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Coopération Burkina Faso-Maroc: quand le conte révèle des convergences culturelles

• Sous la direction de quatre universitaires burkinabè et marocains

• L’interculturalité entre les deux pays

• L’ouvrage au prix de 10.000 FCFA

L’ouvrage est disponible à l’INSS au prix de 10 000 FCFA. (DR)

Et si le Burkina Faso et le Maroc se ressemblaient plus qu’on ne le pense ? La question n’est pas inopportune, comme le révèlent les travaux de recherche conjoints de quatre éminents universitaires des deux pays qui se sont intéressés à un genre de la littérature : le conte. Les Professeurs Najlae Nejjar ; Mohamed Benjelloun ; Abdelouahad Mabrour (Marocains) et Alain Joseph Sissao (Burkinabè), c’est de ces chercheurs qu’il s’agit, ont consigné leurs travaux dans « Contes du Maroc et du Burkina Faso. Regards croisés », un ouvrage paru en 2021.La présentation et la dédicace de l’œuvre ont eu lieu le vendredi 29 décembre 2023, à Ouagadougou. Ce fut, au cours d’une cérémonie qui a connu la participation de plusieurs personnalités, dont l’Ambassadeur du Royaume du Maroc au Burkina Faso, Dr Youssef Slaoui.

« Contes du Maroc et du Burkina Faso. Regards croisés » est un recueil volumineux de 54 contes, soient 31 burkinabè et 23 marocains, répartis en six genres, à savoir 7 contes d’orphelins, 9 contes d’animaux, 14 contes merveilleux, 14 contes réalistes, 5 contes étiologiques et spiritueux, 3 contes facétieux. C’est dire que le long des 148 pages que compte l’ouvrage, le lecteur a de quoi se faire une idée de différents aspects des contes marocains et burkinabè.

Le Dr Patrice Kouraogo, qui a présenté l’ouvrage, note une « interculturalité » entre le Maroc et le Burkina, à travers des points de ressemblance de ces contes collectés dans les terroirs des deux pays. « Haïna et ses sœurs », conte par lequel s’ouvre le recueil, et « La souffrance d’un orphelin » témoignent de cette interculturalité. 

Des participants à la cérémonie de dédicace ont posé pour la postérité. (DR)

« Haïna et ses sœurs » introduit le lecteur dans l’univers des orphelins avec l’aventure de trois filles orphelines de mère. Détestées par leur marâtre et peu défendues par leur père, elles seront abandonnées dans une forêt mais seront ramenées à la maison grâce à leur chiot une fois. Puis une deuxième tentative de les abandonner à la forêt par le père les conduit dans une autre aventure chez une ogresse (cette géante des contes de fée à l’aspect effrayant se nourrissant de chair humaine). Elles n’auront leur salut que par le mariage de Haïna avec un chasseur. Un mariage qui a aussi attiré de jaloux au sein de la communauté des chasseurs mais qui a fini par triompher par le truchement de l’amour.

Quant au récit de « La souffrance d’un orphelin », il plonge le lecteur dans l’aventure d’un orphelin contraint par sa méchante marâtre d’aller, seul la nuit, cueillir du gombo. Le pauvre garçon croisera alors un monstre qui exigea de lui un hommage. Et, inspiré par Dieu, l’orphelin trouva les mots justes pour glorifier le monstre qui, satisfait, prit sa défense auprès de sa marâtre.

« Ces contes ont en commun des marâtres méchantes qui sont toujours frappées de jalousie des enfants de leurs coépouses décédées et incapables de manifester aucune humanité envers ces mômes. Il y a aussi les pères, obnubilés par les charmes des seconds nonces ou vautrés dans la peur de vivre le célibat qui deviennent incapables de défendre leurs progénitures et les arracher des mains de ces marâtres acariâtres », a commenté Dr patrice Kouraogo. Et de souligner que « pour toutes ces situations, il y a des animaux, l’ogresse, le monstre, (…) qui prennent la place de l’homme pour porter secours aux innocents et leur enseignent la miséricorde ou simplement l’humanisme ».

A l’instar de « Haïna et ses sœurs » et « La souffrance d’un orphelin », le reste du recueil met en exergue des personnages et des contextes tout aussi presqu’identiques. Au-delà de ces similitudes,  « ces contes permettent de montrer une certaine convergence de point de vue au niveau culturel », une convergence qui « permet de jeter des ponts entre nos deux cultures », estime le Pr Alain Joseph Sissao.

A noter que le livre est disponible à l’INSS au prix de 10.000 FCFA.

Béranger KABRE (Collaborateur)

 

Encadré

L’expression d’une « excellente coopération entre le Burkina et le Maroc »

« Contes du Maroc et du Burkina Faso. Regards croisés » est le fruit d’une collaboration entre la Faculté des Lettres de l’Université Chouaïb Doukkali d’El Jadida du Maroc et l’Institut national des sciences des sociétés (INSS) du Burkina Faso. Pour l’Ambassadeur du Maroc au Burkina, cet ouvrage, au-delà de l’aspect académique, témoigne d’une excellente coopération entre le Royaume du Maroc et le pays des Hommes intègres. Une coopération qui, selon Youssef Slaoui, prend en compte plusieurs secteurs de développement économique et social. Le diplomate en veut pour preuve la participation du Burkina à la récente réunion de coordination de l’Initiative royale pour favoriser l’accès des pays du Sahel à l’Océan atlantique.

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