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Gouvernement/Transporteurs : Les dessous de l’accord

Le 8 novembre dernier, le gouvernement a annoncé une augmentation des prix du carburant de 75 FCFA sur le litre du gasoil et du Super. Si les explications sur la nécessité d’augmenter les prix sont plus ou moins comprises, aucune explication cependant sur le niveau de la hausse.
Pourquoi pas 50 FCFA au lieu de 75 FCFA? A cette question, le gouvernement est resté aphone. Très peu d’explications pour justifier ce montant. Un peu de pédagogie aurait peut-être aidé à faire mieux passer la pilule.
Sa préoccupation était ailleurs: comment contenir la flambée des prix qui risque de suivre cet événement? Il fallait donc trouver des pare-feu.
Apparemment, le gouvernement avait sa petite idée sur comment gérer la situation. Il avait, à l’occasion de cette hausse, annoncé des mesures, sans toutefois les dévoiler.
C’est désormais chose faite, avec les premiers résultats des concertations engagées entre le gouvernement et les transporteurs. Ces derniers ont décidé de ne pas répercuter la hausse des prix du carburant sur le coût des transports (marchandises et passagers). C’est une bonne chose. Ainsi, le gouvernement ôte tout argument et tue dans l’œuf toutes les augmentations sur les produits de consommation, notamment de base.
Mais ce contrat entre les transporteurs organisés et le gouvernement tiendra-t-il vraiment? Ou, du moins, combien de temps va-t-il tenir? Quid des transporteurs qui ne sont pas affiliés? Sont-ils concernés par les termes de l’accord? Car le parc n’est pas constitué que de gros transporteurs. Il y a tous ces petits cars de 12 et 18 places qui desservent la plupart des contrées et dont les propriétaires échappent à tout contrôle.
Lors de l’annonce de l’accord, curieusement, aucune des parties n’a dévoilé les termes exacts du pacte qui permet de garder le statut au niveau des transports. Selon les informations de L’Economiste du Faso, les représentants des transporteurs ont soumis un document en 12 points au gouvernement.

Il y a eu un accord sur 4 points à l’issue des concertations
La première porte sur la réduction du nombre de la visite technique au niveau du CCVA. Les transporteurs ont obtenu que ce nombre passe de 4 à 2. Ce n’est pas le coût qui gêne les patrons, mais la durée des immobilisations de leurs outils de travail à l’occasion de ces visites. Cette réduction leur permet de gagner une à deux semaines d’activités supplémentaires. Un arrêté est attendu d’ici la fin du mois de novembre pour régler cette question. Le second point d’accord porte sur la patente. Elle devrait passer de 3.000 FCFA à 1.500 FCFA selon les informations auxquelles nous avons eu accès. C’est un levier qui est actionnable par le gouvernement dans des délais raisonnables.
Le troisième point d’accord est la réduction des gendarmes couchés sur les routes nationales. Un recensement de ceux que les transporteurs souhaitent voir enlever est en cours. Les transporteurs sont unanimes sur l’intérêt des ralentisseurs, mais leur grand nombre impacte la consommation des camions et autres cars sur les corridors.
Le ministère en charge de la sécurité routière sera probablement impliqué dans le choix des ralentisseurs à démanteler.
Autre point d’accord qui fait perdre de l’argent aux transporteurs sur les corridors, ce sont les tracasseries routières (voir encadré). Le gouvernement s’est engagé à les éliminer ou, à tout le moins, à les réduire. Le ministère de la sécurité est en charge de ce dossier.
L’accord sur ces quatre points permettra de maintenir un statu quo pendant six mois sur les prix. Une évaluation à mi-parcours est prévue en janvier.
A noter qu’un point important soumis au gouvernement n’a pas pu avoir de solution. Il s’agit de la TVA. Les transporteurs parlent de double imposition au niveau de l’achat du carburant. Cette question technique a été reversée aux prochaines réflexions, parce que relevant de la loi.

FW


Tracasseries routières: du temps et de l’argent perdus

L’observatoire des pratiques anormales (OPA) recense chaque année, dans l’espace Uemoa, les entraves à la libre circulation sur les corridors. Il détaille pour chaque trimestre le nombre de contrôles, le temps perdu et surtout les perceptions illicites faites auprès des transporteurs. C’est ainsi que pour le second trimestre de 2017: «le second corridor où le montant des perceptions illicites reste élevé est le corridor Bamako-Ouagadougou via Hérémankono, avec un montant d’environ 60.000 francs, 21.000 francs sont perçus illicitement sur le territoire burkinabè et 39.025 sur le territoire malien». Sur ce même corridor, la perte de temps due aux contrôles est de 10 mn au 100 km. Cependant, ce n’est pas le corridor où l’on perd plus de temps. La palme est détenue par le corridor Bissau-Dakar avec 37 mn pour 100 km.

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