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Entrepreneuriat communautaire: le chef de l’Etat donne le top départ des souscriptions

• Un modèle économique endogène et inclusif

• Une initiative inspirée du programme politique du Pr Laurent Bado

• Démarrage du programme avec quatre projets d’entreprises communautaires

«Comment peut-on avoir autant de bas-fonds, riches en terre, et que nous continuons d’importer, par exemple, du riz ? Comment peut-on produire de la tomate que des gens viennent acheter à vil prix, et encore réimporter la pâte de tomate ? Comment est-ce que nous pouvons produire des produits tels que le soja, le sésame, nous les exportons et nous réimportons l’huile ? », se questionne le chef de l’Etat, le Capitaine Ibrahim Traoré, pour dénoncer le modèle économique actuel du pays. C’était, lors de la cérémonie de lancement du programme de l’entrepreneuriat communautaire par actionnariat populaire, tenue le 12 juin 2023, à Ouagadougou. C’était sous le thème : « L’actionnariat populaire pour un développement endogène et inclusif ». A travers ce programme, le président de la Transition entend promouvoir la création d’entreprises communautaires dont le seul promoteur est le peuple burkinabè.

« Ce matin, nous sommes réunis pour écrire une nouvelle page de notre histoire. Nous avons été conseillés mais nous n’avions pas écouté », a indiqué le président de la Transition, dès l’entame de son propos, en citant Joseph Ki-Zerbo, le Capitaine Thomas Sankara, Cheikh Anta Diop et Souleymane Soulama.

Pour lui, le Burkina Faso est dans un système qu’il qualifie « d’impérialiste » qui ne fait qu’enrichir la petite minorité appelée « bourgeoisie » et appauvrir les masses populaires. Cette situation a créé un déséquilibre entraînant le pays dans « ce phénomène de terrorisme ». C’est face à cette situation que le Capitaine Ibrahim Traoré a mis en place ce programme qui est piloté par l’Agence pour la promotion de l’entrepreneuriat communautaire (APEC).

Il faut noter que cette initiative est inspirée du programme politique du Pr Laurent Bado, enseignant de Droit à la retraite et président d’honneur du Parti pour la renaissance nationale (PAREN). « En lisant, nous avons vu dans le programme politique du Pr Laurent Bado, qui a passé son temps à nous dire de faire du développement endogène le levier de notre socle économique. Mal compris ou pas ? Nous avons décidé de mettre en pratique tout ce que nos devanciers nous avaient conseillé et que nous n’avons pas voulu peut-être écouter ou comprendre », a-t-il expliqué. Selon le Directeur général de l’APEC, Karim Traoré, l’Agence a pour mission de mettre en place les outils, afin d’assurer la mobilisation de l’épargne populaire pour le financement participatif des entreprises communautaires par actionnariat populaire dans des secteurs d’activités économiques stratégiques du pays. Il s’agit, notamment, de l’agriculture, de l’élevage, du textile, de l’agroalimentaire et des mines.

Pour cette première phase de la mise en œuvre du programme, l’agence bénéficiera de l’appui technique de la Société coopérative avec Conseil d’administration Bâtir l’Avenir (SCOOP-CA/BA). Elle a une expérience dans le domaine de l’actionnariat populaire, à travers sa première initiative communautaire dénommée Société Faso Tomate (SOFATO SA). Le programme démarre avec un lot de quatre projets d’entreprises communautaires pour lesquels l’Etat apportera une contribution minoritaire. Les Burkinabè sont appelés à apporter le reste du financement par l’actionnariat populaire. En sa qualité de patron de la cérémonie, le chef de l’Etat a donné le top de départ des souscriptions en faisant une souscription symbolique. Il a été suivi par les membres du gouvernement.

Il a lancé un appel à tous les Burkinabè à souscrire massivement à ce projet pour inventer l’avenir du Burkina Faso. Et le ministre de l’Economie, Dr Aboubakar Nacanabo, d’ajouter que « la mobilisation collective sera la clé de notre réussite ».

T.A

Encadré 1

Des citoyens donnent leur appréciation du programme

Alassane Ouédraogo, président de l’association des conducteurs de tricycles : nous sommes prêts pour accompagner cette initiative dès qu’elle sera opérationnelle. Elle permettra au pays d’avoir une souveraineté économique. Quand on parle de l’intégrité, ça commence déjà par l’économie.

Salif Tagnan, étudiant : je salue le lancement de ce programme, car il permettra de lutter contre le chômage de nous les jeunes. Les frais de souscription minimaux qui sont à 15 000 FCFA nous permettent de faire des investissements.

Pr Laurent Bado : il faut que nous acceptions une nouvelle manière de financer l’économie par nous et pour nous où tout Burkinabè sera actionnaire. Imagine si le Burkina Faso arrive à s’en sortir. Quel honneur. Ce sera un exemple pour le développement de toute l’Afrique.

Encadré 2

Aziz Nignan, président de SCOOP-CA/BA, apporte des éclaircissements sur le programme

Selon lui, le projet SOFATO est bouclé depuis le mois de février et le démarrage de la production est prévu en octobre. Donc SOFATO n’est pas concernée par les souscriptions que le président vient de lancer.

Les entreprises communautaires sont lancées par lot. Pour cette première phase, il y a trois secteurs d’activités qui ont été touchés, à savoir l’agriculture, l’agroalimentaire et les mines, avec la mise en place de quatre sociétés. De façon concrète, la souscription à cette première phase du programme est valable pour toues les quatre entreprises. « Quant vous souscrivez à un lot, vous investissez en même temps pour toutes les entreprises communautaires que comprend le lot. L’objectif visé est de mobiliser 300 milliards FCFA autour de trois millions de Burkinabè. Nous allons créer 1 million d’emplois directs et 3 millions d’emplois indirects en deux ans », a-t-il expliqué.

Il avance essentiellement trois raisons devant motiver à investir dans ce projet, à savoir la création d’emploi à grande échelle, la création de la richesse et l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire et le retour sur investissement. « Le ministère des Finances sera chargé de loger et de sécuriser ces investissements. D’autres vont dire que l’Etat même n’est pas une garantie, mais qui ne risque rien, n’a rien », a-t-il soutenu, en garantissant la bonne gestion de l’épargne populaire qui sera collectée.

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