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Centrafrique: Le Gouvernement dénonce une tentative de coup d’Etat

«Les violences qui ont frappé la République centrafricaine (Rca), la semaine dernière, étaient coordonnées par une coalition de forces négatives voulant renverser le pouvoir», a accusé le 14 octobre dernier, le Gouvernement intérimaire, sans identifier ces «forces».

Selon lui, de l’argent ainsi que des armes lourdes et légères avaient été distribués à une partie de la population de Bangui pour déstabiliser la capitale. Dans un communiqué, le Gouvernement ajoute que l’objectif était de «semer la terreur et d’exiger la démission de la présidente de transition, Catherine Samba-Panza, et de son Premier ministre».
La capitale centrafricaine a été secouée par cinq jours de violences intercommunautaires, qui ont fait au moins dix morts depuis le 6 octobre dernier. En réaction à des meurtres attribués à des musulmans, des barricades ont été érigées par des individus se réclamant des anti-balaka – des milices majoritairement chrétiennes qui avaient mené une impitoyable chasse aux musulmans au début de l’année –, jusque dans le centre-ville.
Des affrontements violents les ont opposés aux forces nationales et étrangères (françaises, européennes et onusiennes) déployées à Bangui. Ces violences ont été accompagnées de pillages de commerces et d’habitations. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (Hcr), a estimé que ces violences avaient contraint plus de 6.500 personnes à quitter leurs foyers. « Mais ce nombre pourrait être très supérieur, car nous n’avons pas pu confirmer les chiffres, faute d’avoir pu accéder aux camps de réfugiés dans la ville et dans ses environs», a précisé le Hcr dans un communiqué, publié le 14 octobre. Selon le Hcr, il y a en Rca environ 410.000 personnes déplacées, dont plus de 60.000 à Bangui. En outre, quelque 420.000 Centrafricains ont fui vers les pays voisins.
Alors que le calme est plus ou moins revenu depuis le 12 octobre, le Hcr dénonce dans son communiqué les difficultés rencontrées par les secours lorsqu’ils essayaient de venir en aide aux populations. La coordinatrice humanitaire principale de l’Organisation des nations unies en Rca, Claire Bourgeois, a par ailleurs dénoncé l’utilisation d’enfants par les belligérants lors des violences de la semaine passée. Mme Bourgeois a également évoqué «les assassinats brutaux d’au moins trois enfants, deux garçons qui étaient accusés d’ «espionnage» et un garçon de 8 ans [touché par] une balle perdue».
Elle signale aussi que «les organisations humanitaires ont pu observer un grand nombre d’enfants aux postes de contrôle de plusieurs barricades à Bangui» et que «plusieurs enfants ont été utilisés durant les manifestations».

 


 

Une présidente de plus en plus désavouée

Ces nouveaux affrontements interviennent dans un contexte politique délétère, marqué par la polémique de l’«Angolagate», un don de 10 millions de dollars (7,9 millions d’euros) offert par Luanda, dont le quart du montant n’a jamais rejoint les caisses de l’Etat.
La présidente de transition, Catherine Samba-Panza, s’est défendue de toute malversation et a menacé de révéler «la longue liste des bénéficiaires», mais le mal est fait. Le venin de la suspicion s’est répandu dans les esprits. Désavouée par les groupes armés, Mme Samba-Panza est également en conflit ouvert avec le deuxième personnage de l’Etat, le président du Conseil national de transition (Cnt), l’organe législatif intérimaire. Sous pression de milices qui ne veulent pas perdre leur influence et leurs prébendes, de politiques aux intérêts non convergents, le pouvoir a dénoncé, par la voix du Premier ministre, Mahamat Kamoun, un «grand complot contre le peuple centrafricain».

NK

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