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Marché financier régional: le Burkina Faso de retour

Cette émission va assurer la couverture des besoins de financement du budget de l’Etat, porté par les services du ministère de l’Economie, des Finances et de la Prospective du Dr Abel S. Somé. (DR)

Le 20 juillet 2022, le Burkina Faso a lancé une émission d’obligations de relance sur le marché financier régional. Elle n’était pas attendue, parce qu’elle ne figurait pas sur le calendrier provisoire de l’Umoa- Titres. Néanmoins, elle permet de confirmer que la signature Burkina reprend des galons sur le marché régional.
Cette fois-ci, le sort a été conjuré. Le pays était à la recherche de 30 milliards, à travers deux opérations, une obligation de relance assimilable du Trésor de maturité initiale de 3 et de 5 ans. Résultat, 30,253 milliards récoltés en quelques heures. Ce montant va assurer la « couverture des besoins de financement du budget de l’Etat dans le cadre de ses plans de relance économique afin de contenir les effets de la pandémie de Covid-19 et renouer avec les performances d’avant la crise sanitaire », a expliqué la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité du Burkina, dans l’annonce de l’émission.

De bons résultats, mais…
Pour ces opérations, l’agence Umoa-Titres a enregistré 20 participants pour 36 soumissions. Et comme c’est toujours le cas, c’est l’obligation de 5 ans qui a attiré le plus de soumissions (22). Pour les deux opérations, le montant global des soumissions était de 22, 503 milliards FCFA, ce qui fait un total de soumissions de 44,753 milliards, dont le pays n’a finalement retenu que 30, 253 milliards.
Le taux de couverture du montant mis en adjudication par les soumissions ressort à 149, 18%. Un bon résultat pour ces opérations menées par le Burkina. Une bonne note pour rehausser la signature pays qui avait été égratignée lors de l’émission de mai où le pays avait contreperformé.
Il reste toutefois du travail à faire au niveau des investisseurs étrangers. En effet, ils n’étaient pas si nombreux à répondre à l’appel à fonds du Burkina Faso. 4 soumissions hors pays ont été retenues par le Burkina. Le Togo vient en tête avec un montant de 3 milliards pour l’OAT de 5 ans. A sa suite, le Mali, avec un montant total de 2,350 milliards FCFA pour les deux opérations. Le Sénégal, quant à lui, a proposé 2,1 milliards FCFA sur l’OAT de 3 ans. La Côte d’Ivoire a été la plus réservée. Le montant des soumissions des investisseurs ivoiriens retenus est de 2 millions. Ainsi, sur les 30 milliards recherchés par le Burkina Faso, les investisseurs de la sous-région ont répondu avec 7,403 milliards FCFA.
D’où viennent alors les bons résultats enregistrés par le pays ? Des investisseurs locaux, à savoir les banques. Elles ont prêté au pays près de 23 milliards FCFA. L’on se rappelle que ces investisseurs locaux étaient déjà privilégiés durant le premier trimestre de l’année. Pour essayer de contrer les impacts du coup d’Etat, les investisseurs locaux ont été privilégiés durant le premier trimestre de l’année, et jusqu’à l’émission du 20 juillet 2020. Au total, les investisseurs résidant au Burkina ont contribué à hauteur de 86,13 milliards FCFA sur les 216 milliards levés par le pays, au cours du premier trimestre. Ce qui représente un pourcentage de 39,87%.o
NK

 

Encadré

Plan de relance économique BCEAO

L’on se souvient que dès le début de la pandémie du Coronavirus, la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest a décidé de soutenir les Etats, à travers des produits entrant dans le cadre des plans de relance économique post Covid-19. Pour l’année 2021, les États ambitionnent de retrouver le taux de croissance économique moyen de 6,5% par an qu’ils réalisaient avant la crise. A cet effet, ils ont mis en place, dans le cadre de leur budget 2021, des plans de relance économique ambitieux. Pour le financement de ces plans, les États ont prévu de faire appel au marché financier régional et de mobiliser des ressources extérieures. Au regard du volume exceptionnel de ces émissions, les Etats, après accord de la BCEAO et en concertation avec l’agence UMOA-Titres, vont structurer et émettre des titres dits « Obligations de relance » (ODR) pour le financement de leurs plans de relance économique, à l’image de ce qui avait été fait pour les « Bons Covid-19 » en avril 2020, au début de la pandémie. Le programme d’émission de l’année 2021 comprend ainsi des Bons du Trésor et des Obligations de relance.
– Les ODR 2021 sont des obligations assimilables du Trésor de maturités de 3 ans, 5 ans, 7 ans, 10 ans, 12 ans, voire plus, émises en 2021, par voie d’adjudication ouverte avec le concours d’UMOA-Titres. Ces titres sont dématérialisés, tenus en compte courant dans les livres de la BCEAO et bénéficient d’avantages spécifiques pour les investisseurs mais également pour les émetteurs souverains. Le Burkina Faso, quant à lui, compte lever via ce nouvel instrument, 100 milliards FCFA avec des maturités de 3, 5, 7 et 10 ans chacun.

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