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Allocations budgétaires: l’éducation en hausse avec 21,93%

• Les taux dans les services sociaux de base régressent

• Ils représentent 42,41% du budget 2023

• Soit plus de 1.000 milliards FCFA

L’insécurité, qui affecte le Burkina Faso depuis 2015, impacte sérieusement sur les allocations budgétaires dues aux secteurs sociaux de base (santé, éducation, agriculture, eau et assainissement) et collectivités territoriales. Le gouvernement burkinabè, qui a souscrit librement à des engagements internationaux, peine à les respecter. Il s’agit de la Déclaration d’Abuja (2001), qui stipule que l’Etat alloue chaque année, 15% de son budget national à la santé ; de la Déclaration de Maputo (2003), qui engage les pays à l’allocation de 10% de leur budget à l’agriculture, en vue d’assurer la sécurité alimentaire ; et du Forum mondial de Dakar (2000), qui prévoit un taux de 20% du budget à l’éducation.

Dans le projet du budget exercice 2023, il ressort qu’à part l’éducation qui respecte la norme mondiale, tous les autres secteurs sociaux de base sont en deçà des engagements signés. Pire, certains secteurs stratégiques tels que la santé, l’agriculture, l’eau et l’assainissement connaissent un recul qui pourrait impacter les résultats escomptés.

Le Centre d’études et de recherche appliquée en finances publiques (CERA- FP), qui a réalisé une analyse citoyenne sur le projet de budget de l’Etat, gestion 2023, rendue publique le 16 décembre 2022, fait le point.

1.000 milliards pour la santé et l’éducation et l’accès à l’eau

A côté de l’urgence sécuritaire, les Burkinabè doivent se soigner, s’éduquer, avoir de l’eau potable pour ne pas tomber malade, etc. En 2023, le gouvernement de Me Apollinaire Kyelem de Tambèla compte injecter la somme de plus de 1.000 milliards FCFA dans les secteurs sociaux de base. L’analyse du budget citoyen, 5e du genre, révèle que les allocations budgétaires allouées (santé, éducation, secteur rural, réduction du coût de la vie, droits humains) sont évaluées à 1.372,277 milliards FCFA. Lequel montant représente 42,41% du budget 2023.

La décomposition par secteur montre que le secteur de la santé va bénéficier de 309,125 milliards FCFA, soit 9,55% du budget total de l’Etat. Le secteur de l’éducation reçoit 709,626 milliards FCFA représentant 21,93% du budget de l’Etat. Le secteur rural est de l’ordre de 234,168 milliards FCFA, soit 7,24% des dépenses de l’Etat.

Le gouvernement interpellé

Les parts budgétaires allouées à la santé et au secteur rural (agriculture), respectivement 9,55% et 7,24%, ne respectent pas les engagements internationaux dans ces domaines, encore moins ceux des partenaires sociaux (20% pour la santé, 30% pour l’éducation). Les rédacteurs du rapport souhaitent que « même si la crise sécuritaire et ses conséquences socioéconomiques sont des facteurs explicatifs de ces parts relativement basses, le gouvernement devrait travailler à rehausser les parts de ces secteurs, en vue de consolider les acquis engrangés par le pays ».

Synthèse de Ambéternifa Crépin SOMDA

Encadré

Quid de la décentralisation ?

Les ressources transférées aux collectivités territoriales sont de 43,359 milliards de FCFA, soit 1,34% du budget de l’État en 2023. Ce montant est très insuffisant, au regard des défis qui restent à relever par les collectivités territoriales en matière de développement local et de gestion des compétences transférées, surtout dans l’éducation, la santé et l’accès à l’eau potable et à l’assainissement.

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