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Journées agroalimentaires: pari tenu pour la 12e édition

• Du savoir-faire local à découvrir dans 200 stands

  Le défi du consommer local dans un contexte de résilience en marche

Séance de coupure du ruban inaugural de la 12e édition des JAAL (Ph. : Yvan Sama)

Le temps de près d’une semaine, Ouagadougou aura été la capitale de l’agroalimentaire du Burkina et d’ailleurs. C’est en effet sur le site du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIA0) que s’est ouverte, le 28 novembre 2023, et ce, pour cinq jours, la 12e édition des Journées agroalimentaires (JAAL). Cet évènement est organisé par la Fédération des industries agroalimentaires du Burkina (FIAB). Son ouverture a été marquée par une cérémonie dont l’éclat a été rehaussé par la présence de plusieurs personnalités, dont le grand Chancelier des Ordres burkinabè, le Général Pingrenoma Zagré, représentant le chef du gouvernement.

« Couple certification-labellisation et propriété intellectuelle : quelle politique d’innovation pour les PME/PMI agroalimentaires dans la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) », c’est sous ce thème général que s’est tenue cette 12e édition. Pour les organisateurs de l’évènement, l’objectif visé, à travers ce thème, est de « susciter une prise de conscience collective et un engagement patriotique de tous les Burkinabè pour le consommer local ».

Les JAAL 2023, cette vitrine de valorisation des produits nationaux, ce sont cinq jours d’expositions-ventes avec environ 200 stands et salons professionnels. Les exposants sont venus des différentes régions du Burkina mais aussi d’autres pays, notamment, le Mali, le Tchad, l’Allemagne et le Japon. Dans les stands, visiteurs et acheteurs ont l’embarras du choix entre une diversité de produits agroalimentaires et des services connexes. Un cadre idéal, selon les organisateurs, pour faire découvrir les innovations dans le domaine de l’agroalimentaire mais aussi de rencontrer de nombreux clients nationaux, sous-régionaux et internationaux.

 Mais il n’y a pas que les expositions-ventes au programme des JAAL qui sont surtout un moment de réflexion sur le développement du secteur de l’agroalimentaire. Car, plus que jamais, ce secteur doit relever de multiples défis. C’est le Secrétaire exécutif de la FIAB, Modeste Ouédraogo, qui l’a dit d’ailleurs en ces termes : « La présente édition se tient dans un contexte socioéconomique difficile marqué par la crise sécuritaire et humanitaire qui a eu des effets perturbateurs dans les domaines de la production agro-sylvo-pastorale, halieutique et faunique, mais aussi dans ceux de la transformation et surtout en matière de commercialisation ». Et d’ajouter que ce secteur « fait face à des contraintes au titre desquelles : la désarticulation des systèmes d’approvisionnement ; les difficultés d’accès au crédit du fait des risques liés au marché et la fluctuation des prix ; la faible attraction des acheteurs et investisseurs internationaux ». Ainsi, il s’agit, à travers les réflexions, de trouver des réponses aux préoccupations liées, notamment, à l’approvisionnement de la population en produits nationaux ; l’intensification et l’accroissement durable de la production agricole ; l’optimisation des procédés de transformation agroalimentaires pour créer de la valeur ajoutée aux matières premières agricoles tout en limitant l’épuisement des ressources naturelles (eau, terre et biodiversité).

En dehors des panels, les Journées agroalimentaires 2023, c’est aussi une Bourse des céréales qui vise à favoriser la mise en relation de l’offre et la demande de produits agricoles, afin de nouer des relations durables entre les acteurs et opérateurs, acheteurs et vendeurs mais aussi de promouvoir la commercialisation des productions agricoles des régions excédentaires vers celles déficitaires ; des journées dédiées aux enfants ou « Journées Stimulus » dont l’objectif est de stimuler l’amour pour la consommation des produits agroalimentaires nationaux chez les enfants ; des rencontres B2B, etc.

 Des innovations, les 12e JAAL n’en manquent pas. Il y a, notamment, l›organisation de The futur of Laafi riibo, une initiative pour favoriser des collaborations entre la recherche et des porteurs d’innovation pour une innovation ouverte et responsable. Et cela, à travers le lancement d’un appel à candidatures pour la sélection et l’accompagnement de 15 entrepreneurs. Une autre innovation est la tenue d’un Forum panafricain des industries agroalimentaires, un cadre offert aux acteurs au niveau africain, pour réfléchir sur l’avenir du secteur agroalimentaire sur le continent. Justement, sur l’avenir de ce secteur, le Premier ministre burkinabè, Apollinaire Kyelem, pense que « pour une agro-industrie résiliente, prospère, dynamique et compétitive dans le contexte de la ZLECAF, les acteurs du secteur doivent travailler à renforcer la qualité des produits nationaux, à travers la normalisation, la certification et la labélisation ».

 Béranger KABRE (Collaborateur)

Encadré

L’agroalimentaire, vital pour l’économie nationale

En engageant la réflexion sur le développement de l’agroalimentaire, les acteurs du secteur sont convaincus que celui-ci est vital pour l’économie nationale, notamment, dans son volet transformation. « Au regard du besoin de consommation de la matière première issue de ce secteur, la transformation constitue un maillon essentiel de la chaîne de valeurs agricole, stimule la production et crée de la valeur ajoutée pour l’économie du pays. C’est cette transformation qui produit de la plus-value dans la constitution du PIB et de cette transformation dépend l’augmentation des revenus des producteurs », a, en effet, soutenu le ministre délégué chargé des ressources animales, Amadou Dicko, lors de la cérémonie d’ouverture des JAAl.

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