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Simon Tiemtoré, Ceo de Lilium Capital et de Vista Bank: on est déjà champion du monde

Bientôt aux Etats-Unis et en France

• 150 millions de dollars pour financier les jeunes et les femmes

Vista Bank était partenaire du Rebranding Africa Forum 2023, avec une forte délégation. Entre deux panels, nous avons réussi à arracher une interview sur comment le Groupe entend s’impliquer dans la promotion de l’inclusion financière et le développement du continent. Explications avec le   patron du Groupe

Simon Tiemtoré, le Ceo de Lilium Capital et de Vista Bank, lors du Rebranding Africa Forum 2023. (DR)

Vous êtes le responsable de Lilium Capital de et Vista Bank, vous êtes fortement représenté au Rebranding Forum 2023. Quel est votre ressenti après les deux jours d’échanges ?

Je vous remercie pour l’opportunité qui m’est offerte de pouvoir m’adresser à la presse burkinabè et d’être ici au Rebranding Africa Forum.  Ceci témoigne de l’intérêt que nous avons tous de vouloir « rebrander » l’Afrique, y compris le Burkina Faso, surtout avec la situation que nous vivons au Sahel. Il faut féliciter les organisateurs pour le succès de cette édition, la 9e, au vu de l’engouement du monde qui est venu d’un peu partout d’Asie, d’Amérique, d’Afrique et de l’Europe. Cela témoigne que le Rebranding Africa Forum est un évènement à succès et est en train d’atteindre son objectif qui est de vouloir changer le narratif sur l’Afrique. Vous aurez remarqué qu’il y a beaucoup de participants venus de l’Afrique et cela est la preuve de l’intérêt des Africains eux-mêmes de vouloir aujourd’hui s’impliquer dans la dynamique de transformation du continent et de changer la perception de l’Afrique, que ce soit au niveau des affaires, du social ou de la politique, au niveau du développement économique de nos pays. Je crois que c’est l’objectif du Rebranding Africa Forum et nous avons été très impressionnés.

Huges Zango, ambassadeur Vista Bank, «c’est le Burkina qui gagne, on va l’accompagner aux jeux olympiques. (DR)

Comment comptent s’impliquer Vista Bank et Lilium Capital  dans ce développement de l’Afrique que tout le monde dit être le continent du futur ?

L’Afrique, c’est la région qui est en pleine croissance au monde. Nous avons un potentiel, à travers la jeunesse et les femmes et ce qu’on appelle le dividende démographique qui fait qu’aujourd’hui, il y a beaucoup de demandes de services dans tous les secteurs. C’est un continent, comme vous le savez, qui a toutes sortes d’opportunités au niveau des secteurs minier, bancaire, social, du financement des infrastructures, de l’énergie et j’en passe. Nos Etats aussi font partie de cela, parce qu’ils apportent des opportunités sur le marché, à travers leurs plans nationaux de développement économique et social. Pour nous, à Lilium et à Vista, c’est de pouvoir appuyer nos Etats dans leurs plans de développement, appuyer le secteur privé qui s’implique dans l’élaboration et dans l’implémentation de ces plans de développement, accompagner les femmes et les jeunes qui veulent se lancer dans l’entrepreneuriat pour pouvoir développer notre économie. Il est très important de signaler le rôle de Vista en tant que banque locale. Vous verrez qu’il y a un phénomène de sortie des grands groupes bancaires de l’Afrique. Cela représente une opportunité pour nous et un devoir en tant que banque africaine de pouvoir consolider nos positions dans nos pays, de pouvoir faire une expansion dans tous les pays africains potentiellement où nous pouvons aller, afin d’accompagner nos économies. A la fin, il n’y aura que nous Africains qui pourront développer l’Afrique et il faut que nous, banques africaines, nous puissions jouer aussi notre part dans ce développement économique de notre continent.

Par rapport au thème, on a parlé d’inclusion financière ; quel peut être le rôle des grands groupes justement dans la démocratisation des finances ?

