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Industrialisation: les unités de transformation comme solution

• Limiter les importations au profit des exportations

• Source de création de milliers d’emplois

• Les investissements nationaux mis en avant

Dans le souci de rattraper le temps perdu dans le domaine d’unité de raffinage nationale, le gouvernement est allé vite dans sa matérialisation, en lançant, le 23 novembre 2023, la construction de la première usine de raffinerie d’or au Burkina Faso. (YS)

C’est une lapalissade de dire que le Burkina Faso peine à transformer ses produits locaux et cette situation est encore pire dans ses matières premières. Or, il est connu qu’un pays qui possède toute la chaîne de valeurs dans le domaine industriel est une valeur ajoutée. Depuis l’arrivée du pouvoir de la Transition dirigée par le Capitaine Ibrahim Traoré, l’orientation économique est de changer de paradigme en faisant du maillon transformation une priorité. Du reste, dans toutes ces sorties médiatiques, il a rappelé la nécessité pour le pays d’aller vers le concept endogène des produits made in Burkina Faso pour retrouver sa souveraineté totale. La fondation de se doter des unités de transformation est cette « révolution » qui est perceptible dans le secteur extractif et agroalimentaire. Un zoom sur quelques-unes !

Raffinerie d’or

Une halte sur l’industrie minière permet de se rendre compte qu’une révolution a été enclenchée dans ce domaine avec l’arrivée du pouvoir du Capitaine Ibrahim Traoré. Et pour cause, l’or, premier produit d’exportation du Burkina Faso, extrait du sous-sol burkinabè, ne va plus faire de raffinage à l’extérieur. Fini cette pratique industrielle qui est source de déperdition financière au profit des recettes de l’Etat. En d’autres termes, la décision politique du gouvernement de transition est de tirer le maximum de profit de la production d’or. Pour mettre un contenu concret à cette vision politique, l’Etat burkinabè a opté que désormais, l’or des Burkinabè sera raffiné à partir du Burkina Faso pour ensuite le revendre aux potentiels extérieurs. Cette donne révolutionnaire permettra au pays de contrôler sa production d’or et de lutter, par ricochet, contre l’exportation frauduleuse du métal jaune, et surtout freiner l’évasion fiscale. Le gouvernement de transition souhaite, à travers la création d’unités de raffinage, faciliter la création de milliers d’emplois. Mieux, les recettes fiscales collectées auprès de la vingtaine de sociétés minières vont substantiellement augmenter avec le segment transformation. Dans le souci de rattraper le temps perdu dans le domaine d’unité de raffinage nationale, le gouvernement est allé vite dans sa matérialisation, en lançant, le 23 novembre 2023, la construction de la première usine de raffinerie d’or au Burkina Faso. Du reste, le premier lingot d’or qui sortira de cette usine est attendu dans 11 mois. Au-delà des retombés économiques que va procurer la raffinerie, le président de la Transition y voit la concrétisation de sa vision politique, celle de s’affirmer économiquement vis-à-vis de l’extérieur. Cette unité de raffinerie sera un complexe qui comprendra une bijouterie, des magasins de stockage, des locaux de sécurité, des bâtiments administratifs, dont le futur siège de la Société nationale des substances précieuses (SONASP).

Usine de traitement de charbon fin

Toujours dans le secteur minier, une autre révolution s’est enclenchée. Les résidus miniers (charbon fin) ne seront plus exportés et traités hors du territoire burkinabè. Ces résidus seront traités par une société burkinabè qu’est l’usine de traitement des résidus miniers, Golden Hand SA, inaugurée le 23 janvier 2024. Golden Hand Sa est une société 100% burkinabè dont un propriétaire privé qui détient 60% des parts et l’Etat burkinabè 40% des actions. Autre particularité est que les machines sont entièrement fabriquées au Burkina. En termes d’emploi, la société embauche (100 femmes et 74 jeunes hommes) en emploi direct et indirect. Il est attendu un chiffre d’affaires d’environ 2 milliards FCFA annuel durant les trois premières années de fonctionnement. Il faut noter qu’avant le Burkina Faso, Golden Hand SA était déjà dans des pays comme la Guinée, le Mali, la Sierra Leone.

