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SAP Olympic Le travail reprend bientôt

A la faveur d’une visite guidée, le 20 mai dernière , la directrice générale de SAP Olypmic, Isabelle Garango, a permis aux visiteurs d’une matinée de se faire une idée des conséquences de la grève qui aura duré 4 mois.

Après ces longs mois d’occupation des locaux jugée illégale, le travail va enfin reprendre. Les grévistes ont libéré les lieux le 7 mai dernier. Ainsi, 359 travailleurs sur les 400 qui étaient employés se sont fait recenser et se disent prêts à reprendre le travail dès que la «SAP sera opérationnelle matériellement et techniquement». En attendant, les agents et l’administration font le point des 4 mois sans production ni vente. Cela nécessitera des frais pour la remise en route de l’outil de production de cette entreprise qui est déjà dans une mauvaise passe.

Isabelle Garango et ses collaborateurs ont expliqué les difficultés nées de la grève. (DR)
Isabelle Garango et ses collaborateurs ont expliqué les difficultés nées de la grève. (DR)

Quatre mois de grève! Rarement vu sous nos cieux. La crise qui secouait la Société africaine de pneumatiques (SAP Olympic) est certes rangée dans les oubliettes, mais elle aura créé bien des dégâts : 4, 8 milliards de perte selon la direction. Cela donne dans les détails: 2,5 milliards en production, 1,5 milliard en commercialisation et 600 millions de perte enregistrée par l’état au titre des impôts et droits de douane. Du côté des travailleurs, cela fait 200 millions de rémunération non versée.
Maintenant que l’on se prépare à la reprise, les responsables procèdent à la vérification de la chaîne de production l’usine composée de 267 machines fonctionnant l’une après l’autre. En clair, il faut s’assurer qu’aucune de ces machines n’est défaillante avant toute reprise.
La survie de la SAP dépendra de nombreux paramètres. La directrice générale de la société a elle-même décrit ces paramètres. Il s’agit, entre autres, de la révision de tous les équipements, une solution à trouver face à la concurrence, l’identification d’un médiateur «neutre» en vue de renouer un dialogue social et recréer un début de climat de confiance entre la direction et le reste du personnel.
A cela s’ajoute un audit financier et économique qui aura le mérite de confirmer la situation financière de la SAP Olympic. En tout état de cause, la direction générale de SAP Olympic prévient : «Aucune revendication ou négociation salariale, de quelle que nature que ce soit, n’est envisageable désormais à court terme. La raison, expliquent les premiers responsables de la SAP : «Le personnel gréviste et occupant du site de la société a scié la branche sur laquelle il était assis». Les caisses de la SAP sont donc «vides» alors que cette dernière doit respecter ses engagements financiers auprès de ses partenaires qui lui font encore confiance.

Ousséni Diawara, directeur technique de la SAP, a guidé la visite à l’intérieur de l’entreprise. (DR)
Ousséni Diawara, directeur technique de la SAP, a guidé la visite à l’intérieur de l’entreprise. (DR)

Tirant le bilan de ces 4 mois de grève, la direction générale de SAP a regretté que l’usine, les ateliers et les bureaux aient été «illégalement occupés». Citant de nombreux passages du Code du travail qui donnaient libre droit à l’administration d’agir, donc de sanctionner pénalement.
La reprise prochaine des activités de la SAP est rendue possible grâce à une négociation sur les deux points de revendication faisant l’objet de décisions non exécutoires du conseil arbitral du 5 novembre 2013 (indemnités de logement pour tout le personnel qui n’en bénéficie pas encore et une augmentation de la rémunération).

Responsabiliser les délégués du personnel
Maintenant que les grévistes ont libéré les lieux et que le travail pourra reprendre, la direction générale de la SAP promet de renforcer la communication, de responsabiliser les délégués du personnel et de faire de la rigueur un maître-mot. A écouter la direction générale de la SAP, l’acte des grévistes était illégal, car l’article 386 du Code du travail précise que l’exercice du droit de grève ne doit s’accompagner, «en aucun cas, d’occupation des lieux de travail ou de leurs abords immédiats, sous peine de sanctions pénales par le législateur». Mais la direction n’a pas voulu prendre cette option.
SAP Olympic est une industrie à 100% burkinabè et qui se maintient difficilement sur le marché des pneumatiques des deux roues à cause de la concurrence déloyale, alimentée surtout par la fraude, dénoncée à plusieurs reprises lors des rencontres Gouvernement /Secteur privé.
La direction tente donc le pari d’un nouveau départ et d’un nouveau dialogue social interne.
J B


SAP Olympic en bref

Depuis février 1974 (plus de 40 ans), SAP Olympic fabrique des pneumatiques et des chambres à air pour les deux roues. A cela s’ajoutent les articles techniques en caoutchouc (sur commande). La distribution locale des produits de SAP se fait par l’intermédiaire d’agents commerciaux. À l’extérieur, les ventes se font au départ de l’usine. L’export concerne des pays comme le Mali, la Côte d’Ivoire et le Togo.

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