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Lutte contre la corruption: la Déclaration de Niamey pour accentuer la traque

• Un partenariat tripartite

• Entre journalistes d’investigation, institutions publiques et société civile

• Portée par la Cenozo et l’ONU-DC

Du 26 au 28 avril 2023, la Cellule Norbert Zongo pour le journalisme d’investigation en Afrique de l’Ouest (Cenozo) et son partenaire, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONU-CD), ont organisé une rencontre avec des organisations de la société civile du Sahel. Le thème de cette conférence régionale a porté sur l’impact du journalisme d’investigation sur la lutte contre la corruption en Afrique de l’Ouest.

Les échanges ont abouti à un consensus appelé « Déclaration de Niamey ». Cosignée par les journalistes d’investigation, les institutions publiques et la société civile, elle marque un tournant dans la lutte contre la corruption en Afrique de l’Ouest. En effet, elle a jeté les bases de partenariats pour une prise en compte des publications des journalistes d’investigation d’Afrique de l’Ouest dans la lutte contre la corruption et la mauvaise gouvernance. La conférence inaugurale  sur « l’état des lieux de la corruption en Afrique de l’Ouest » a été animée par Adrian Banu, Conseiller régional anticorruption pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre de l’ONUDC, et Issoufou Boureima, ancien président de la Haute autorité de lutte contre la corruption est les infractions assimilées (HALCIA).

Adrian Banu a présenté aux participants la Convention des Nations unies contre la corruption (CNUCC), adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies, à travers la Résolution 58/4 du 31 octobre 2003 et entrée en vigueur le 14 décembre 2005.  Il a indiqué qu’à ce jour, 189 pays avaient ratifié la CNUCC. Le représentant de l’ONUDC a mis en avant l’importance de sensibiliser la population aux méfaits de la corruption et la nécessité pour les citoyens de se joindre à la lutte contre la corruption, en collaboration avec les organes compétents de l’État et les journalistes d’investigation.

Le conférencier a mis en évidence à la fois les progrès réalisés en Afrique de l’Ouest dans la lutte contre la corruption et la mise en œuvre de la CNUCC, ainsi que les défis persistants auxquels sont confrontées les institutions nationales chargées de prévenir, de combattre et de réprimer la corruption et les infractions connexes.

La protection des citoyens et surtout des lanceurs d’alerte est un autre défi. Selon lui, les lanceurs d’alerte jouent un rôle important et sont exposés à des traitements injustifiés, notamment, des suspensions, des renvois, des licenciements, de la coercition, des intimidations, du harcèlement, de la rétrogradation et des réductions de salaire.

2e conférencier, Issoufou Boureima, membre de la Cour des comptes du Niger et ancien président de la HALCIA, a présenté le nouveau mécanisme de lutte contre la corruption, précisément chez les hauts fonctionnaires et les agents des finances publiques au Niger. Ce mécanisme n’est autre que la déclaration des biens. Au total, 3.200 agents de l’État sont assujettis à la déclaration de leurs biens. Issoufou Boureima a également insisté sur la protection des lanceurs d’alerte et des journalistes. Il recommande aux journalistes d’investigation d’adopter de nouvelles techniques d’investigation pour leur protection et celle de leurs sources.

A noter que la Cellule Norbert Zongo pour le journalisme d’investigation en Afrique de l’Ouest (CENOZO) est un réseau de plus de 90 journalistes d’investigation issus des 15 pays membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de la Mauritanie. En 7 ans d’existence et de mise en œuvre d’activités de promotion du journalisme d’investigation, la CENOZO a formé plus de 500 journalistes de l’Afrique de l’Ouest et édité près de 250 enquêtes aux niveaux national et transfrontalier.

NK

Filet

Extrait de la Déclaration de Niamey

… Nous, journalistes d’investigation, institutions nationales de prévention, de lutte et de répression de la corruption et des infractions assimilées et organisations de la société civile, participants à la conférence sur l’impact du journalisme d’investigation sur la lutte contre la corruption en Afrique de l’Ouest, tenue du 26 au 27 avril 2023, à Niamey :

Appelons à l’institutionnalisation de la présente conférence comme cadre de réflexion collective, de partage d’expériences, de propositions pour une meilleure contribution dans l’assainissement de la gestion publique en Afrique de l’Ouest et à un plus grand impact du journalisme d’investigation dans la lutte contre la corruption ;

Prenons l’engagement de renforcer la collaboration entre journalistes d’investigation, institutions de lutte contre la corruption et société civile ;

Décidons de renforcer la synergie d’actions des acteurs de la lutte contre la corruption au sein des pays et entre les différents États ;

Appelons les différents gouvernements à renforcer l’indépendance, l’autonomie et les capacités financières nécessaires à l’exécution de leurs missions de contrôle des finances publiques ;

Interpellons les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Afrique de l’Ouest sur la nécessité de respecter et de faire respecter les différentes Conventions et les Protocoles auxquels nos Etats ont librement adhéré ;

Invitons les législateurs de l’Afrique de l’Ouest à adopter ou à renforcer les lois portant protection des journalistes, des investigateurs et des institutions nationales de lutte contre la corruption, des acteurs de la société civile et des lanceurs d’alerte ;

Exhortons les institutions judiciaires des pays d’Afrique de l’Ouest et de la Mauritanie à se saisir des cas de dénonciations de mauvaise gestion des ressources publiques rendus publics par les médias ;

Invitons les gouvernements à créer les conditions nécessaires au libre exercice du métier de journaliste et de l’indépendance des médias, notamment, d’investigation ;

Appelons les citoyens de l’Afrique de l’Ouest à s’impliquer fortement et à dénoncer systématiquement les cas de corruption, ainsi que les délits d’apparence.

 

Encadré

Renouvellement du bureau à la CENOZO

A la suite de la Conférence régionale de Niamey, le Conseil d’administration de la Cellule Norbert Zongo pour le journalisme d’investigation en Afrique de l’Ouest a renouvelé ses instances dirigeantes.

Voici la composition du nouveau bureau

Sont déclarés élus membres du Conseil d’administration

Président : David Dembélé (Mali)

Vice-président : Anas Anas (Ghana)

Secrétaire générale : Sandrine Sawadogo (Burkina Faso)

Secrétaire chargé de la recherche et de la formation : Isine Ibanga (Nigeria)

Secrétaire chargé de la communication et des relations extérieures : Pierre Claver Kuvo (Togo)

Secrétaire chargé de la mobilisation des ressources et du suivi des partenariats : Jacques Ngor Sarr (Sénégal).o

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