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CAN 2017  : Les Etalons ont fait rêver

 

Ils ont séduit la CAN 2017. Les Etalons sont rentrés du Gabon auréolés d’une prestation de tous les honneurs à eux rendus par les techniciens et les avertis du football. Ils sont arrivés à une étape où ils n’étaient pas attendus. Dans un groupe aussi relevé composé du Cameroun, du Gabon et de la Guinée-Bissau, les poulains de Paulo Duarte ont créé la sensation en développant non seulement un football de haut niveau, mais aussi en déclassant le Cameroun et le Gabon donnés favoris dans cette poule.
Classés premier de ce groupe, les Etalons s’étaient dès lors créé un chemin vers le sacre. La victoire éclatante contre la Tunisie (2-0) en quart de finale avait fini par convaincre les uns et les autres que ce sera l’année du Burkina Faso. La demi-finale contre l’Egypte était donc attendue comme l’examen de passage pour nourrir cette légitime ambition d’offrir le premier titre continental au pays des Hommes intègres. Et pour ce faire, le combat face à l’Egypte a été des plus âpres, surtout face à une équipe égyptienne qui a simplement refusé de jouer au football. Les Etalons ont maîtrisé leur jeu, développé les phases de jeu les plus appropriées, allant jusqu’à obtenir 62% de possession de la balle.

Les Etalons n’ont pas à rougir. Ils ont mené le bon combat. (DCPM/MSL)

Nombre d’occasions manquées, des penalties non sifflés et le manque de baraka lors de la séance des tirs au but est venu achever de convaincre que la coupe n’ira pas au Faso. Mais l’histoire retiendra que la belle équipe de cette 31e édition de la biennale de football africain s’appelle Étalons. Equipe combattive, entreprenante, solidaire et organisée, les Etalons ont charmé le public et les observateurs. Le Burkina aura été, jusqu’à la phase des demi-finales, la seule équipe à pouvoir violer les cages de l’excellent portier égyptien, El Hadary, du haut de ses 44 ans. Les Etalons n’ont certes pas brandi le trophée tant espéré, mais sont revenus avec la coupe de la popularité et de l’estime. En effet, ils étaient très nombreux au Gabon, toutes nationalités confondues, à verser des larmes pour les Etalons qu’ils regrettent de voir éliminés à cette étape de la compétition. En remettant le film de la confrontation Egypte-Burkina, on aura compris que la plus forte et la plus belle équipe peut parfois passer à côté du sacre. La meilleure équipe n’a pas gagné. La chance a souri au plus chanceux. C’est la loi du jeu.
Les Etalons n’ont pas à rougir. Ils ont mené le bon combat. Ils ont donné de la fierté aux Burkinabè qui sont restés solidaires de leur Onze national. Les Etalons ont tout donné. Charles Kaboré et les siens peuvent s’enorgueillir d’avoir marqué de leurs empreintes le rendez-vous gabonais. Mieux, en dehors du terrain, tous les observateurs et participants à la CAN ont été unanimes que les Etalons furent l’équipe la plus intéressante certes, surtout l’équipe la plus humble, malgré la barre de progression qui était la leur au fil des matches. Au restaurant, sur les terrains d’entrainement, sur les plateaux d’animations, les Etalons étaient un exemple de simplicité et d’humilité. Mais le football n’est pas rationnel, les Etalons vont devoir vite oublier cette page pour se reconcentrer sur les éliminatoires de la Coupe du monde, Russie 2018, qui reprennent leur cours en mars prochain. En attendant de revenir sur le bilan de la participation du Burkina à cette CAN, il faut saluer le travail opéré par tout l’encadrement technique que conduit le technicien portugais, Paulo Duarte.
Ce dernier a su diriger son équipe, a su oser pour redonner confiance à une équipe qui a fini par arborer les vêtements d’une famille unie et solidaire. C’est aussi cela l’une des forces du Onze Etalons.

Alexandre Le Grand ROUAMBA


Des sentiments de regret et de fierté

A l’issue de leur élimination au stade des demi-finales, quelques joueurs se sont exprimés

Hervé Kouakou Koffi (gardien de buts des Etalons) : Ce que je retiens de ce match contre l’Egypte, c’est qu’il y a une seule équipe qui a joué au cours de ce match : c’est celle du Burkina Faso. Nous avons bien déroulé le ballon, mais la chance et la victoire n’ont pas été de notre côté. C’est triste, mais nous pouvons nous réconforter au regard de ce que nous avons produit comme jeu lors de cette CAN. On a tout donné pour la victoire finale, mais hélas. J’étais un peu affecté après le pénalty que j’ai raté, mais avec les encouragements des uns et des autres, avec les messages reçus de partout, j’ai été consolé et cela m’a motivé à nouveau. C’était mon erreur et je travaillerai à ne plus la reproduire. Je tiens à remercier tout le monde pour le constant soutien dont l’équipe a bénéficié.
Alain Traoré (attaquant) : C’est toujours frustrant de se réveiller au lendemain d’une élimination et se convaincre qu’on a été vraiment éliminé au stade des demi-finales. Je retiens deux sentiments qui m’animent. Il y a d’abord cette satisfaction d’avoir tout fait, tout donné, avec abnégation à travers un beau jeu. Ensuite, on est déçu que malgré cette qualité de jeu, on n’obtienne pas la qualification pour la finale. Il n’y a pas de science exacte au niveau des tirs au but. Cela me reste en travers de la gorge. Comme nous sommes des compétiteurs professionnels, on va positiver et continuer à travailler. Les dieux du football n’étaient pas avec nous, surtout que lors de la séance des tirs au but, deux des 5 meilleurs tireurs ont loupé (ndlr, Hervé Koffi et Bertrand Traoré). Ils ne nous avaient pas habitués à cela. C’est à nous de les remotiver parce que ces deux plus jeunes ont beaucoup donné au cours de cette CAN.
Yssoufou Dayo (défenseur) : Notre défaite face à l’Egypte m’a vraiment touché, surtout après tout ce boulot que nous avons abattu. Ça fait toujours mal de rater une finale de CAN au bout de nos pieds. Ce qui me réconforte, c’est que nous n’avons pas démérité. Comme on le dit, « tout ce que Dieu fait est bon ». Je suis vraiment fier de notre équipe nationale. On a montré de belles choses à cette CAN.

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