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Restauration et gestion durable des terres: la solution par la «mise en défens» de Tiipaalga

• Protéger les espaces contre les formes de pression liées aux activités humaines

• Plus de 100 000 plants en moyenne mis en terre chaque année

• Plus de 15 millions FCFA rétribués annuellement aux pépiniéristes villageois depuis 2015

Serge Zoubga, chargé de programme à Tiipaalga. (DR)

L’ONG Tiipaalga (nouvel arbre en Mooré) a été créée en 2006 et évoluait aux côtés de newTree suisse, avant de prendre la relève des activités opérationnelles à partir de 2012. « Nous soutenons le développement durable et le bien-être familial en accompagnant les producteurs des familles paysannes à se prendre en charge en restaurant leur capital naturel pour produire plus et durablement, puis accroître leurs revenus dans un contexte de changement climatique », précise T. Serge Zoubga, chargé de programme à Tiipaalga, sur la mission que s’est assigné la structure. L’objectif global de Tiipaalga est de contribuer à restaurer et exploiter durablement les écosystèmes pour améliorer les conditions de vie des ménages en milieu rural au Burkina Faso. Les programmes de Tiipaalga au Burkina Faso sont : la récupération des terres dégradées, la valorisation des produits forestiers non ligneux (PFNL) et la diffusion des foyers trois pierres améliorés (F3PA).

En matière de récupération des terres dégradées, l’ONG prône la « mise en défens ». Il s’agit d’un ensemble de techniques mis en œuvre dans un espace défini, en vue de sa protection et de sa régénération. En d’autres termes, la mise en défens est la protection d’un terroir ou d’une parcelle contre l’homme et/ou les animaux domestiques. C’est donc une jachère protégée contre les formes de pression liées aux activités humaines (pâturage, feu de brousse, coupe de bois, etc.). Les différentes zones d’application des mises en défens sont : les périmètres de restauration, les bois et bosquets sacrés, les forêts villageoises. Par ailleurs, l’installation d’une mise en défens requiert un processus plus ou moins long de négociation entre les communautés riveraines de la zone à protéger.

Deux ans après. (DR)

Tiipaalga passe donc par la sensibilisation des communautés sur les conditions du partenariat et de durabilité des investissements, la formalisation du partenariat, l’implantation de la MED, l’aménagement et la gestion durable du site. Une fois que les deux parties scellent leur partenariat, les travaux d’aménagement du site et de gestion durable vont consister, entre autres :  à la mise en œuvre des activités d’aménagement/restauration et de gestion durable impliquant tous les membres de la famille: épouses et enfants; à la défense et restauration des sols (DRS)/conservation des eaux et des sols (CES) ; à l’agriculture durable (agroforesterie) appliquée sur une bande périmétrale de 12 m, soit 25% de la parcelle ; à l’exploitation d’une bande cultivable pour valoriser à court terme  le site en attendant l’apparition des produits forestiers à long terme …

La mise en défens du noyau va correspondre à 75 % de la forêt = pratique/exploitation  sylvopastorale; la valorisation des PFNL par la production et plantations de plants d’espèces utilitaires dans les parcelles sécurisées ; la réalisation de haies vives défensives pour renforcer la clôture ; la mise en terre de 100 000 plants en moyenne chaque année, la rétribution annuelle de plus de 15 millions  FCFA aux pépiniéristes villageois depuis 2015.

Sur le plan écologique et protection /restauration de la biodiversité, l’action de Tiipaalga a permis la protection de 421 bosquets familiaux (mises en défens) dans 217 villages ; la récupération de 1214 ha de terres dégradées ; la régénération d’environ 600 000 arbres de 160 espèces locales, le retour de la petite faune : écureuil, lièvre, francolin. En matière de contribution aux revenus des ménages, 116 apiculteurs arrivent désormais à produire en moyenne annuelle 2 tonnes de miel, et 284 052 t de fourrage naturel sont aussi produites pour l’alimentation du bétail.

Même si la technique produit des résultats probants, les défis à relever pour les promoteurs restent encore immenses. On peut retenir le respect du cahier de charges par les partenaires des parcelles MED ; la quasi-absence de structures d’accompagnement des entreprises forestières, l’intégration insuffisante des systèmes agro-sylvo-pastoraux, le faible niveau de développement de l’esprit entrepreneurial pour faire des MED de véritables unités économiques.

Moumouni SIMPORE

 

Encadré

Conditions du partenariat et de durabilité des investissements :

Disposer d’un terrain d’au moins 3 ha dont la question foncière est réglée;

Assurer la main d’œuvre pour les travaux d’implantation de la clôture;

Garantir une protection totale de la végétation vivante contre toutes formes de dégradation en appliquant la RNA;

Assurer le gardiennage et l’entretien de la clôture grillagée;

Définir les objectifs du site et être disponible à aménager la parcelle, avec un appui technique de Tiipaalga (formations techniques, suivies d’appuis-conseils), à travers un PAG simplifié. o

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