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Artisanat: Dominique Ouédraogo, un jeune qui allie études et entrepreneuriat

• Priorités aux matières premières locales

• Spécialiste en confection de chaussures, sacs et accessoires

• Il déploie sa marque  WIFASH

« Nous manquons de matériels adéquats et d’atelier pour la confection des articles », Wendlassida Dominique Ouédraogo. (Ph. DR)

Le « consommons local » est un concept qui consiste à préférer les produits locaux à ceux étrangers. Afin d’amorcer un développement endogène du pays, les autorités ont adopté ce concept en recommandant aux populations de privilégier les produits locaux dans leur consommation. Une chose est de vouloir acheter des produits locaux, mais une autre est d’en trouver de bonne qualité sur le marché. Dans l’optique de faire du « consommons local » une réalité, des Burkinabè se sont engagés à promouvoir des produits dans plusieurs secteurs d’activités. Wendlassida Dominique Ouédraogo en fait partie. En plus de ses études, il évolue dans l’artisanat en confectionnant des sacs, des chaussures et accessoires avec des matières premières burkinabè. Il dispose d’une marque qu’il a dénommée WIFASH. Une équipe de L’Economiste du Faso est allée à sa rencontre pour comprendre son métier, ses ambitions et les difficultés auxquelles il est confronté. « Tout a commencé en 2017. Je reparais les chaussures. Je collais les bidons percés. En 2020, une personne m’a fait savoir que j’ai du talent. Il m’a suggéré d’apprendre à habiller les chaussures. Il était également dans ce domaine. J’avais envisagé de suivre une formation sur le métier que je n’ai malheureusement pas pu faire. En 2021, quand je suis venu à Ouagadougou pour les études, j’ai d’abord commencé à habiller simplement les chaussures et par la suite, je me suis lancé dans la confection », a confié M. Ouédraogo.

Wendlassida Dominique Ouédraogo est étudiant en deuxième année, au département d’études anglophones à l’Université Joseph Ki-Zerbo, à Ouagadougou. En dehors des études, il fait de l’artisanat. Il confectionne des sacs, des chaussures et accessoires en pagne, en cuir et en jeans. Bien qu’il n’ait pas bénéficié de formation professionnelle, il met sur le marché des articles de qualité. « Je n’ai pas fait de formation professionnelle. J’ai appris par moi-même. Je me suis appuyé sur mes expériences de réparation de chaussures », a-t-il laissé entendre. Il fait des sandales, des chaussures fermées, des sacs et d’autres accessoires en cuir, pagne Faso Dan fani et bien d’autres matières. Les prix des articles vont de 5 000 FCFA à 17 500 FCFA. « Nous prenons au maximum une semaine pour confectionner un article commandé. En fonction de la disponibilité des matières premières, il arrive des fois que nous dépassions ce délai. Les sandales en cuir vont de 5 000 FCFA à 6 500 FCFA. Les chaussures fermées en Faso Danfani sont à 15.000 FCFA. En ce qui concerne les sacs, ça dépend du modèle et de la taille », a-t-il indiqué.

Des matières premières du Burkina

Les semelles pour la confection des chaussures, ainsi que certaines matières entrant dans la fabrication des sacs viennent du Ghana. « Mais je travaille plus avec les matières premières locales », a souligné Wendlassida Dominique Ouédraogo. Le pagne Faso Danfani et le cuir, a-t-il poursuivi, sont locaux.

Il se fait aider par quatre personnes. Pourtant, il n’est qu’à ses débuts dans ce métier, et les difficultés ne manquent pas. « Pour le moment, je n’ai pas de boutique. Je travaille avec d’autres personnes. Mais malheureusement, par manque de matériels et d’atelier, on n’arrive pas à travailler à temps plein. C’est quand le besoin se fait sentir que je leur fait appel », a-t-il déploré.

« Pas de matériels adéquats pour faire la confection »

Il fait face à un certain nombre de difficultés qui entravent le développement de son activité. Il s’agit, notamment, du manque de matériels adéquats pour la confection des articles, le manque d’atelier qui l’empêche de travailler à temps plein avec ses collaborateurs et le manque de visibilité de ses produits. « Nos produits intéressent les gens, mais on n’arrive pas à toucher le grand public. Tout le monde peut trouver son article chez nous. Les prix sont abordables », a-t-il ajouté. En outre, il dit avoir besoin d’un financement de 2 500 000 FCFA pour justement se doter de matériels de travail.  « Je suis déjà allé au FAIJ (NDLR, Fonds d’appui aux initiatives des jeunes), mais ils m’ont fait savoir qu’ils accordent les financements par appel d’offres. Après, je me suis rendu à l’AFP-PME (NDLR, Agence de financement et de promotion des petites et moyennes entreprises).

Là-bas, j’ai été confronté à un problème de garantie », a-t-il confié. Aussi, il a exprimé le besoin d’appui en formation et d’appui-conseil des aînés qui sont déjà lancés dans le métier pour perfectionner ses confections.

T.A

Encadré

Les ambitions de Wendlassida Dominique Ouédraogo

«Nos ambitions, c’est de pouvoir offrir à tout Burkinabè, voire tout Africain, des accessoires made in Burkina avec les matières premières africaines. Nous commercialisons la marque WIFASH. C’est le diminutif de WIBGA FASHION. WIBGA veut dire l’aigle en Mooré (langue locale) et FASHION qui est la mode en anglais. Donc, ça veut dire la mode de l’aigle. L’aigle est un animal qui a une vision et qui a de la patience. »

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