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Consommons local: plus de 65 milliards FCFA injectés par l’Etat

• Entre janvier et août 2023

• Par 21 institutions étatiques

• L’Etat en fait une priorité

Plus de 65 milliards FCFA des biens et services locaux ont été consommés par   15 ministères et 6 institutions sur la période de janvier à août 2023. Cette information est du Directeur de la prospective et de l’intelligence économique, Assane Ouédraogo, qui a abordé la communication portant sur la complémentarité des politiques et stratégies sectorielles de promotion de la consommation des biens et services locaux, le 30 octobre 2023, à Ouagadougou. Une information tirée d’un rapport présenté en Conseil des ministres, en août 2023. Ce montant est la preuve que la consommation des biens et services locaux est plus qu’une réalité et ce, conformément à la circulaire N°2017-002/PM/SG/DGEF du 13 janvier 2017 portant consommation des produits locaux par les structures publiques et de l’Arrêté N°2017-002/PM/CAB/ du 31 janvier 2017 portant achat des produits alimentaires locaux par les structures étatiques, dans le cadre de leur approvisionnement. A ces deux textes règlementaires s’ajoute le décret du 1er février 2017, portant procédures de passation, d’exécution et de règlements des marchés publics.

La ligne budgétaire, une injonction

Depuis l’adoption de ces textes règlementaires, il a été enjoint aux ordonnateurs du Budget qu’à l’instar des autres dépenses d’investissements ou de dépenses courantes, d’inscrire une ligne budgétaire à la production, la consommation et la commercialisation des produits made in Burkina Faso. La finalité est, d’une part, de booster la consommation locale, à travers l’achat massif des produits locaux. D’autre part, c’est de stimuler la création de richesse nationale. A travers une communication sur « Budget et la stimulation de la consommation des biens et services locaux », il ressort que les ministères, les institutions étatiques et leurs démembrements jouent leur partition en injectant d’énormes budgets dans l’achat des produits locaux. Le Directeur de la programmation budgétaire à la Direction générale du Budget (DGB), Harouna Sanfo, a souligné qu’un soutien financier conséquent était apporté à la production par les ministères, les institutions étatiques et leurs démembrements (voir tableau 1). Harouna Sanfo a relevé que des dépenses étaient faites au niveau des cantines scolaires, à travers des transferts courants. Des investissements clés sont à noter dans les secteurs de la planification : soutiens à l’élevage et aux ressources halieutiques : 0,8 milliard FCFA, acquisition des tracteurs : 2,5 milliards FCFA, semences améliorées et d’intrants agricoles : 3,84 milliards FCFA, construction de stocks de sécurité alimentaire : 2,5 milliards FCFA, acquisition des biens au profit de la SONAGESS : 17,92 milliards FCFA. 

Le Faso Danfani et le  Koko donda, une réalité dans l’Administration publique

La priorité de la consommation locale est accordée aux produits alimentaires, aux produits artisanaux et aux activités et production intellectuelles. Au titre des produits alimentaires, l’approvisionnement est fait dans les cantines scolaires, les centres de formation professionnelle, les garnissons, les hôpitaux, les Maisons d’arrêt et de correction, des internats, les pauses-cafés et déjeuners. Au titre des produits artisanaux, le gouvernement a fait sa préférence en signant, le 23 septembre 2021, un accord-cadre mono-attributaire d’une durée de 3 ans avec la Chambre des métiers du Burkina (CMA-BF) qui livre les équipements et mobiliers de bureaux.  Pour ce qui est des activités et production intellectuelles, c’est essentiellement les consultations et les expertises nationales. En plus de ces multiples actions de soutien à la production locale, il y a aussi la labellisation du Faso Danfani dont le port est remis au goût du jour. Le gouvernement a décidé de la promotion du Faso Danfani et du koko donda. Mieux, il a opté du port généralisé du Faso Danfani par les écoliers, dès la rentrée scolaire 2023-2024. Au Faso Danfani s’ajoute la labellisation du poulet bicyclette et du beurre de karité. o

Ambéternifa Crépin SOMDA

 

Encadré 1

Quelques produits locaux concernés

Le riz, le niébé, la pomme de terre, les oignons, la tomate, le sucre, l’huile alimentaire, le haricot vert, le lait et la viande. Les pâtes alimentaires, les sucreries, les jus transformés, le savon, le fonio, les conserves, le mil, le maïs, les produits dérivés du manioc, le mobilier, les décoratifs…

 

Encadré 2

Consommé le «benga» chaque vendredi va rapporter 120 milliards FCFA à l’Etat

Pour le Directeur de la prospective et de l’intelligence économique, Hassane Ouédraogo, dans la promotion de la consommation locale, le Burkina Faso gagnerait à innover et surtout diversifier ses mets locaux. A titre d’exemple, dit-il, au Maroc, le roi Mohamed VI a institué la journée du couscous chaque vendredi dans chaque ménage. En termes de bénéfice : sur 40 millions de Marocains, si l’on suppose que 1kg de couscous nourrit 4 personnes, cela donne 10 millions de kg de couscous pour les 40 millions de Marocains chaque vendredi. 52 vendredis dans une année, cela fait 520 millions de kg de couscous, à raison de 1kg de couscous traité depuis la production jusque dans l’assiette, à raison de 1.000 FCFA le KG, cela donne 520 milliards FCFA en une année comme recettes. Cette recette avec de la volonté politique peut être appliquée au Burkina Faso avec des mets locaux tels que le benga (benga avec huile, beignet, jus, gonré, …), avec les 20 millions de Burkinabè chaque vendredi, soient 5 millions de kg chaque semaine, 20 millions de kg par mois et 240 millions de kg dans l’année. Si on traite 1kg de benga, à raison de 500 FCFA depuis la production jusque dans l’assiste, cela donne 120 milliards FCFA de recettes en une année pour les caisses de l’Etat. De tels exemples peuvent se multiplier. o

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