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Transformation industrielle et artisanale: les performances des projets et programmes passées en revue

• Le Projet PACAO-BF et Promutab enregistrent des performances hors pair

• Énergies : 4 projets sur onze sont au rouge

• La règlementation nationale prime sur les conditions des PTF

Les Projets et programmes de développement (PPD), du secteur de la transformation industrielle et artisanale (TIA) mis en œuvre, au cours des années 2021 et 2022, ont fait l’objet d’une évaluation de performances, au cours d’une Assemblée sectorielle organisée le 12 juillet 2023, à Ouagadougou, par la Direction générale des études et des statistiques sectorielles (DGESS) du ministère en charge du développement de l’industrie (DGESS/MDICAPME). Les travaux d’évaluation ont été présidés par Amadou Sagnon, Inspecteur général des services du ministère. Au total, 15 projets et programmes ont été passés en revue par l’Assemblée sectorielle du secteur de la transformation industrielle et artisanale (TIA), parmi lesquels, quatre étaient du ministère du Développement industriel, du Commerce, de l’Artisanat et des Petites et Moyennes entreprises (MDICAPME) et onze du ministère de l’Energie, des Mines de des Carrières (MEMC).

La performance moyenne de 33,48 sur 50 pour les 15 projets évalués a été jugée satisfaisante par les participants, pour qui 33,48 fait partie de la catégorie des PPD de deuxième rang, c›est-à-dire, qui ont des performances acceptables. Les performances des PPD sont notées sur 50, selon la Directrice générale des études et des statistiques sectorielles du MDICAPME, Rakiata Guigma née Nabi. La catégorie des PPD de premier rang a une note supérieure ou égale à 40. Les PPD de deuxième rang ont une note comprise entre 25 et 40 et ceux de troisième rang ont une note inférieure ou égale à 25.

Le Projet PACAO-BF proche d’une réalisation à 100% de ses objectifs en 2021-2022

Au compte du ministère du Développement industriel, du Commerce, de l’Artisanat et des Petites et Moyennes entreprises (MDICAPME), quatre projets et programmes ont été passés à la loupe. Il s’agit du Projet de renforcement de compétences techniques et entrepreneuriales des artisans burkinabè par la mise en place d’un Centre national d’appui à la transformation artisanale du coton (CNATAC), du Projet de mise à niveau des unités de transformation d’anacarde du Burkina Faso (ProMUTAB), le Projet Impulse et le Projet d’appui à la compétitivité de l’Afrique de l’Ouest, volet Burkina Faso (PACAO-BF).

Les projets PACAO-BF et ProMUTAB ont enregistré de très bonnes performances sur la période d’évaluation (2021-2022). En effet, le projet PACAO-BF a enregistré une note de 49,5 sur 50 sur la période et le projet ProMUTAB une note de 50 sur 50, les classant tous deux dans la catégorie des PPD de premier rang jugé verts. Comparativement à la période précédente (2019-2020), le projet PACAO-BF a réalisé une amélioration significative en passant de 41 sur 50 à l’évaluation de 2021 à 49,5 sur 50 en 2023. Le projet CNATAC a également réalisé une amélioration de sa performance. Il est malgré cela resté dans la catégorie des projets de deuxième rang jugés oranges. En effet, sa moyenne est passée de 28,25 sur 50 en 2021 à 39,5 sur 50 en 2023. Le projet IMPULSE, quant à lui, a enregistré une performance de deuxième rang. Il n’a cependant pas fait l’objet d’une évaluation en 2021, tout comme le projet ProMUTAB. Par ailleurs, en termes de maturité, PACAO-BF, CNATAC et IMPULSE sont en cours d’exécution. Seul le projet ProMUTAB est en phase de démarrage en 2021-2022.

La note du projet YELEEN connait une profonde dégradation

Au titre du ministère en charge de l’énergie, onze Projets et programmes de développement (PPD) relèvent du secteur de la transformation industrielle et artisanale (TIA). L’Assemblée sectorielle a procédé à leur évaluation sur la base du rapport fourni par la DGESS/MDICAPME.

Parmi ces projets, figurent le Projet d’appui au secteur de l’électricité (PASEL), le Projet d’électrification des zones péri-urbaines de Ouaga et Bobo (PEPU), le Projet de renforcement du Réseau national interconnecté (PR-RNI, le Projet d’électrification rurale décentralisé par système solaire photovoltaïque de 42 localités (PERD/SPV-42), le projet YELEEN « électrification rurale » et le Projet YELEEN « développement de centrales solaires photovoltaïques et renforcement du système électrique national »

Quatre projets parmi les onze du secteur énergie sont au rouge, c’est-à-dire, qu’ils ont des performances inférieures à 25 sur 50. Il s’agit du Projet PEDECEL, qui a obtenu la note de 20 sur 50, le Projet YELEEN électrification rurale, avec une note de 11,75, le projet PR-RNI, 11,87 sur 50 et le projet PERD/SPV-42, avec une note de 11,12 sur 50. Les projets PR-RNI et PERD/SPV-42 étaient au deuxième rang à l’évaluation en 2021, avant de basculer au rouge (troisième rang) en 2023. Quant au projet YELEEN « électrification rurale », il est resté au rouge et sa note a même connu une dégradation en passant de 17,152 en 2021 à 11,12 en 2023. Pour le projet YELEEN « électrification rurale », la DGESS a expliqué que les contreperformances étaient dues aux appels d’offres des travaux infructueux du fait des critères de préqualification et aux problèmes sécuritaires dans la zone d’exécution du projet. Pour le PR-RNI, c’est le désistement des prestataires et les longs délais pour l’obtention de l’avenant sans incidence financière relative au changement de banque de l’entreprise attributaire du marché d’exécution des travaux, l’ANO de la BOAD, qui seraient la cause des contreperformances observées.

L’assemblée a proposé que les quatre projets soient mis sous surveillance. Outre ces quatre projets, deux autres ont obtenu des notes de deuxième rang (orange) et les cinq autres, une note de premier rang chacun. Les deux projets à l’orange sont le projet PASEL, avec une note de 30,31 et le projet YELEEN ‘’Développement centrales solaires photovoltaïques et renforcement du système-électrification nationale’’ avec une note de 26,75, juste au-dessus de la zone rouge. Cette note a été moins que ce qu’il a obtenu en 2021, qui était de 44 sur 50.

Étienne LANKOANDÉ

Encadré

Les projets et programmes de développement en bref

Les projets et programmes de développement (PPD) sont des instruments de mise en œuvre des politiques publiques, portés par les départements ministériels, et dont le rôle est de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations et à l’atteinte des objectifs fixés par le gouvernement. Les Assemblées sectorielles sont tenues tous les deux ans pour faire l’évaluation des performances de ces PPD. Au cours de l’Assemblée sectorielle 2023 du secteur TIA, il a été souligné que les PPD étaient soumis à la règlementation nationale dans leur mise en œuvre, mais également aux conditions des partenaires techniques et financiers (PTF). Les acteurs peuvent parfois se retrouver dans une situation de contradiction dans la mise en œuvre d’un projet particulier. Les participants ont statué sur la primauté de la règlementation nationale sur les conditions des PTF. Les Assemblées sectorielles sont tenues, en prélude à l’Assemblée générale des projets et programmes de développement, qui se charge de statuer sur les rapports de performance, d’évaluer leur contribution au développement économique et social du pays et reformuler des recommandations pour améliorer leur mise en œuvre.o

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