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Entrepreneuriat Financement, oui, mais surtout l’accompagnement

• Une conférence publique de l’Université Thomas Sankara

• Pour discuter de financement de l’entrepreneuriat

• Être créatif, innovant et se faire former

Ils sont de milliers de jeunes à vouloir se lancer dans le domaine de l’entrepreneuriat au Burkina Faso. Malheureusement, à l’arrivée, certains parmi eux abandonnent faute de financement. Mais le financement est-il le seul moyen pour créer une entreprise ?

Cette thématique a fait l’objet d’une conférence publique qui a eu lieu le 7 juin 2023, à l’Université Thomas Sankara : « Regards croisés chercheurs/praticiens sur les acquis, les limites et les perspectives des dispositifs de financement de l’entrepreneuriat au Burkina Faso ».

Pour le Professeur Florent Song-Naba de l’Université Thomas Sankara, le financement n’est pas forcément l’élément clé pour entreprendre, car, explique-t-il, le recours aux crédits amène les potentiels entrepreneurs à couler sous le poids des dettes. Pour lui, il faut aller au-delà du financement et voir grand. Sur ce, le vice-président chargé de la recherche et de la coopération internationale (son nom ?) exhorte à bien mûrir son projet d’entrepreneuriat, à faire un réseautage, à avoir un mentor dans le secteur de l’entreprise, être dans un marché florissant et compétitif, avoir des notions sur l’entrepreneuriat (formation), un produit « vendable », en d’autres termes, il souhaite que les jeunes soient vraiment accompagnés dans l’entrepreneuriat.

Pour lui, cet accompagnement est un élément essentiel pour la survie des entreprises. Faute de cet accompagnement, il a révélé que dans le cadre du projet Burkina Start-up, sur 500 entreprises à créer en 5 ans, seulement 200 entreprises avaient vu le jour. L’enseignant-chercheur qui fait de l’entrepreneuriat agricole son domaine de recherche dit regretter qu’au pays des Hommes intègres, le secteur soit caractérisé par l’« entrepreneuriat de reproduction ou d’imitation ». Conséquence de ce mimétisme, les nouveaux entrepreneurs viennent chasser les anciens. Il a rappelé qu’il ne suffisait pas de créer une entreprise, celle-ci doit survivre et se développer.

L’accompagnement, maillon indispensable

A sa suite, le Directeur général du Fonds burkinabè de développement économique et social (FBDES), Bruno Compaoré, a abondé dans le même sens en soulignant qu’un entrepreneur doit avoir de la vision, des ambitions et des opportunités. Il doit aussi se former, faire de l’incubation et avoir du financement. Mieux, il doit avoir une âme de leader, prendre des risques, savoir déléguer, être un bon gestionnaire, être innovant, avoir une capacité de travail. Selon le Directeur de la jeunesse et de l’éducation permanente du ministère en charge de la jeunesse, Larba Pilga, l’Etat doit créer les conditions pour permettre aux jeunes d’entreprendre, condition sine qua non pour absorber le chômage des jeunes.

Pour lui, il est impératif de reformer les fonds pour les rendre plus viables et les adapter au besoin des jeunes. Abordant l’accompagnement des projets à financer, il explique qu’il faut améliorer la qualité et l’accès des jeunes à l’entrepreneuriat.

Autre facteur handicapant, le secteur informel (majoritaire au Burkina Faso) refuse sa mue vers les grandes entreprises, soit par manque de financement, soit faute d’accompagnement.

Ambéternifa Crépin SOMDA

Encadré 1

Facteurs handicapants à l’entrepreneuriat

Les panélistes ont relevé le fait que de nombreuses réformes ont été engagées pour favoriser la création d’entreprises mais l’entrepreneuriat est confronté à :

– la faible connectivité d’Internet,

-la fiscalité,

-la corruption et au favoritisme,

-au faible accès au financement,

-au coût élevé de l’énergie,

-au faible accès au foncier.

Encadré 2

FAARF : plus de 163 milliards FCFA octroyés à plus de 2.500.000 femmes de 1990 à 2023

Selon la Directrice générale du Fonds d’appui aux activités rémunératrices des femmes (FAARF), Dr Dorcas Tiendrébéogo, depuis sa création en 1990, c’est un montant total de plus de 163 milliards FCFA qui a été octroyé à plus de 2. 500 000 femmes. Mieux, en 2022, 21 milliards FCFA ont été octroyés à 127.000 femmes dans les 13 régions. Toujours en 2022, les femmes ont remboursé 22 milliards FCFA. Toute chose qui l’a amenée à dire que les femmes sont aptes à rembourser. Elle a laissé entendre que 93% des femmes ont vu, grâce aux crédits FAARF, leurs chiffres d’affaires augmentés, et cela leur a permis de prendre en charge les frais de scolarité de leurs enfants et même les charges familiales. o

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