupe, notamment, les états financiers de toutes les institutions qui composent le Groupe de la BID. Ces Assemblées annuelles offrent l’opportunité aux différents Gouverneurs de la Banque qui sont les ministres en charge de l’économie et des finances de se prononcer sur certaines questions d’actualité en lien avec le fonctionnement de l’institution et de discuter sur les perspectives pour son développement. Aussi, elles constituent une occasion d’échanges et de partages bilatéraux entre les plus hautes autorités de la BID et les Gouverneurs des Etats, pour décliner les priorités de leurs pays et les perspectives de coopération et d’accompagnement de financements d’opérations de projets et programmes de développement dont ils peuvent bénéficier.

Au cours de cette 48e Assemblée annuelle, la délégation du Burkina Faso a décliné les priorités actuelles du gouvernement de transition en lien avec le Plan d’actions pour la stabilisation et le développement qui ont fait l’objet d’échanges.

Ces échanges ont ouvert de bonnes perspectives pour le Burkina Faso, et les autorités de la BID ont pris un certain nombre d’engagements pour le renforcement des appuis au financement des projets pour notre pays. A ce titre d’ailleurs, trois accords ont été signés {ndlr : voir encadré}.   

Quels sont les avantages particuliers que le Burkina Faso tire par rapport aux autres partenaires depuis son adhésion à la BID ?

La BID fait partie des trois premiers partenaires stratégiques du Burkina Faso et le premier partenaire arabe qui accompagne notre pays dans son processus de développement économique et social aussi bien sur le plan de l’appui technique que sur le plan du volume de ressources apportées pour le financement des projets. A ce titre, elle intervient dans les principaux secteurs de développement du pays tels que l’agriculture, l’élevage, l’hydraulique villageoise, l’éducation et la santé, les infrastructures routières et de transport, l’énergie, l’eau et l’assainissement, ainsi que le secteur financier.

Depuis son adhésion à la BID en 1979, le Burkina Faso a bénéficié de plusieurs financements pour la réalisation de grands projets comme la construction du barrage de Ziga, l’alimentation en eau potable de la ville de Ouagadougou à partir de Ziga dans sa phase 2, la construction de l’aéroport de Donsin en tant que premier contributeur, le construction et l’aménagement du barrage de Samandéni, la construction et le bitumage de plusieurs infrastructures routières nationales et urbaines, la construction d’infrastructures pour le développement de l›éducation de base et la santé, la construction de cités universitaires à Bobo-Dioulasso et à Ouagadougou, la mise à disposition de lignes de crédit auprès de certaines banques pour le financement des PME/PMI, pour ne citer que cela .

En outre, à travers le guichet des institutions du Groupe comme la Société islamique internationale de financement de commerce (ITFC), par exemple, le Burkina Faso a bénéficié de 2008 à fin 2022, d’un financement de plus de 1070 milliards de francs CFA au profit de plusieurs secteurs et sociétés, notamment, la SOFITEX (secteur du coton), pour le financement des campagnes cotonnières, la SONABHY (secteur des hydrocarbures), pour l’achat de produits pétroliers, la Société Kanis International (achat du riz), ainsi que la mise en place de lignes de crédit au sein de certaines banques locales pour le financement des PME/PMI. Cette contribution de l’ITFC a fait du Burkina Faso le premier pays bénéficiaire en Afrique subsaharienne des financements de la Société internationale islamique de financement du commerce et le « partenaire le plus important en termes d’impact de développement » de tous les partenaires de la Société.

Quel commentaire peut-on faire sur la décision du Conseil d’administration de la BID d’octroyer deux financements de projets dans le domaine de l’électricité et des infrastructures routières à l’Est du pays ?

La coopération avec la Banque islamique de développement se bonifie d’année en année et se matérialise par le financement de grands projets. Pour une bonne planification de cette coopération, le Burkina Faso élabore, en collaboration avec la BID, un programme de travail triennal qui définit les priorités du gouvernement du Burkina Faso et dans lesquelles des projets seront financés. C’est dans ce cadre que le Projet d’électrification et du développement des connexions à l’électricité au Burkina Faso (PEDECEL) et le projet de construction et de bitumage de la route Guiba-Garango ont été programmés et dont les financements ont été approuvés par le Conseil d’administration, ce qui a permis la signature des accords sur place à Djeddah, lors de ces Assemblées annuelles. Du reste, le financement de ces deux projets fait suite à une requête du gouvernement du Burkina Faso, en vue de contribuer à l’accès au service de l’électricité dans les zones périurbaines de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso et à la facilitation de la mobilité des biens et des personnes, ainsi que le désenclavement dans les régions du Burkina Faso.

Interview réalisée par Abdoulaye TAO

 

Encadré

33 milliards FCFA pour le financement de 3 projets de développement

Le ministre de l’Economie, des Finances et de la Prospective, Dr Aboubakar Nacanabo, et le président de la BID, Muhammed Sulaiman Al-Jasser, ont procédé, le 10 mai 2023, à la signature de 4 accords de financement d’un montant global de 33,25 milliards FCFA. Ces accords de financement sont destinés à 3 projets de développement et sont composés de prêts et d’accords de vente :

– un accord de prêt d’un montant de 5 millions d’euros et d’un accord de vente à tempérament de 26,23 milliards FCFA pour le financement du Projet d’électrification et du développement des connexions à l’électricité au Burkina Faso (PEDECEL) ;

– un accord de prêt d’un montant d’environ 5,5 milliards FCFA pour le financement du Projet d’apprentissage accéléré pour les enfants et les adolescents non scolarisés au Burkina Faso (PAAENS/BFA) ;

– un accord de vente à tempérament d’un montant de 1,52 milliard FCFA pour le financement additionnel du projet de construction et de bitumage de la route Guiba-Garango.o

Source : Ministère de l’Economie

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