Société de fabrication et de transformation de tomate (SOFATO

Pour le président de la Transition, il est inconcevable que le Burkina Faso, producteur des légumes comme la tomate, continue d’importer des tonnes de conserves de tomate. Les chaînons manquants que sont les usines de transformation ont été activés ou mis au goût du jour. La particularité, des unités de transformation de tomate seront réalisées entièrement par les Burkinabè, à travers l’Agence pour la promotion de l’entrepreneuriat communautaire (APEC) qui prône l’actionnariat populaire pour un développement endogène et durable. La première entreprise communautaire est la Société de fabrication et de transformation de tomate (SOFATO) installée à Yako, dans le Passoré. Le ministère de l’Economie, des Finances et de la Prospective indique qu’avec l’APEC, l’Etat burkinabè est désormais détenteur de 40% du capital social de la SOFATO, à travers le Fonds burkinabè de développement économique et social (FBDES). Cette prise de participation au portage à hauteur de 40 % augmente ainsi le capital social de SOFATO SA à 1 000 000 000 FCFA, en remplacement du partenaire financier étranger pour une société 100 % burkinabè et pour les Burkinabè, révèle le ministre.

Usine de transformation de tomates de Bobo-Dioulasso

Dans la même veine, le 23 septembre 2023, le chef de l’Etat a posé la première pierre de l’usine de transformation de tomates de Bobo-Dioulasso. L’infrastructure de cette usine nécessite 5 milliards FCFA d’investissements et sera bâtie en 6 mois sur 3 hectares. Le projet de construction et d’exploitation est porté par l’APEC, avec l’appui technique de «bâtir l’avenir «qui s’appuie sur la société coopérative. L’ambition du gouvernement burkinabè est, à l’avenir, de freiner l’importation de certains produits alimentaires et favoriser l’exportation des produits made in Burkina Faso. Cette politique volontariste va faire croître les recettes fiscales du pays.

Kangala Air Express et LEAD’AIR

Le secteur aéronautique burkinabè n’a pas été en reste en 2023. Des opérateurs burkinabè ont investi dans le domaine en créant leur propre compagnie aéronautique pour desservir l’intérieur du pays.

De ces compagnies, il y a la nouvelle société privée burkinabè, Kangala Air Express. A ce jour, la nouvelle compagnie privée nationale dispose d’un Jet privé et de deux ATR 72 500 pour les vols commerciaux. Une autre compagnie privée de transport aérien, LEAD’AIR, vient d’obtenir son agrément et son permis d’exploitation aérien.

LEAD’AIR dispose pour le moment d’un avion de 6 places prêt à accompagner les populations dans leurs besoins de mobilité.

Société d’exploitation des phosphates du Burkina

Depuis le 24 janvier 2023, le Burkina Faso s’est doté d’une usine de mélange d’engrais, implantée dans la Commune de Koupéla. Cette unité d’une capacité de production de 90 tonnes à l’heure va améliorer la disponibilité et l’accessibilité de l’engrais pour les producteurs sur le territoire national.

Initiative agropastorale : des milliers d’unités de transformation en vue

L’Initiative présidentielle pour la production agricole (IPPA) 2023-2024 d’un coût de plus de 22 milliards FCFA comprend trois composantes et va susciter la création de milliers d’unités de transformation de produits agroalimentaires.

Ambéternifa Crépin SOMDA

 

Encadré

La contribution de la production d’or aux recettes de l’Etat en 2021

A titre illustratif, en 2021, 14 sociétés minières sur les 17 en activité ont fait une production totale d’or (industrielle et artisanale) de 67,13 tonnes, contre 63,02 tonnes en 2020. Cette quantité d’or a contribué aux recettes de l’Etat à hauteur de 318,98 milliards FCFA, à la formation du produit intérieur brut (PIB) d’un montant de 1.567,30 milliards FCFA et aux recettes d’exportation de 2.250,76 milliards FCFA. 8.491 employés dont 93,13% sont des Burkinabè. Ces informations sont contenues dans le rapport Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) 2021.

