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Coopération entre le FMI et le Burkina: le Conseil d’administration approuve l’accord

• Plus de 185 milliards FCFA pour réduire la pauvreté

• Avec un décaissement immédiat de 19 milliards

• Les engagements des autorités de la Transition

L’annonce a été faite en fin juin 2023, à l’issue d’une mission du Fonds monétaire international (FMI), à Ouagadougou. Plus de 300 millions de dollars US au profit du Burkina Faso, afin de renforcer la résistance aux chocs et réduire la pauvreté. Cet argent frais est désormais disponible. Le 21 septembre dernier, le Conseil d’administration du FMI a approuvé l’accord, donnant ainsi le top de départ de ce programme économique qui vise à restaurer la stabilité macroéconomique et la soutenabilité de la dette, tout en posant les fondations pour une croissance plus solide et inclusive. Dans les termes de l’accord, un décaissement immédiat de 19,70 milliards FCFA au profit du pays bénéficiaire.

Pour le représentant-résident, Moez Ben Hassine, interviewé par L’Economiste du Faso en juillet dernier, « le nouveau programme vise à réduire progressivement le déficit budgétaire à 3 % du PIB nominal d’ici 2027, pour garantir la soutenabilité de la dette, tout en assurant la protection des populations les plus vulnérables et en créant une marge de manœuvre budgétaire pour les dépenses prioritaires, notamment, l’investissement public et renforcer les filets de protection sociale. La stratégie budgétaire repose sur des mesures visant à accroître les ressources intérieures et rationaliser les dépenses courantes ». Et d’ajouter que les autorités se sont engagées à améliorer la protection sociale, notamment, par la mise en place d’un programme national de transferts monétaires ciblés en faveur des ménages les plus vulnérables.

« Enfin, les autorités restent mobilisées pour faire face à la crise d’insécurité alimentaire, notamment, par la vente de denrées alimentaires et d’intrants agricoles à des prix subventionnés, la distribution gratuite de nourriture pour lutter contre la malnutrition aiguë, ainsi que par des transferts monétaires conditionnels et inconditionnels aux populations touchées », a-t-il poursuivi.

La contrepartie burkinabè
Le Burkina Faso fait face à des perspectives macroéconomiques difficiles dans un contexte de grands besoins de développement et de sécurité, aggravés par une insécurité alimentaire aiguë et une fragilité de longue date. C’est pour relever les multiples défis du pays que les autorités ont demandé un accord de 4 ans au titre de la facilité élargie de crédit.

Pour Kenji Okamura, Directeur général adjoint et président par intérim, « un engagement résolu à l’égard du programme de politiques et de réformes dans le cadre de l’accord, ainsi que du calendrier de la Transition politique sera essentiel pour préserver la viabilité budgétaire et de la dette, ancrer les perspectives macroéconomiques du pays, et catalyser des financements concessionnels supplémentaires ».

En plus de ces engagements, on apprend sur le site du FMI que les autorités de transition au Burkina Faso se sont engagées à un assainissement budgétaire progressif pour revenir aux critères de convergence régionale pour le déficit budgétaire. Elles prévoient d’intensifier leurs efforts pour accroître la mobilisation des recettes intérieures et améliorer la qualité et la transparence des dépenses publiques.

Du côté des recettes, les réformes visent à élargir l’assiette fiscale, notamment, en supprimant les échappatoires fiscales dans le secteur minier, et à renforcer l’administration fiscale et douanière. Du côté des dépenses, les autorités s’attacheront à ramener la masse salariale du secteur public en tant que part des recettes fiscales à un niveau soutenable à moyen terme et à réformer le secteur de l’énergie, afin de réduire les subventions énergétiques non ciblées.

NK

 

Encadré

Plus grosse enveloppe allouée au Burkina Faso en 5 ans

Durant les cinq dernières années, le Burkina Faso a bénéficié de l’assistance financière du FMI sous plusieurs formes :

Une Facilite élargie du crédit (FEC) d’un montant d’environ 152.6 millions de dollars durant la période 2018-2020,

Une Facilite rapide du crédit (FRC) d’un montant de 120 millions de dollars pour aider les autorités à faire face aux impacts de la pandémie de COVID-19 en 2021

Une assistance financière de 80 millions de dollars pour faire face au choc alimentaire a été déboursée en mars 2023.

En outre, le Burkina Faso a bénéficié des allègements du service de sa dette envers le FMI pour la période allant du 14 octobre 2020 au 13 avril 2021 (soit environ 14,52 millions de dollars), sous forme de don au titre du fonds fiduciaire ARC. Cet allègement suit celui accordé pour le service de la dette exigible entre le 14 avril et le 13 octobre 2020 (environ 12 millions de dollars). Ainsi, l’assistance proposée serait la plus importante assistance du Fonds à ce jour.o

Commentaires

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Un commentaire

  1. Bravo et félicitations aux autorités de la transition de pouvoir lever un tel fond par le temps qui court. Cela suppose que les autorités de la transition ont la confiance du FMI donc de la banque mondiale malgré les réticences des USA et les sanctions de la France.

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