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Souveraineté alimentaire: une hausse conséquente du budget demandée pour 2024

• Pour donner à manger à tous les Burkinabè

• Le Commandant Sombié interpelle les députés

• Budget en baisse de 2020 à 2023

Le gouvernement de transition a besoin de plus de 600 milliards FCFA pour emblaver des terres cultivables, acheter des semences, des engrais et des tracteurs, construire des forages, mobiliser du personnel technique…pour rendre la souveraineté alimentaire réelle au Burkina Faso. Dans sa guerre contre la « faim », l’Etat burkinabè doit mobiliser 592 milliards FCFA pour soutenir l’offensive agropastorale et halieutique 2023-2025 et plus de 22 milliards FCFA pour soutenir l’Initiative présidentielle pour la production agricole (IPPA) 2023-2024. Pour l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire, le gouvernement de transition compte sur l’appui des partenaires techniques et financiers (PTF), à travers des appuis budgétaires et des dons. En sus, au regard du fait que la filière agropastorale est porteuse en termes de création d’emplois et de richesse nationale, le concours du secteur privé est sollicité.

78,43 milliards FCFA en 2021, contre 77,77 milliards FCFA en 2022

Le seul hic dans cette conquête de souveraineté alimentaire est malheureusement le faible appui de l’Etat lui-même en termes d’allocation budgétaire. Et c’est le ministre de l’Agriculture, des Ressources animales et halieutiques, le Commandant Ismaël Sombié, qui a fait cette confession aux députés de la Commission finances et du budget (COMFIB) de l’Assemblée législative de transition (ALT). Il dit en vouloir pour preuve que de 2020 à 2023, le budget alloué au secteur agro-sylvo-pastoral n’a pas été à la hauteur des attentes.  Devant les élus, le ministre s’est dit « désolé » de constater que malgré les grandes ambitions du gouvernement d’arracher sa souveraineté alimentaire, l’allocation budgétaire est en net recul par rapport aux années antérieures. Sur ce, il a invité les représentants du peuple à une hausse du budget du secteur agropastoral au titre de l’année 2024 et à venir. Mais avant, il a rappelé que pour ce qui concerne la situation de l’exécution budgétaire du ministère, il ressort que le budget alloué en 2021 était de 78,43 milliards FCFA, contre 77,77 milliards en 2022. Au 31 décembre, ces budgets ont été mis en œuvre à hauteur de 87,12% pour l’année 2021 et de 86,99% pour l’année 2022. En ce qui concerne l’année en cours, le taux d’exécution du budget est de 74% au 31 octobre, pour un budget de 78,54 milliards FCFA. « Le ministre a fait remarquer que le budget alloué au département est stagnant, avec une tendance baissière, ce qui, selon lui, est en contradiction avec la nécessité d’assurer une autosuffisance alimentaire pour les populations et de tendre vers une exportation, afin de créer de la richesse. Dans le souci de changer le paradigme, le ministre a souhaité une rupture avec cette stagnation et cette tendance baissière pour aller vers une tendance à la hausse pour accroître les résultats. Profitant de l’occasion, le ministre a rappelé qu’en 2024, le gouvernement entendait accroître de façon significative et substantielle les productions agropastorales et halieutiques.

Le Capitaine Ibrahim Traoré en fait son cheval de bataille

L’atteinte de cette souveraineté alimentaire passe par l’offensive agropastorale et halieutique 2023-2025. La hausse du budget va permettre l’achat d’environ 33.000 tonnes d’engrais et 5628 tonnes de semences à la disposition des producteurs, 176.314 tonnes de vivres pour les personnes vulnérables, 8.000 litres de produits phytosanitaires et 1.500 hectares de superficie à irriguer à Samandéni. Il est également prévu des vaccins pour les animaux et des kits de noyau reproducteur pour la reconstitution du cheptel fortement affecté par la crise sécuritaire. En rappel, cette souveraineté alimentaire est une volonté politique affichée du président de la Transition, le Capitaine Ibrahim Traoré. C’est du reste, la principale mission assignée au ministère de l’Agriculture, des Ressources animales et halieutiques. A en croire le Commandant Ismaël Sombié, ministre en charge de l’agriculture, c’est près de 80% de la population active qui vit du secteur agricole au Burkina Faso.

Ambéternifa Crépin SOMDA

 

Encadré

22 milliards FCFA pour soutenir l’Initiative présidentielle pour la production agricole (IPPA) 2023-2024

L’objectif de l’Initiative présidentielle pour la production agricole (IPPA) 2023-2024 est d’emblaver 14 000 hectares. Le projet a été estimé à 22 milliards FCFA. L’objectif principal de l’Initiative est de produire 190 000 tonnes pour la première année.  Pour l’hivernage, il est prévu au minimum 60 000 tonnes pour les céréales, 5 000 tonnes pour les tubercules et 5 000 tonnes pour les proténo-oléagineux. La production va se poursuivre au cours de la contresaison pour les légumes.

 

Encadré 2

592 milliards FCFA pour soutenir l’offensive agropastorale et halieutique 2023-2025

L’offensive agropastorale et halieutique 2023-2025 vise à permettre au Burkina Faso d’assurer sa souveraineté alimentaire et la création d’au moins 100 000 emplois décents dans le secteur agropastoral pour les jeunes, les personnes déplacées internes (PDI) et les volontaires pour la défense de la patrie (VDP). 8 filières concernées : le riz, le maïs, la pomme de terre, le blé, le poisson, le bétail/viande, la volaille et la mangue. Le coût est de 592 milliards FCFA et sera financé à hauteur de 46% par les ressources publiques.  Les 54% du budget restants équivalant à 317 milliards FCFA seront financés par les ressources privées.o

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