Encadrté 2

Un déficit commercial de 600 milliards FCFA en 2023

La solution endogène qui consiste à compter sur ses propres potentialités économiques pour se développer est l’une des meilleures alternatives ; car, le Burkina Faso est un pays trop dépendant d’importation des biens et services et l’inverse permettrait d’équilibrer le déficit commercial. Le Pr Ousséni Illy, enseignant-chercheur en Droit international, économique à l’Université Thomas Sankara, a souligné, dans Lefaso.net du 31 janvier 2024 que : « le Burkina Faso importe plus qu’il exporte. Il y a un déficit énorme. En 2023, le déficit commercial tourne autour de 600 milliards FCFA. Ce montant, il a fallu le trouver ailleurs pour pouvoir financer les importations. Si la situation perdure, ce n’est pas bon pour le pays. L’idéal, c’est vraiment travailler à développer davantage la production interne de sorte à minimiser les importations. Selon les chiffres de l’INSD, en 2023, on a importé de la Côte d’Ivoire pour plus de 300 milliards FCFA de produits ».

Encadré 3

Les perspectives industrielles en 2024

– Une usine de transformation de la tomate à Tenkodogo et à Gaoua –Des démarches sont en cours pour ranimer le projet d’usine de transformation de tomate de Loumbila, et pour la mise en place d’autres usines dans d’autres localités.

– Pour une relance de la production sucrière, l’État a repris la SN-SOSUCO pour la restructurer, et il envisage la mise en place d’une autre société sucrière, afin de rendre le secteur performant et compétitif.

– Pour le développement de l’industrie de transformation, le programme de mise à niveau et de restructuration concerne 40 entreprises en difficulté dans les secteurs de l’huilerie et de l’énergie solaire.

Source : Discours sur la situation nationale (DSN) du 1er décembre 2023, devant l’Assemblée législative de transition (ALT)

 

Encadré 4

Usine de raffinerie d’or

Nature d’activité

Raffinerie d’or

Emplois

100 emplois direct/5.000 emplois indirects

Actions

Etat burkinabè/Marena Gold

Début des travaux

23 novembre 2023

Fin des travaux

11 mois/premier lingot d’or

Quantité produite

400 kg/jour

150 tonnes/an

Usine de traitement de charbon fin

Société

Golden Hand Sa

Nature d’activités

Traitement de charbon fin

Emplois crées

174 directs/indirects

Actions

60% pour Golden Hand Sa/40% pour l’Etat burkinabè

CA annuel

Environ 2 milliards FCFA par an

Début des travaux

23 janvier 2024

Société de fabrication et de transformation de tomate (SOFATO)

Société

SOFATO

Nature d’activités

Transformation de tomates

Emplois créés

100 directs/15.000 indirects

Actionnaires

40% par l’Etat burkinabè/60% autres

Début des travaux

2019

Quantité produite

100 tonnes/jour

Usine de transformation de tomates de Bobo-Dioulasso

Société

Usine de transformation de tomates

Nature d’activités

Transformation de tomates

Emplois crées

100 directs/5.000 indirects

Actionnaires

Société coopérative/APEC

Coût du chantier

5 milliards FCFA

Début des travaux

23 septembre 2023

Kangala Air Express

Société

Kangala Air Express

Nature d’activités

Aéronautique

Actionnaires

Serge Frédéric Zombré (directeur général)

Coût du chantier

500 emplois directs/indirects

Lancement

30 janvier 2024

Desserte

Gaoua, Fada N’Gourma, Diapaga et Dori

Perspective

Bamako, Ouagadougou et Niamey

Lead Air

Société

Lead Air

Nature d’activité

Aéronautique

Actionnaires

David Sanon (Directeur général)

Lancement

20 novembre 2023 (agrément reçu)

Desserte

Dédougou, Fada N’Gourma, Diapaga et Dori

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