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Patronat burkinabè: les 5 travaux de Nassa

• Le nouveau président engagé

• Pour un changement profond du CNPB

• Et au renforcement des relations avec les partenaires sociaux

Ça y est. Idrissa Nassa, banquier, patron de Coris Holding, est le nouveau président du Conseil national du patronat burkinabè (CNPB), l’équivalent du syndicat des patrons. L’élection a eu lieu le 24 octobre 2023. Le fondateur de Coris Bank International a obtenu 119 voix contre 54 pour le président sortant, Apollinaire Compaoré, patron de Wend Kuni Bank. Un banquier remplace un autre à la tête du CNPB.

« Je ne suis pas le gagnant, parce qu’à mon avis, il n’y a ni vainqueur ni vaincu dans cette compétition », a affirmé, à l’issue des votes, Idrissa Nassa. Le nouveau «serviteur » des patrons s’engage pour 5 ans, pour un patronat à l’avant-garde de la prospérité du Burkina Faso, à travers les 5 axes de son programme.

La première action qu’il compte entreprendre est de redynamiser et autonomiser le CNPB.

Idrissa Nassa pourra se baser sur les acquis de ses devanciers, afin de redynamiser et autonomiser le CNPB. On peut citer, entre autres : une amélioration de la visibilité du CNPB par l’organisation de la Rencontre des patrons d’Afrique au Burkina (REPAB) ; la participation au dialogue social et au dialogue secteur public/privé ; le renforcement de la gouvernance et la participation à la promotion de l’employabilité des jeunes, ainsi que le perfectionnement des ressources humaines des entreprises.

Les membres du Conseil, a appris L’Economiste du Faso, contribuent à près de 80% aux recettes de l’Etat, soit en moyenne 1.000 milliards FCFA par an. En 2021, selon une étude de l’Office national de l’emploi et de la formation, il ressort que le nombre total d’emplois créés est de 10.859.999 pour le privé et 428.871 pour le secteur public. Des performances qui sont mis aux défis par les problèmes sécuritaires au Burkina Faso.

Le nouveau président entend aussi instaurer un partenariat dynamique avec l’administration publique. A ce niveau, nul doute que le sujet de la révision du Code du travail soit remis sur la table de discussion entre patrons, syndicats et gouvernement. Le projet de loi portant relecture du Code du travail a été de nouveau retiré de l’Assemblée législative de transition. « Le processus ayant abouti à l’adoption de ce projet de loi fait déjà l’objet de contestation de la part des partenaires sociaux, à travers le Conseil national du patronat burkinabé et les syndicats des travailleurs, à travers l’Unité d’action syndicale… », a expliqué le ministre d’État, ministre de la Fonction publique, Bassolma Bazié, début janvier 2023, sur les antennes de la RTB.

Renforcer les relations avec les partenaires sociaux

C’est le 3e axe du mandat du nouveau président de la CNPB. A ce niveau, l’augmentation du salaire minimal interprofessionnel garanti (SMIG) servira de base. En juin 2023, le patronat et les centrales syndicales se sont accordés sur une augmentation du SMIG à 45.000 FCFA.

Bien avant cela, c’est le président de la Transition qui avait donné le ton. Il a réuni, en décembre, le CNPB et l’ensemble des coordinations des syndicats des différents départements ministériels. Sujet évoqué, les contributions à l’effort de guerre et l’insécurité. Des sujets qui devraient être au cœur des échanges entre les deux institutions tout au long du mandat du nouveau président du CNPB.

M. Nassa entend aussi développer les capacités des PME/PMI. Les petites entreprises (chiffre d’affaires annuel hors taxes compris entre 30.000.000 FCFA et 100.000.000 FCFA inclus) et les moyennes entreprises (chiffre d’affaires annuel hors taxes compris entre 100.000.000 et 1.000.000.000 FCFA inclus) font face à des préoccupations touchant au climat des affaires, comme la fiscalité, la règlementation commerciale, les marchés publics, le renforcement des capacités et l’accompagnement, les facteurs de production et les infrastructures, l’accès au financement pour les entreprises, la planification économique et plus généralement, les questions tendant à rendre le secteur privé plus performant. En tant que patron de banque, nul doute que Idrissa Nassa saura quels leviers activer pour développer les capacités des PME/PMI.

… le serviteur des patrons

Le dernier axe est de « développer un nouveau partenariat à l’international ». Une ambition qui est la continuité du plan stratégique 2020-2024 du CNPB qui prévoit l’amélioration de la visibilité, l’accessibilité et l’image de marque du CNPB.  L’on compte déjà l’organisation de la Rencontre des patrons burkinabè (REPAB). La REPAB est un forum d’échanges entre les membres du CNPB, les autorités et le monde des affaires dont la contribution directe ou indirecte ne saurait faire défaut dans la relance économique minée par la double crise sécuritaire et sanitaire à laquelle fait face le secteur privé burkinabè.

« J’ai besoin de tous pour réussir mon mandat, je ne serai pas le patron des patrons, mais le serviteur des patrons », a affirmé Idrissa Nassa, à l’issue des élections. Il a ensuite rendu hommage à Apollinaire Compaoré, président sortant, et remercié les autorités politiques qui ont bien voulu accompagner le processus sans s’ingérer. 

« Je transmets mes sincères remerciements, au nom du monde des affaires du Burkina Faso, à Son Excellence le chef de l’Etat, le Capitaine Ibrahim Traoré, ainsi qu’à son gouvernement. Je voudrais les rassurer que le secteur privé continue de jouer sa partition pour le bon fonctionnement de l’économie, pour accroître la résilience du pays et conforter sa position dans la sous-région. Je vous donne rendez-vous sur les chantiers du développement économique et social du Burkina Faso », a-t-il conclu.

ESS

 

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