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Programme d’entrepreneuriat communautaire: une initiative portée par l’APEC

• Passer par l’actionnariat populaire pour financer les entreprises communautaires

• Dans l’agriculture, l’élevage, l’agroalimentaire, le textile et les mines

• Lancement des souscriptions prévu pour le 12 juin 2023

Le président du Conseil d’administration de la Société coopérative Bâtir l’Avenir (SCOOP/BA), Aziz Nignan. (Ph. Yvan Sama).

Dans le cadre de la relance des activités économiques au Burkina Faso, le gouvernement a décidé de la création de l’Agence pour la promotion de l’entrepreneuriat communautaire (APEC). Le lundi 5 juin 2023, à Ouagadougou, ses premiers responsables étaient face à la presse pour présenter la structure et le programme d’entrepreneuriat communautaire.

Selon le Directeur général de l’APEC, Karim Traoré, le modèle économique adopté par le Burkina Faso, depuis l’indépendance, a du mal à lui permettre son développement. En effet, « l’Etat s’est désengagé des secteurs productifs, et le secteur privé a du mal à relever le défi d’une véritable industrialisation permettant la transformation de nos matières premières, qui sont vendues brutes sans création de valeur ajoutée. Le chômage des jeunes reste une constante, et les inégalités croissent entre les groupes qui ont des capitaux pour investir et les autres catégories socioprofessionnelles qui se sentent exclues », a-t-il déploré.

Fort de ce constat, les autorités de la Transition ont décidé de s’orienter vers un modèle économique endogène et inclusif, d’où la mise en place de l’APEC. Créée le 21 mars 2023, elle a pour mission d’assurer la mobilisation de l’épargne populaire pour le financement des entreprises communautaires par l’actionnariat populaire, dans les divers secteurs d’activités économiques du pays, notamment, l’agriculture, l’élevage, l’agroalimentaire, le textile et les mines.

Mode opératoire de l’agence

Après identification des projets, l’APEC établit un partenariat avec une société coopérative. Cette dernière organise la souscription aux parts sociales des entreprises communautaires, par actionnariat populaire. Les projets sont lancés par lots, notamment 3 à 5 par lancement. Ensuite, à travers l’agence, l’Etat fait une prise de participation minoritaire pour assurer la survie et garantir la bonne gestion des entreprises. Après le lancement des activités, il est demandé un différé de 2 ans aux investisseurs, avant le début de la distribution des dividendes à partir de la troisième année.

Un lot de 4 entreprises communautaires déjà dans le starting-block

Selon le président de l’APEC, Karim Traoré, il s’agit de l’extension de la Société Faso tomate (SOFATO) avec 2 nouvelles usines de transformation de tomates (Bobo-Dioulasso et Tenkodogo) et une société minière d’exploitation semi-mécanisée de l’or sur 3 sites (3 permis d’exploitation). En outre, il y a le projet de mécanisation et d’intensification agricole qui vise à financer un kit complet de la petite irrigation villageoise (exploitation familiale). Il permettra de créer 1 million d’emplois directs en 2 ans et équiper 100.000 forages de système de pompage solaire.

A cela s’ajoute une centrale d’achat des produits locaux destinée à créer un marché sur des productions agricoles, et organiser la vulgarisation et la vente maîtrisée des principales denrées de première nécessité. A partir de ce jour, ces 4 projets d’entreprises communautaires sont soumis à la souscription par actionnariat populaire.

Selon le président du Conseil d’administration de la Société coopérative Bâtir l’Avenir (SCOOP/BA), Aziz Nignan, SOFATO a été contrainte de revenir à la forme coopérative, suite à des problèmes de légalité rencontrés, après son lancement en 2019.

Ce programme a permis à la société de lever un capital social de 1 milliard FCFA financé à 40% par l’Etat, à travers le Fonds burkinabè de développement économique et social, et 60% ouvert à l’actionnariat populaire.

Le lancement officiel du programme aura lieu ce 12 juin 2023, à la salle de conférences de Ouaga 2000, par le chef de l’Etat, le Capitaine Ibrahim Traoré. A cette occasion, il fera la première souscription aux paniers de projets, suivie de celle des membres du gouvernement et des présidents d’institutions. o

T.A

 

Encadré

Comment souscrire ?

Les frais minimaux de souscription s’élèvent à 15.000 FCFA (5.000 FCFA pour l’adhésion à la société de coopérative et 10.000 FCFA pour une part sociale). La souscription peut se faire par payement électronique ou par virement bancaire.o

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