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Lutte contre la corruption: REN-LAC et MBDHP lancent le projet «Faso Hôronya»

• Renforcer le dispositif anticorruption

• Impliquer les citoyens

Le 15 février 2023, le consortium REN-LAC−MBDHP a procédé au lancement  de Faso hôronya (intégrité au Faso). C’était au Centre national Cardinal Paul Zoungrana. La cérémonie a connu la présence de représentants de corps diplomatiques, des ministres, des institutions et corps de contrôle, des  OSC.

Madame Susanne Alldén, lors de son allocution. (DR)

La corruption figure parmi les principaux obstacles au développement économique, politique et social qui affectent aussi bien les pays développés que les pays en développement. En effet, depuis 2016, elle ne cesse de croître au pays des Hommes intègres, selon les différents rapports du REN-LAC. Le dispositif juridique et institutionnel de lutte anti-corruption dont le Burkina Faso s’est doté pendant la Transition politique de 2015 contraste avec cette accentuation des pratiques de corruption. Le REN-LAC reconnait que ce dispositif est favorable à la lutte contre ce fléau, même s’il reste perfectible en certains points. Au regard de la persistance préoccupante du phénomène, le REN-LAC a entrepris l’élaboration d’un plan stratégique 2021-2025 comportant 8 projets, dans le but de contribuer à l’amélioration de la gouvernance des ressources nationales, à travers la mise en place des  mécanismes anti-corruption. La mise en œuvre  du projet «Faso Hôronya» s’inscrit dans le cadre de ce plan et devra permettre, à terme, de contribuer significativement à l’amélioration de la gouvernance au Burkina Faso. Les résultats attendus sont l’appropriation des dispositifs juridiques par les citoyens, le renforcément des capacités des institutions de  lutte contre la corruption, etc. Le projet bénéficie de l’appui financier de l’Ambassade de Suède au Burkina Faso. Pour Susanne Alldén, cheffe de coopération de l’Ambassade de Suède, son pays a répondu favorablement à la requête de financement de ce projet, parce qu’il entre en droite ligne des objectifs de la stratégie bilatérale entre la Suède et le Burkina Faso, qui est de promouvoir une société pacifique et inclusive pour le développement durable, et assurer l’accès à la justice pour tous et mettre en place des institutions efficaces, responsables et inclusives à tous les niveaux. Rappelons également que la Suède est un exemple en termes de bonne gouvernance, au regard des classements des organismes internationaux.

L’Ambassade de Suède au Burkina Faso accompagne «Faso Hôronya»

Le budget du projet est  de quinze millions (15 000 000) de couronnes suédoises, soient neuf cent quarante millions cent quatre-vingt-dix-neuf mille neuf cent quatre vingt-dix-huit (940 199 998)  FCFA au taux de 1SEK=62.68 FCFA.

Selon Sagado Nacanabo, Secrétaire exécutif du REN-LAC, la crise multidimensionnelle que traverse le Burkina Faso est, au fond, une crise de gouvernance. Elle ne peut être jugulée sans une rupture courageuse avec le système mafieux qui a longtemps caractérisé la gestion de l’appareil d’Etat. Cette rupture passe inéluctablement par l’exemplarité au sommet de l’Etat, la sanction systématique des corrupteurs et des corrompus, le gel et le recouvrement des biens mal acquis, la transparence et la redevabilité dans les affaires publiques.

Le consortium, avant de prendre rendez-vous à fin 2025 pour un premier bilan de la mise en œuvre de «Faso Hôronya», se dit conscient qu’infléchir la courbe de la corruption à travers la mise en œuvre de ce projet est un grand défi, surtout dans un contexte difficile marqué par une crise multidimensionnelle. En rappel, selon l’Indice synthétique de perception de la corruption (ISPC), le niveau de corruption connait une hausse substantielle. Concrètement, sur un échantillon de 3000 enquêtés au cours de l’année 2021, il apparait que 85,23% estiment que la corruption est fréquente, voire très fréquente au Burkina Faso, contre 81,95% en 2020 et 75,7% en 2019.

De plus, selon l’ONG Transparency International, l’Indice de perception de la corruption 2022 place le Burkina Faso à la 77e place sur 180, avec un score de 42/100. Plus important, dans le rapport 2022, l’ONG relève un lien entre la corruption et l’insécurité.o

Idrissa ZIDA (stagiaire)

 

Encadré

Les actions prévues en matière de lutte contre la corruption

– Réalisation et diffusion d’une étude sur l’efficacité de la Justice dans la lutte contre les crimes économiques ;

– Organisation de sessions de concertation et de renforcement de capacités au profit des acteurs judiciaires sur la lutte anti-corruption ;

– Organisation de sessions de formation sur la lutte anti-corruption au profit des inspections techniques des services et du CAC ;

– Le déploiement d’outils de système d’information anti-corruption (Pancartes, affiches, boîtes à idées) dans des palais de Justice ;

– Organisation de tribunes d’interpellation des trois pouvoirs sur la lutte contre la corruption ;

– Organisation de séminaires de formation certifiant sur la lutte contre la corruption au profit des acteurs de lutte contre la corruption par les centres de formation.

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