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Transport dans la Commune de Fada N’Gourma: les motos-taxis en plein essor

• 230 jeunes conducteurs

• Taxe de stationnement, une baisse de 12.000 FCFA

• Bientôt, ils seront tous astreints au port du casque

Ali Diallo, Secrétaire général de l’Association des taxis-motos de l’Est (ATM/EST). (DR)

Dans la ville de Fada N’Gourma, des jeunes arborant des gilets jaunes, chacun avec un numéro, arpentent les rues et ruelles. Ils sont stationnés permanemment devant les gares, les marchés, bref, dans les milieux à forte concentration humaine. Leur métier, le transport des passagers. En l’absence de taxis et autres moyens de transport en commun dans la capitale régionale de l’Est, les taxis motos contribuent à la satisfaction des besoins de transport des personnes dépourvues de moyen de déplacement, et surtout de ceux des étrangers. Cette activité a un visage masculin. Aucune femme conductrice. A l’arrivée des cars ayant des passagers à leur bord, ils se bousculent, chacun souhaitant convaincre de potentiels clients d’accepter ses services. Le transport par les motos-taxis est tout de même vieux de quinze ans. Son implantation n’a vraisemblablement pas été chose aisée. L’Association des taxis-motos de l’Est (ATM/EST) est à l’initiative exclusive du projet. Il est inspiré d’un modèle étranger.

« Avant d’être des transporteurs, nous sommes des exportateurs du bétail. C’est dans le cadre de nos activités que nous avons découvert le transport par les motos-taxis qui nous facilitent la tâche. Or que chez nous, au Faso, ça n’existait pas. Nous étions obligés de déranger les parents, amis et connaissances pour nos besoins de transport. Le président, Abdou Diallo, a jugé bon de reproduire la même activité ici. Nous avons débuté avec trois motos. C’était en septembre 2008, et les jeunes ne manifestaient pas grand intérêt », raconte Ali Diallo, Secrétaire général de l’ATM/EST. La Commune a vite affiché son scepticisme et sa méfiance vis-à-vis de cette activité nouvelle. Le Maire d’alors a refusé l’autorisation en arguant qu’il ne connaissait pas ce métier. Après moult insistances, l’autorité nous a finalement accordé une autorisation provisoire. C’est après quatre années d’activités que l’autorité communale nous a accordé une reconnaissance, c’est-à-dire, en 2012.

Ils sont en majorité jeunes, travailleurs et dynamiques, qui gagnent leur pain en exerçant cette activité. Bandé Abdoulaye, de taille moyenne, teint noir, souriant et originaire de Tawalbougou, une localité qui éprouve des difficultés d’ordre sécuritaire, fait partie des conducteurs. Il dit exercer ce métier depuis janvier 2019 et arrive par son exercice, à subvenir à ses besoins. Célibataire et sans enfant, les tarifs appliqués par ce dernier sont 300 FCFA, 500FCFA et 1000FCFA, toute chose qui est fonction des distances à parcourir. Le champ spatial de son activité est la ville, ses limites, les différents péages. Par jour, il gagne en moyenne 6000F et dépense 1500F pour le carburant, confesse ce jeune travailleur.

Abdoulaye Bandé, conducteur de la moto N°161.

Débuté avec trois motos, aujourd’hui, quinze ans après, l’association compte 230 motos-taxis de marque Bajaj boxer BM100 et le même nombre de conducteurs. L’association distingue les membres propriétaires de ceux membres propriétaires conducteurs. Les tarifs étaient fixés par l’association, mais elle s’est désengagée, suite à l’augmentation des prix du carburant. En début de chaque semaine, chaque conducteur était tenu de passer prendre un ticket de sortie au prix de 500 FCFA. Il doit être muni de cela, lors des contrôles. Et tout membre propriétaire non conducteur est tenu au paiement de la somme de mille francs CFA par mois. Il est à préciser que l’association n’opère aucune retenue sur les gains des conducteurs ou des propriétaires. Cette activité de transport constitue une rentrée fiscale pour la Commune.

De 2012 à 2019, pour chaque moto, l’association payait à la Mairie la somme de vingt mille au titre de la taxe de stationnement et un autre impôt qui s’élevait à 12.000 FCFA, témoigne Ali Diallo. Toujours, selon la même source, après cette date, l’ATM/EST a mené des plaidoyers à l’effet d’obtenir la réduction du taux de la taxe de stationnement. A cette date, la taxe de stationnement est de 7.000 FCFA, soit une baisse de 13.000 FCFA.  Et l’autre impôt est passé à 6.000 FCFA. A priori, on note une baisse considérable de recettes fiscales au profit de la Commune. Pour le Secrétaire général, il n’en est rien, parce qu’il estime que le nombre de motos a plus que doublé, et donc, le niveau des recettes est sensiblement le même. C’est aussi une manière pour les autorités communales d’accompagner la jeunesse, poursuit-il. Preuve que de bonnes volontés ont accompagné et soutenu l’initiative.

Jérôme Natama, vivant en union libre, d’un âge un peu avancé, est un homme en forme et présentant un visage soucieux. Il dit exercer ce métier depuis maintenant 10 ans. Jérôme pense que ce métier ne peut pas lui permettre d’être riche. Il dit ne pas connaître de difficultés notables et trouve que toutes les conditions imposées sont supportables. Pour ce dernier, la réussite dans ce métier est basée sur la chance d’avoir des clients. Enfin, il rassure pouvoir faire face à ses besoins et ceux de sa famille.o

Amin SIDSORE (Collaborateur)

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