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Secteur minier: le Burkina s’offre sa première raffinerie d’or

• Dans le cadre d’un partenariat avec Marena gold du Mali

• Les premiers lingots d’or affinés dans 11 mois

• Une capacité de production journalière de 400 kg

Dans le 12e Arrondissement de Ouagadougou, une usine, comme il n’y en a jamais eu au Burkina, sortira de terre dans les mois à venir. Il s’agit de la toute première usine de raffinerie d’or du pays dont les travaux de construction ont officiellement été lancés le 23 novembre 2023, au cours d’une cérémonie patronnée par le président de la Transition, le Capitaine Ibrahim Traoré. 

Une vue partielle de l’usine qui sortira de terre. (DR)

Que retenir de cette prochaine usine de raffinerie ? Selon le ministre des Mines et de l’Energie, Simon Pierre Boussim, cette raffinerie sera bâtie sur une superficie de 5 hectares. C’est un complexe qui comprend également une bijouterie, des magasins de stockage, des locaux de sécurité, des bâtiments administratifs, dont le futur siège de la jeune Société nationale des substances précieuses (SONASP). Toujours selon le ministre Boussim, ce projet majeur sera réalisé dans le cadre d’un partenariat stratégique avec la Société malienne Marena gold, qui a une dizaine d’années d’expérience dans le domaine à revendre, avec notamment, une raffinerie déjà implantée au Mali voisin. A en croire le chef du département des Mines, les travaux de construction devront s’achever dans quelques mois et les premiers lingots d’or affinés sont attendus dans exactement 11 mois, soit en octobre 2024. En termes de production, l’usine sera dotée d’une capacité de 400kg par jour, soient 150 tonnes par an. Des lingots 24 carats, pour répondre aux normes internationales, selon une précision du Président-Directeur général de Marena gold, Ismaël Siby, qui promet un respect du calendrier de construction.

Pour les autorités de la Transition, l’érection d’une usine de raffinerie est un point gagné dans la quête d’une souveraineté économique. « Nous sommes un pays producteur d’or, mais nous n’avons pas de contrôle sur l’or que nous produisons. Il ne s’agira plus pour nous d’emmener notre or à l’extérieur pour raffiner », a déploré le président de la Transition, le Capitaine Ibrahim Traoré, après avoir posé la première pierre de l’usine. C’est de là d’ailleurs qu’est née l’idée de créer une raffinerie nationale. Pour le Capitaine Traoré, raffiner l’or sur place devrait permettre, en outre, de limiter des sorties frauduleuses de l’or hors du pays dont le revers est de contribuer à alimenter le terrorisme qui enserre le Burkina depuis maintenant plusieurs années.

Mais il n’y a pas que cela. Pour les autorités de la Transition, la mise en place d’unités industrielles nationales devrait permettre une meilleure contribution du secteur minier à l’économie nationale, au développement et à la création d’emplois. Et cela, en estimant que « de telles unités industrielles devront contribuer à la promotion de la chaîne de valeurs de l’industrie minière au plan national, tout en limitant l’exportation à l’état brut », pour reprendre les propos du ministre Boussim. La mise en place de la SONASP participe de cette ambition. Cette structure aura pour mission de racheter l’or sur place. « Il s’agit d’inciter les orpailleurs locaux pour ramener l’or vers l’intérieur. Nous invitons donc les orpailleurs et les collecteurs à ramener l’or vers la SONASP que nous invitons en même  temps à multiplier les guichets de collecte», a souhaité le Capitaine Ibrahim Traoré. Mais il y a aussi le volet création d’emplois qui est en jeu. Ce projet, fruit d’un partenariat Sud-Sud, permettra, selon le premier responsable de Marena gold, de créer 100 emplois directs et 5000 autres indirects.

A l’analyse, la mise en place de la raffinerie devra booster le secteur des mines, selon le ministre de tutelle. Selon Simon Pierre Boussim, la production minière a eu d’importantes retombées sur le budget de l’Etat et des collectivités territoriales au cours des dernières années. Avec 11 mines industrielles d’or au 31 décembre 2022, pour une production de 57,674 tonnes  et une production artisanale d’or déclarée de 457 kg, les recettes directes au Budget de l’Etat sont passées de 430,916 milliards FCFA en 2021 à 540,984 milliards FCFA en 2022, soit une augmentation de 110,068 milliards  FCFA en valeur absolue. Depuis 2009, l’or est devenu le premier produit d’exportation du Burkina. Suivant les statistiques de 2022, les recettes d’exportation d’or sont passées à 2099,1 milliards FCFA, soit 73,86% des recettes d’exportation. « Ces données qui hissent clairement notre pays au rang des pays miniers nous interpellent en tant que décideurs à des actions fortes pour mieux valoriser le secteur», a indiqué Simon Pierre Boussim.

Béranger Kabré (Collaborateur)

Encadré

Le projet d’une usine de traitement des déchets dans les tuyaux

A côté de la raffinerie, une autre usine verra bientôt le jour, selon une annonce faite par le président de la Transition. « Cette usine qui est conçue par des ingénieurs burkinabè et qui est en phase de test, et nous espérons que dans les jours à venir, le test sera concluant. Ça fait donc une chaîne complète pour  pouvoir valoriser notre or », a expliqué le Capitaine Ibrahim Traoré.

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