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FOMECAF 2023: quand les médias chrétiens prêchent la paix dans un monde en conflit

• Un rôle d’éducation et de sensibilisation des médias chrétiens

• Etre plus proches de la réalité sécuritaire du Burkina

• 70 participants de six pays à Ouaga

Selon Olivia Beugré, Ouaga 2023 vise à exprimer la sympathie et la compassion du FOMECAF à l’endroit de l’Eglise et du peuple burkinabè. (DR)

Des dizaines de morts par-ci, des centaines, voire des milliers d’autres par-là : voilà ce qui résonne à longueur de journée comme nouvelles du monde à travers les médias. Des morts essentiellement causées par des conflits, même si les catastrophes naturelles passent aussi souvent par là. Plus que jamais, la quête de la paix est ainsi devenue un sujet d’importance et d’actualité dans de nombreux pays et régions du monde où cette absence de paix freine le développement socioéconomique.

En Afrique francophone, les médias chrétiens n’entendent pas rester en marge de la réflexion sur cette question majeure de l’heure. A Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, ces médias ont, en effet, posé le débat à travers le 6e Forum des médias chrétiens d’Afrique (FOMECAF) qui se tient du 30 octobre au 1er novembre 2023, sous le thème : « Médias chrétiens, outils de paix dans un monde en conflits ».

70 participants, dont des responsables d’institutions chrétiennes et des hommes de médias de différents pays ont fait le déplacement de Ouagadougou.

Pour la présidente du bureau du FOMECAF, Olivia Beugré, « les médias, qu’ils soient traditionnels ou sociaux ont la responsabilité de rapporter de manière objective et équilibrée les évènements, de promouvoir le dialogue et la réconciliation et de contribuer à la construction d’une société pacifique et harmonieuse ». Or, « les médias peuvent être aussi utilisés de manière destructrice », ajoute madame Beugré, qui analyse «  la désinformation et les discours de haine, la manipulation de l’opinion publique » comme des éléments de cette destruction. 

Photo de groupe en souvenir des réflexions de Ouagadougou. (DR)

Mais quel rôle les médias chrétiens devraient-ils véritablement jouer dans ce contexte de conflits ? Olivia Beugré croit à un rôle « d’instrument de sensibilisation et d’éducation sur la culture de la paix et du vivre ensemble ». C’est aussi le rôle que le président du Conseil supérieur de la communication du Burkina, Abdoulazize Bamogo, par ailleurs coparrain de l’évènement, avec le révérend Pasteur Mamadou Philippe Karambiri, attribue aux médias chrétiens. « Les médias confessionnels et chrétiens apportent une contribution inestimable au renforcement de la nécessaire cohésion sociale, si bien qu’ils ont très rarement été interpellés par le régulateur pour des manquements », a-t-il, en effet, déclaré. o

Béranger KABRE (Collaborateur)

 

Encadré

Les raisons d’une délocalisation à Ouagadougou

Première du genre hors du Togo, après cinq éditions à Lomé, la rencontre de Ouagadougou réunit six pays: le Burkina Faso, le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Togo, le Niger et le Mali. Et le choix du Burkina n’est pas fortuit. A ce propos, l’un des communicateurs du Forum, Illia Djadi, fait remarquer que le Burkina fait face à une menace existentielle comme la plupart des pays au sud du Sahara, confrontés au terrorisme depuis plusieurs années. Face à cette situation, « les médias, qu’ils soient laïcs ou confessionnels, ont un grand rôle à jouer dans la déconstruction du narratif des terroristes, le renforcement de la résilience des populations et l’accompagnement de l’action des Etats pour la victoire finale contre l’obscurantisme », estime Boukary Nitiema, représentant le ministre de la Communication, Jean Emmanuel Ouédraogo. Avec plusieurs ateliers et communications au programme, des objectifs spécifiques sont visés à travers la délocalisation du Forum à Ouagadougou. Il s’agit « d’être au plus proche de la réalité dans le pays sahélien le plus affecté par l’insécurité ; exprimer la sympathie et la compassion du FOMECAF à l’endroit de l’Eglise et du peuple burkinabè ; offrir à un maximum de professionnels du pays la possibilité de participer à la rencontre et bénéficier de formations tout en apportant leur contribution aux discussions », selon Olivia Beugré.

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