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Presse et diplomatie: les premières journées à Ouagadougou

• A la recherche d’une meilleure compréhension mutuelle

• Privilèges diplomatiques, immunités, souveraineté nationale

Utiliser leur plume et leur notoriété pour participer au rayonnement de la politique étrangère du Burkina Faso dans le monde, c’est la volonté exprimée par le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’extérieur, à l’endroit des professionnels des médias, à l’occasion d’une première édition des journées Presse-Diplomatie, tenue les 22 et 23 mai 2023.

A travers cette rencontre, le département en charge de la diplomatie a montré sa ferme volonté à trouver une formule pour être en bon tandem avec les journalistes pour le rayonnement de la politique étrangère du Burkina. Pour ce faire, les participants ont bénéficié de formations visant à renforcer leurs connaissances du monde diplomatique, ainsi que les us et coutumes dans le domaine.

Certaines pratiques sont sujets à polémique et par moments incomprises et mal acceptées. On peut faire allusion aux privilèges et immunités diplomatiques, l’un des thèmes abordés à l’occasion de ces journées Presse-Diplomatie, par le Directeur des avis juridiques et du contentieux du même ministère, Rasmané Congo. 

Les privilèges dont jouit le corps diplomatique échappe parfois à la compréhension du citoyen lambda. C’est le cas, par exemple, de l’immunité de la valise diplomatique qui est la conséquence de l’inviolabilité de la correspondance officielle, et le pays d’accueil ne peut opérer des fouilles ou ouvrir la valise diplomatique, peu importe la raison.

C’est également le cas de l’immunité juridictionnelle (immunité de juridiction pénale et l’immunité d’exécution) accordée aux agents diplomatiques, qu’ils soient ou non dans l’exercice de leurs fonctions. Cela signifie, selon Rasmané Congo, que le pays d’accueil ne peut pas juger un agent diplomatique pour quelques motifs que ce soit où ordonner l’exécution d’une décision de Jjustice à son encontre.

Ces immunités, déplore-t-il, donnent souvent lieu à des abus de tout genre tels les trafics illicites, les infractions au code de la route, les abus dans le domaine du droit social, etc. Cependant, cela ne saurait remettre en cause le bien-fondé de ces privilèges et immunités. Pour l’ancien ministre Alain Edouard Traoré, Ambassadeur et chargé de missions auprès du ministère, sans ces privilèges et immunités, la paix dans le monde serait mise en permanence à rude épreuve.

Il ne s’agit pas de faire la propagande de la diplomatie burkinabè

Le contexte mondial actuel et la situation du Burkina Faso commandent un traitement particulier de la diplomatie burkinabè qui a besoin d’être promue, selon l’ancien ministre de la Communication, Alain Edouard Traoré. Les journalistes ont donc été invités à s’organiser pour accompagner le ministère dans cette lourde tâche. Il a été jugé nécessaire de mettre en place un club de presse diplomatique, comme cela avait été le cas dans les années 1997, afin de faciliter les échanges d’informations et de connaissances.

Pour la ministre Olivia Rouamba, cette démarche n’a pas d’autre but que d’amener le journaliste à aborder les sujets sur la politique extérieure du Burkina avec professionnalisme. « Nous ne demandons pas aux journalistes de s’investir dans la propagande de notre politique, mais de participer à la manifestation de la vérité en allant toujours à la source de l’information et en militant au rétablissement de cette vérité », a-t-elle précisé. Comme exemple, la ministre a considéré son dernier voyage aux Nations-Unies. « Lorsque je voyage, je me débrouille pour qu’il y ait toujours des journalistes dans ma délégation, parce qu’ils rendent compte de la gestion des affaires publiques. Au dernier voyage au Conseil des Nations-Unies, j’avais environ 8 journalistes dans la délégation. Mais lorsque nous avons été accusés d’avoir emmené plus de 70 personnes, aucun de ces journalistes n’a pris le micro ou sa plume pour donner ne serait-ce sa version des faits et rétablir l’information exacte », a-t-il déploré avant de faire savoir que les journalistes sont aussi attendus sur des sujets du genre.

Pour elle, la nouvelle trajectoire de la diplomatie burkinabè est en phase avec les défis du moment et cela vaut la peine pour qu’on sacrifie tout pour la souveraineté internationale de l’Etat burkinabè.  Les professionnels des médias ont salué l’initiative du département de la diplomatie, qui leur a permis d’apprendre davantage de la politique extérieure du Burkina. Ils ont souhaité que l’expérience soit renouvelée régulièrement.

Etienne Lankoandé (Collaborateur)

 

Encadré

L’arsenal diplomatique du Burkina Faso est peu important mais dynamique

Le Burkina Faso a ouvert ses premières représentations diplomatiques et consulaires dès 1960, selon la Directrice générale des affaires juridiques et consulaires, Sabine Batyono née Kanzié. Il s’agit principalement de celle en République de Côte d’Ivoire (1960), en République du Ghana (1961), en République du Mali (1962), en République ffrançaise (1960), aux Etats-Unis d’Amérique (1961) et à l’Organisation des Nations unies (1961). Les premiers Consulats généraux furent ouverts respectivement à Bouaké, en 1971, à Abidjan, en 1993, et à Djeddah, en 1996.

D’une dizaine d’Ambassades à ses débuts en 1960, la couverture diplomatique compte aujourd’hui trente-huit Ambassades, quinze Consulats généraux auxquels s’ajoutent plus de quatre-vingt consulats honoraires.

En retour, le Burkina Faso abrite trente-cinq représentations diplomatiques et consulaires résidentes de pays amis à Ouagadougou, et cinquante-quatre représentations diplomatiques non résidentes.

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