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Institutions d’enseignement supérieur et de recherche: l’insécurité impacte sur le niveau d’étude

Lors du Casem du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche, en mars 2023, le terme d’étudiants déplacés internes a été évoqué (EDI). Rappelant ainsi que ce ne sont pas seulement les classes du primaire qui sont impactées par l’insécurité, mais tout le système éducatif, jusqu’à l’enseignement supérieur et la  recherche. Pour mesurer les défis auxquels fait face ce ministère, L’Economiste du Faso a tendu son micro à son premier responsable. Adjima Thiombiano revient, dans cet entretien, sur la sécurisation des institutions d’enseignement supérieur et de recherche, l’impact de l’insécurité sur le niveau d’étude et les perspectives de son département.

L’Economiste du Faso : En termes de bilan de l’année écoulée, quelle est la situation des équipements au sein des institutions d’enseignement supérieur et de recherche (IESR) ?

Adjima Thiombiano, ministère des Enseignements supérieur et de la recherche :

Depuis 2020, des efforts sont consentis par le gouvernement, à travers les contrats de performances (CDP) signés, en vue de doter ces IESR davantage d’équipements et de matériels adéquats. Ainsi, 2.768 titres d’ouvrages ont été acquis au profit des bibliothèques des 3 principales universités du pays : l’Université Joseph Ki-Zerbo, l’Université Norbert Zongo et l’Université Nazi Boni. D’autres ouvrages sont en cours d’acquisition pour l’ensemble des universités publiques du pays. Il en est de même de l’accès en ligne des ressources documentaires.

En outre, les laboratoires de Physique-Chimie, des Sciences de la vie et de la terre (SVT) des universités publiques sont en train d’être dotés d’équipements d’une valeur de 4, 429 milliards FCFA. De plus, les IESR disposent d’imprimantes, d’ordinateurs, de vidéoprojecteurs, de photocopieurs, de scanners.

Le contexte actuel n’est pas facile pour votre département. Avez-vous engrangé, durant l’année écoulée, des grandes réalisations ?

Malgré le contexte sécuritaire difficile, le taux de réalisation des activités programmées en 2022 est de 90,34%, comparativement à celui de l’année 2021 qui affichait un pourcentage de 89,35%. Parmi les grandes réalisations, on peut citer :

-l’achèvement du bâtiment pédagogique du centre universitaire de Gaoua,

-l’achèvement du rez-de-chaussée de la bibliothèque et des deux amphithéâtres jumelés de 500 et 300 places de l’Université Norbert Zongo ;

-l’octroi de 300 bourses d’excellence aux doctorants pour le renforcement du vivier enseignant ;

-l’acquisition de 11.000 ordinateurs au profit des étudiants ;

-le fort taux d’exécution de l’interconnexion par fibre optique des IESR.

Face à l’insécurité, quelles sont les mesures prises pour la sécurisation des IESR par votre département ?

La sécurisation des IESR passe par les actions suivantes : la sécurisation foncière ; la réalisation de clôtures et la mise en place d’un dispositif sécuritaire. A ce jour, certaines IESR comme l’Université Joseph Ki-Zerbo et l’Université de Dédougou disposent de clôtures. Dans d’autres IESR comme celle de Fada N’Gourma, les clôtures sont en cours d’achèvement.

En outre, des caméras de surveillance sont en cours d’acquisition par des IESR. C’est le cas de l’Université Joseph Ki-Zerbo.  Par ailleurs, des IESR ont enclenché les processus de sécurisation de leurs domaines fonciers.

L’insécurité a-t-elle eu un impact sur le niveau d’étude ?

L’impact de l’insécurité sur le niveau d’étude est, notamment, le ralentissement de la mise en œuvre de la stratégie de résorption des retards académiques.

Au centre universitaire de Dori, un retard important a été observé. Cela a même entrainé la suspension temporaire des cours. Mais ces cours ont repris avec les mesures prises telles que l’héliportage des enseignants de Ouagadougou à Dori pour l’administration des cours, et l’administration des cours à distance (pour les prochains jours).

Je dois ajouter que face à cela, plusieurs stratégies sont mises en œuvre, en vue d’adapter le fonctionnement des IESR au contexte sécuritaire. Il s’agit, entre autres, de l’amélioration de la gouvernance globale des IESR comme moyen de normalisation des années académiques ; des procédures de sécurisation foncière, la réalisation de clôtures ; la prise en compte de la sécurité de toutes les activités (surveillance et sensibilisation) et les cours en ligne, ainsi que l’accès des ressources documentaires en ligne.

Les étudiants déplacés internes. C’est votre nouveau défi. Quelles solutions avez-vous envisagées pour les accompagner ?

Les nouveaux défis sont relatifs aux étudiants déplacés internes (EDI) qui constituent une préoccupation majeure. En effet, le premier Conseil d’administration du secteur ministériel (CASEM) qui s’est tenu le 30 mars 2023, à l’Université Joseph Ki-Zerbo, avait pour thème : « L’enseignement supérieur et la recherche face aux défis humanitaires au Burkina Faso » : quelles réponses pour les étudiants déplacés internes.

En guise de solutions, mon département envisage :

Développer des stratégies pour accompagner les étudiants déplacés ;

– Achever les travaux d’interconnexion et le déploiement de la connectivité des IESR pour améliorer la connectivité des IESR, afin d’améliorer l’apprentissage et la recherche ;

– Sensibiliser les acteurs pour une meilleure résilience ;

– L’impact de l’insécurité sur le monde de la recherche ;

– Difficultés d’accès à certaines stations de recherche ;

– Difficultés de mobilité des enseignants-chercheurs, des chercheurs et stagiaires dans le cadre de leurs activités de recherche.

Propos recueillis par ESS

Encadré

Le besoin en enseignants loin d’être comblé

Le besoin en enseignants dans les institutions d’enseignement supérieur et de recherche (IESR) est-il comblé ? La question a été posée au ministre Adjima Thiombiano, et voici sa réponse : « Le besoin d’enseignants est analysé à travers le ratio étudiants/enseignant permanent. Ce ratio se décline par type d’IESR de la façon suivante :

Universités publiques : 190

Universités privées : 78

Instituts/Grandes écoles publiques : 47

Instituts/Grandes écoles privées : 89

La moyenne nous donne un ratio de 99 étudiants/enseignant permanent, la norme UNESCO du ratio étant de 25 étudiants/enseignant permanent. Au regard de ces ratios, il convient de dire que le besoin d’enseignants est loin d’être comblé ». Il ajoute que des efforts sont consentis annuellement par le gouvernement pour le recrutement de 150 assistants en moyenne.

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