Pour nous, il faut aller au-delà de l’inclusion financière pour parler d’inclusion sociale. Il faut que tout le monde soit inclus, sinon on laissera d’autres personnes derrière, ce qui n’est pas intéressant. Pour le faire, il y a plusieurs barrières à lever. Il y a des barrières règlementaires, des barrières politiques, sociales. Mais surtout au niveau du secteur bancaire, c’est de pouvoir réduire les frais pour l’ouverture d’un compte. Il faut essayer de simplifier tout en améliorant les services et en investissant dans la technologie pour pouvoir faciliter l’accès aux finances. Il faut également essayer de réduire les coûts qui constituent un grand problème et qui font que beaucoup de personnes hésitent à venir vers les banques, n’ont donc pas de comptes et ne bénéficient donc pas de financement et d’accompagnement. Donc pour nous, l’idée c’est de faire des PME/PMI la matrice de développement du groupe bancaire à Vista, c’est notre ADN. Et l’expansion que nous faisons dans les différents pays, à travers la reprise du groupe bancaire Orabank qui, à terme, remplit notre objectif d’être présent dans 25 pays. Cela nous permettra de fusionner et de mobiliser des ressources assez adéquates que nous pourrons distribuer pour supporter les PME/PMI. Je vous informe que nous avons pris l’engagement de financer les femmes à hauteur de 150 millions de dollars dans les deux prochaines années ; nous en avons déjà déployé 30 à 40 millions dans le cadre de cet accompagnement des femmes. Nous allons aussi mettre en place un programme d’accompagnement et de bancarisation des jeunes qui sera lancé très bientôt, en partenariat avec notre ambassadeur local qui est le champion du monde du triple saut, monsieur Hugues Fabrice Zango. Il y a plein de programmes que nous avons mis en place pour les jeunes et les femmes et pour accompagner les PME et les PMI.

Pour nous, en tant que banque, nous sommes dans un métier à risques où il s’agit de comprendre ces risques et de voir comment nous pouvons accompagner les PME et PMI qui représentent 95% de nos économies. Si nous n’arrivons pas à accompagner ces PME/PMI, on ne s’en sortira pas dans nos pays. Au-delà des grandes entreprises, dans la chaîne de valeurs, il y a également ces PME/ PMI. On continuera donc d’accompagner tout le monde dans la chaîne de valeurs.

On a l’impression que lorsqu’on parle d’inclusion financière, c’est l’affaire des systèmes de financement décentralisés. Comment les banques se sentent-elles par rapport à ce sujet ?

Les banques essayent de jouer leur partition en investissant dans la technologie. Quand vous avez un smartphone ou un téléphone, ça vous permet de déployer des outils et de faciliter, par exemple, les paiements et les transferts.  Et qui dit paiements/transferts dit aussi mouvement de biens. C’est dans cela que nous investissons énormément aujourd’hui. Cela ne veut pas dire nécessairement ouvrir plus d’agences mais d’essayer de mettre la banque dans la main des gens, à travers l’implémentation de systèmes via les téléphones mobiles.

Simba, par exemple ?

Simba, c’est notre fintech qui est basée aux Etats-Unis et nous faisons l’expansion du groupe bancaire Vista qui va bientôt ouvrir aux Etats-Unis et en France et cela va nous permettre de faire les transferts à partir de la diaspora, à partir de la France et des US vers nos pays gratuitement. C’est cela l’objectif. Il n’y a pas de logique que le transfert des revenus qui ont été gagnés ardemment par nos frères et sœurs de la diaspora coûte des frais. Je crois que quand chacun fait un transfert vers la maison, c’est pour aider la famille. Donc, les transferts qui seront mobilisés et qui seront traités à travers Simba seront entièrement gratuits.

Vous avez choisi comme ambassadeur, Hugues Fabrice Zango, qui est un champion du monde. Est-ce un message fort que vous lancez aux concurrents ?

Absolument, c’est un message fort. C’est pour dire que c’est le Burkina qui gagne. Il fait notre fierté, on est très fier et c’est un honneur pour nous de l’avoir comme ambassadeur. On va l’accompagner aux Jeux olympiques, on va l’accompagner dans sa carrière. Je crois qu’au-delà de cela, Hugues Fabrice Zango représente pour nous l’excellence du Burkina et l’excellence africaine et panafricaine. C’est le seul champion du monde africain dans cette catégorie. C’est unique et c’est pour nous une façon de pouvoir le célébrer et célébrer le Burkina Faso. C’est un exemple aussi pour la jeunesse, pour dire que si on s’y met, on peut être grand athlète mais aussi avoir cette envergure d’être un modèle pour la jeunesse. On est très fier de s’associer à lui. Il y a plein de projets et de programmes que nous allons dérouler ensemble dans les semaines et les mois qui suivent. Il n’y a pas meilleure façon pour nous que de s’associer à un jeune burkinabè pour pouvoir faire la promotion de sa personne, de sa carrière, de sa compétence et aussi de ce que Vista a à offrir sur les marchés burkinabè et panafricains.

Bientôt, Vista Bank champion du monde ?

Vista Bank est déjà champion du monde.o

Interview réalisée par Abdoulaye TAO  avec  Morin Yamongbé (Wakat Sera)

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