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Inflation dans l’Uemoa: la baisse des prix va se poursuivre

• Une perspective qui s’appuie sur l’augmentation de la production vivrière

• Et une baisse des cours mondiaux des produits alimentaires et pétroliers

• Selon les prévisions de la BCEAO

En 2022, la zone Uemoa a connu une hausse importante des prix des produits à la consommation. Le niveau général des prix à la consommation a enregistré une hausse, en moyenne de 7,4% en 2022, après une réalisation de 3,6% en 2021. En cause, la baisse de la production des céréales cumulée aux difficultés d’approvisionnement des marchés, à cause de la crise sécuritaire qui sévit. Après une baisse de 2,7%, lors de la campagne agricole 2019/2020, la production de céréale s’est accrue de 3,2% en 2020/2021, puis s’est inscrite en baisse de 13,1% en 2021/2022. En conséquence, la hausse des prix des produits céréaliers a atteint 19,4% en un an pour l’Union, après une progression de 8,3% en 2021. Les progressions sont plus marquées au Burkina (+38,4%), au Mali (+26,9%) et au Sénégal (+11,9%). La dégradation de la situation sécuritaire a aussi fortement contraint le processus d’approvisionnement des marchés en produits vivriers et pastoraux. Ainsi, il est noté une hausse de 8,1% des prix de la viande, avec des progressions plus importantes relevées en Guinée-Bissau (+17,2%), au Sénégal (+15,4%) et au Togo (+11,8%). Ces contraintes d’approvisionnement ont également eu pour conséquence le renchérissement des légumes (+10,2%) et des tubercules (+7,5%) dans l’Union.

Cette hausse a duré presque toute l’année du fait aussi de la crise russo-ukrainienne qui a entrainé l’augmentation des prix de certains produits importés. Ainsi, l’indice des prix des principaux produits alimentaires importés par les pays de l’UEMOA a augmenté de 35,7%, au cours de l’année 2022, après une progression de 10,3% un an plus tôt. Les principaux produits importés à l’origine de la progression des prix enregistrés au cours de l’année 2022 sont, notamment, l’huile, le riz, le blé et le lait. Les cours mondiaux de l’huile ont connu une hausse de 26,8% en 2022, après celle de 72,2% un an plus tôt, en lien avec le recul de la production dans les principaux pays producteurs, dû à des précipitations trop abondantes. Ces évolutions ont été répercutées sur les prix domestiques de l’huile dans les pays de l’Union (+17,2%), notamment, au Togo (+42,3%), en Guinée-Bissau (+23,3%), au Mali (+21,2%), au Burkina (+20,8%), au Niger (+17,7%), au Sénégal (+16,9%), en Côte d’Ivoire (+15,5%) et au Bénin (+3,0%).

Des facteurs externes ont aussi été la cause de l’inflation enregistrée dans la zone Uemoa. C’est le cas des cours mondiaux du pétrole, qui se sont inscrits en hausse en 2022, en lien, d’une part, avec la reprise de l’activité économique un an après la crise sanitaire, et d’autre part, du fait des contraintes de production et d’approvisionnement exacerbées par la persistance de la crise russo-ukrainienne. Les cours du pétrole brut (WTI) se sont inscrits en hausse de 37,4%, passant en moyenne de 67,6 dollars US en 2021 à 92,9 dollars US en 2022. En moyenne, sur l’ensemble de l’année 2022, les cours du baril de pétrole brut (WTI), exprimés en FCFA, sont ressortis en hausse de 54,1%. Cette progression des cours mondiaux a été répercutée sur les prix domestiques des produits pétroliers. La hausse des prix à la pompe de l’essence sur un an a atteint 38,6% au Togo, 26% en Côte d’Ivoire, 25,0% au Bénin, 22,3% au Mali, 22% au Burkina, 15,6% en Guinée-Bissau et 14,8% au Sénégal, à fin décembre 2022.

Baisse des prix pour 2024

Et selon les statistiques de l’UEMOA, publiées par la BCEAO en mi-octobre 2023, la baisse des prix des produits de grande consommation, constatée en 2023, va se poursuivre en 2024. Une perspective qui s’appuie sur l’augmentation de la production vivrière locale et une baisse des cours mondiaux des produits alimentaires et pétroliers. Par rapport à l’environnement international, les hypothèses de projection de la BCEAO reposent sur un retour à la normale du cours des produits pétroliers. Le cours moyen du pétrole brut (WTI) passerait de 93 dollars en 2022 à 83 dollars en 2023 et à 78,1 dollars en 2024. Les prévisions tablent également sur une baisse des cours mondiaux des produits alimentaires importés par l’Union de 5% en 2023 et de 15,1% en 2024, après la hausse exceptionnelle de 35,7% en 2022.

Au niveau régional, à la suite des favorables réalisations climatiques en 2022, le Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS) table sur une hausse d’environ 17% de la production céréalière dans la zone UEMOA, après une saison 2021/2022 marquée par une baisse de l’ordre de 13% de la production. La bonne tenue de la production agricole devrait induire, dans les prochains mois, une atténuation du renchérissement des céréales locales. Ainsi, pour la campagne 2023/2024, la BCEAO évoque une hausse de 5% de la production.

NK

Encadré

Les risques sur les capacités de production céréalières

Les conditions favorables du niveau de l’offre en lien avec la hausse de la production agricole pourraient être atténuées par les difficultés d’approvisionnement des marchés, en raison principalement des incidences de la crise sécuritaire. En effet, une extension des zones d’insécurité pourrait affecter les capacités de production, avec notamment, des déplacements des populations dans les zones concernées, ainsi que des perturbations des circuits de commercialisation des produits alimentaires.

Cependant, la Banque centrale évoque des risques entourant les prévisions de l’inflation. Ils ont trait, notamment, à l’extension des zones d’insécurité qui pourraient affecter les capacités de production, avec notamment, des déplacements des populations dans les zones concernées et une accentuation des difficultés d’approvisionnement des marchés. Par ailleurs, « une détérioration des conditions climatiques dans les pays de l’Union pourrait affecter les performances de la production agricole, lors de la campagne 2023/2024 », peut-on lire dans le document.

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