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Rebranding Africa Forum 2023: encore un pari tenu

• L’inclusion financière des populations africaines discutée

• Banques et Fintech, le duo gagnant

• Une règlementation adaptée réclamée par les professionnels

La 9e édition du Rebranding Africa Forum s’est achevée le 21 octobre 2023, avec la traditionnelle remise des RAF Awards 2023, à Bruxelles, avec comme invité de marque le président de la Sierra Leone. Cette cérémonie a été l’occasion de l’annonce de la date officielle du prochain Forum, ce sera du 17 au 19 octobre 2024. Le thème retenu pour cette 10e édition est : « Construisons l’Afrique ensemble ». Un thème toujours en lien avec le développement du continent comme celui de la 9e édition qui s’est penchée sur comment impulser l’inclusion financière, à travers le thème : « Les systèmes financiers africains en mutation, concilier authenticité et modernité : les chemins de l’inclusion financière ».

Plus de 500 participants ont assisté à cette 9e édition dont le ton a été donné le 20 octobre, avec le Business cocktail. Le fondateur du RAF, Thierry Hot, a trouvé les mots justes pour résumer le thème à l’ouverture du Forum : concilier l’impératif de modernité à l’exigence d’authenticité. Le président de la BIDC (Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO), George Agyekum Odonkor, lors des communications inaugurales, tout en rappelant les actions de son institution en soutien à l’économie et au commerce, a mis le doigt sur la nécessité de règlementer autrement le secteur. Pour lui, la règlementation doit soutenir l’innovation, portée aujourd’hui par les Fintech.

Car, l’inclusion financière est essentielle pour développer le continent où domine le système financier traditionnel. La technologie est indispensable, estime le président de la BIDC, pour faire le lien entre modernité et authenticité. Des systèmes de financement traditionnel existent sur le continent et les banques et les Fintech peuvent capter ces personnes exclues via des produits et supports novateurs. Mais, prévient-il, les nouveaux systèmes doivent inspirer la confiance et rassurer les utilisateurs sur la sécurisation de leurs actifs, si l’on veut réussir une inclusion financière complète.

La vice-présidente de Afrexim Bank, quant à elle, va plus loin. C’est une révolution que nous devons réaliser pour lutter contre la pauvreté. Elle soutient que 20% des populations africaines ont accès à un compte bancaire. Beaucoup commercent avec des moyens informels sans accès aux crédits ni à l’assurance-crédit. Elle fait le plaidoyer pour lever tous les obstacles, afin de booster l’inclusion financière tout en appelant à une « règlementation équilibrée » qui préserve les intérêts des acteurs.  La vice-présidente de Afrexim Bank a rappelé les efforts de son institution pour améliorer l’accès aux crédits et aux marchés des PME pour booster leurs activités. Elle a également attiré l’attention des participants de porter un regard accru sur les paiements transfrontaliers.

Le constat est qu’ils sont faibles, mais un système panafricain de paiement tel que projeté par certaines institutions pourrait booster et les flux commerciaux et les flux financiers tout en améliorant l’inclusion financière.

Le gouverneur de la BEAC (Banque des Etats de l’Afrique centrale, Abbas Mahamat Tollia, dans cette même direction, a rappelé que la Banque centrale était en train de créer les conditions pour booster la finance inclusive. Trois pays de la communauté économique participent à la mise en œuvre d’une stratégie régionale dans le cadre d’un programme pilote. L’objectif est d’arriver à une interconnexion des 6 pays membres.

A.T

Encadré

Natacha Dimban, paneliste experte à l’Observatoire de la Fintech

La Fintech va-t-elle révolutionner l’inclusion financière ?

Je pense que c’est l’une des clés très importantes, mais pas l’unique, parce qu’aujourd’hui, en fonction des pays, les taux de bancarisation, même s›ils varient, restent très faibles. Et les Fintech qui sont sur le payement permettent de créer des synergies avec des banques, afin que ces dernières puissent adresser un marché qui, de facto, leur reste inaccessible. Cela crée donc une étape très importante. Si cette bancarisation ne se fait pas via la synergie banque/ Fintech, l’essor des Fintech a quand même le mérite de faire bouger les banques, afin qu’elles rattrapent leur retard technologique pour atteindre plus de clients.

N’y a-t-il pas une sorte de concurrence qui ne dit pas son nom entre banques et Fintech ?

Les Fintech ne sont pas là pour faire la concurrence aux banques. En Afrique, on aura les mêmes Fintech qu’en Europe, même si on doit tenir compte de la réalité. Il y a de réelles synergies à faire entre là où la banque sera fragilisée par la lourdeur administrative, alors que les Fintech vont faire preuve d’agilité et répondre plus facilement aux demandes du marché. Donc, au lieu de les voir comme ennemis, il faut plutôt miser sur la collaboration, la complémentarité. C’est la première fois que je participe, je ne savais pas à quoi m’attendre et finalement, c’était bien. J’ai rencontré beaucoup de décideurs, des gens qui ne se contentent pas de rêver mais font. Je suis très heureuse d’être là, de pouvoir m’inspirer de ces personnes-là et partager mon expérience.

 

Encadré

Paule Renée Etogo-Ebongue (Déléguée générale du Rebranding Africa Forum) : « Du made in Africa for African »

Tout d’abord, j’éprouve une profonde satisfaction d’avoir pu réunir l’Afrique au cœur de l’Europe, grâce à la collaboration et la contribution de nos partenaires, et surtout mettre en avant les besoins du continent en matière d’inclusion financière. Nous avons bien remarqué que les femmes sont la cheville ouvrière dans la société, les personnes de référence des familles, elles sont le moteur des familles autant au niveau de l’organisation que de la gestion des finances. C’est également la partie de la population qui est la plus isolée, qui a moins accès aux services bancaires.  On a compris que si on arrive à leur autonomisation via des produits et instruments adaptés, on va faire un saut en avant en ce qui concerne l’inclusion financière du continent africain.

Ce forum a été l’occasion de pouvoir échanger, de pouvoir aspirer à un modèle différent qui soit plus compatible avec la réalité africaine et qui prend en considération l’identité originale de notre société. Nous nous sommes demandé comment réinventer le système bancaire qui serait le « made in Africa for African». Après 48h, je peux juste être satisfaite et je remercie nos partenaires, les sponsors qui nous ont accompagnés jusqu’à présent, toutes les institutions qui ont permis de par leurs contributions et leur présence que notre forum ait lieu.

Ce qui fait attirer les participants au RAF, c’est la qualité des interventions, la qualité des contributions des panelistes, la qualité des réseaux proposés. C’est cela qui fait courir les gens au Rebranding Africa Forum. C’est également la capacité de se réinventer, de ne jamais avoir le même modèle de forum chaque année, et surtout de ne jamais avoir les mêmes personnes qu’on rencontre. C’est cette particularité qui fait qu’il y a des participants qui reviennent chaque année.

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