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Mines d’Inata et de Tambao: le coup de poker de IB

• Plus de 120 milliards FCFA pour le budget de l’Etat

• Une base militaire et des équipements de sécurisation

• La construction d’un chemin de fer en prime

C’est une procédure qui a commencé en début d’année. En mars 2023, le Conseil des ministres adopte un rapport relatif à une autorisation de cession des actifs miniers pour l’exploitation de deux mines du pays. Il s’agit de celui d’Inata, qui a été récemment retiré à l’Indien Balaji Group, et du gisement de manganèse de Tambao qui, après un périple juridique remporté par le Burkina Faso, était vacant.

L’acte de cession a été matérialisé par un contrat entre l’Etat et la société bénéficiaire, Afro Turk. Pour l’occasion, le représentant de la société, Savas Balcik, avait fait le déplacement à Ouagadougou pour entériner la cession, le 25 avril. Au total, les actifs ont été cédés pour un montant de 30 milliards FCFA. 28 milliards, c’était le montant estimé des actifs miniers pour l’exploitation industrielle du manganèse de Tambao. Pour la grande mine d’or d’Inata, les actifs miniers, à savoir les biens miniers, les charges reportées liées à l’exploration, les redevances, les investissements… ont été estimés à 2 milliards FCFA.

Un montant attractif, puisque l’étape suivante devrait être pour le pays de vendre les permis miniers de ces deux sites au client, sous certaines conditions. La société Afro Turk ne s’est pas fait prier. Deux mois après, le verdict est tombé. Le Conseil des ministres a adopté deux décrets en faveur du Groupe Turc.  Le premier décret porte octroi d’un permis d’exploitation industrielle de grande mine d’or à la société AFRO TURK INATA SA, dans les Communes de Nassoumbou et Tongomayel, province du Soum, région du Sahel.

Le permis d’exploitation de cette mine est de 4 ans et couvre une superficie de 39,073 km², avec une production totale attendue de 7,06 tonnes d’or. Les attentes du gouvernement sont claires. Selon le communiqué du Conseil des ministres du 21 juin, « l’exploitation de la mine permettra de générer 6.897.289.306 FCFA au profit du budget de l’Etat et 150.250.000 FCFA au titre du Fonds minier de développement local ». De plus, le projet permettra de créer 256 emplois directs.

Le second décret porte octroi d’un permis d’exploitation industrielle de grande mine de manganèse de Tambao à la société AFRO TURK TAMBAO SA, dans la Commune de Markoye, province de l’Oudalan, région du Sahel. « La relance de l’exploitation de manganèse de Tambao est un projet intégré et un vecteur de développement socioéconomique pour l’ensemble du pays et en particulier, pour la région du Sahel. Le permis d’exploitation industrielle de grande mine sollicité couvre une superficie de 26,51 km² », informe le Conseil. La production totale attendue de cette mine est estimée à 62.754.000 tonnes de manganèse pour une durée de vie de 22 ans.

Quelles sont les retombées d’une telle vente ? Selon le ministère des Mines, « au titre de la contribution directe du projet au budget de l’Etat, il est prévu 117.150.000.000 FCFA. Quant au Fonds minier de développement local, un montant de 19.525.045.502 FCFA est attendu durant toute la vie du projet ». Sans oublier que le projet permettra de créer 1.500 emplois directs.

Là où le Burkina gagne au change, c’est que l’octroi de ce permis permettra au pays d’obtenir un investissement de 120.000.000.000 FCFA pour la construction d’une base militaire et l’acquisition d’équipements de sécurisation et de 585.195.844.400 FCFA pour la construction d’un chemin de fer. Sur l’exploitation du gisement de Tambao, le gouvernement informait que « ces projets sont un facteur d’intégration sous-régionale par leurs contributions au désenclavement des pays de l’Autorité du Liptako-Gourma que sont le Burkina Faso, le Mali et le Niger ». Et l’on se rappelle que c’est à Bamako qu’a lieu la validation du rapport d’établissement de l’étude de faisabilité du projet de chemin de fer du G5 Sahel, « le Transsahélien », en janvier 2020. Son tracé est de 5.000 km. Un projet qui remonte au Sommet du 20 novembre 2015, tenu à N’Djamena, au Tchad, au cours duquel les chefs d’Etat du G5 Sahel ont décidé de la construction d’une ligne de chemin de fer reliant la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad, pour améliorer les dessertes entre les pays du G5 Sahel.

La société Afro Turk a, en contrepartie du gisement de Tambao, accepté de construire un chemin de fer. Est-ce le projet relatif au « Transsahélien » que le Burkina Faso entend réveiller, ou s’agit-il du projet de réhabilitation de l’axe ferroviaire Abidjan-Ouagadougou–Kaya et son extension à Tambao, projet inscrit dans le cadre du Traité d’amitié et de coopération entre la République de Côte d’Ivoire et le Burkina Faso ?

C’est ce dernier projet qui était le plus avancé, suite au retrait de la compagnie en charge de l’exploitation du minerai de Tambao, Panafrican minerals (PAM). Sur les documents du TAC, son coût est estimé à 400 millions d’euros, soient 262,3 milliards FCFA. Ce qui fait un peu plus de la moitié de l’investissement attendu de Afro Turk, pour la réalisation de l’infrastructure ferroviaire. Le Conseil des ministres a, en effet, annoncé la bagatelle de 585 milliards FCFA pour sa réalisation. Ces prochains mois, nous en dévoilerons plus sur le projet de chemin de fer.

NK

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RAF

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