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Secteur de la sécurité: les citoyens appelés à une meilleure gestion des ressources

• L’ASCE-LC réaffirme son engagement

• Sur la bonne gouvernance

• Avec des spécialistes et délégations de plusieurs pays 

Anne Bennett, cheffe de la Division Afrique subsaharienne du DCAF.. (Ph: YS)

Les spécialistes de la gestion des ressources financières consacrées au secteur de la sécurité et des délégations venues du Burkina Faso, du Mali, du Niger, de la Mauritanie et de Genève se sont retrouvés à Ouagadougou, les 14 et 15 mars 2023, pour leur conférence régionale. Hôte de la rencontre, l’Autorité supérieure de contrôle d’État et de Lutte contre la corruption (ASCE-LC), a déroulé le tapis rouge durant les 48 heures pour l’ensemble des participants. « Malgré l’adversité, l’ASCE-LC ne reculera pas. Mieux, nous irons en guerre contre ces délinquants économiques qui nuisent au développement de notre chère patrie. Le personnel de l’ASCE-LC restera toujours engagé dans cette noble lutte pour laquelle nous avons prêté serment, afin de servir les intérêts de notre peuple », a d’ailleurs indiqué le Contrôleur général d’État, Philippe Nion, pour expliquer la détermination de son institution à traquer le fléau de la corruption.

Conscient de la nécessité de développer des initiatives pour reconstruire le tissu social, le président de la Transition a salué la pertinence de la rencontre. Par la voix de son Directeur de cabinet, Martha Céleste Anderson Dékomwin Médah, il a invité les participants à faire des propositions concrètes pour améliorer la situation. « A l’évidence, la proportion et l’expansion de l’insécurité dans la sous-région nous imposent de regarder dans le même viseur. C’est pourquoi, la tenue de cette conférence régionale devrait permettre d’identifier les enjeux majeurs pour l’atteinte des objectifs de sécurité et de paix recherchée par les populations », a souhaité son porte-parole.

Les résultats issus de ces échanges devront contribuer à une gestion transparente et responsable des ressources du secteur de la sécurité. (Ph: Yvan SAMA)

La dégradation de la situation sécuritaire a contraint la majorité des États à consacrer à la défense et à la sécurité des crédits budgétaires conséquents. Ces dix dernières années particulièrement, l’on assiste à des effets de déduction financière caractérisés par une baisse de l’investissement et de la consommation privée provoqués par une hausse des dépenses publiques de sécurité. Ce phénomène de déduction financière appelle à des interrogations sur la gouvernance dans ce secteur stratégique de la défense et de la sécurité.

Les spécialistes et les délégations, en se réunissant à Ouagadougou, ont trouvé un cadre, d’une part, pour partager les bonnes pratiques en matière de lutte contre la corruption, et d’autre part, un lieu propice pour mutualiser les moyens dans la lutte contre la corruption qui sévit dans le secteur. C’est pourquoi, les travaux ont tourné autour du thème : « La participation des citoyens aux initiatives de transparence et de responsabilité financière dans le secteur de la sécurité ».

Le travail a été organisé en quatre sessions, elles-mêmes agencées sous forme de panels. La première session s’est penchée sur l’état des lieux de la gouvernance financière et de la synergie entre les organes administratifs et judiciaires de lutte contre la corruption. La deuxième session a prolongé la discussion à l’action des autres organes de contrôle et de régulation (Cours des comptes, Assemblées nationales, Autorités de régulation de la commande publique).

Les deux dernières sessions ont été consacrées aux expériences des pays en matière de participation citoyenne dans la gouvernance financière du secteur de la sécurité. Après ces présentations, les 140 participants ont soulevé des préoccupations pour approfondir la réflexion. Les résultats issus de ces échanges devront contribuer à une gestion transparente et responsable des ressources du secteur de la sécurité. « Nous avons au final des recommandations, un plan d’action pour suivre la mise en œuvre et éventuellement, faire le point au cours de la troisième conférence régionale qui se tiendra dans un des quatre pays », a soutenu le Contrôleur général d’État.

La deuxième conférence régionale a été organisée en partenariat avec le Centre pour la gouvernance du secteur de la sécurité de Genève (DCAF). « Nous apportons l’expertise technique pour faciliter les rencontres avec les acteurs des pays concernés sur l’état des lieux, les bonnes pratiques et les recommandations à suivre », a précisé Anne Bennett, cheffe de la Division Afrique subsaharienne du DCAF. Le DCAF est actif dans plus de 70 pays et dispose d’un réseau de 14 bureaux permanents dans différents pays du monde, dont le Mali, le Niger et tout récemment, le Burkina Faso.

Moumouni SIMPORE

Encadré

Corruption, conflit et sécurité

Le 31 janvier 2023, Transparency international a publié l’Indice de perception de la corruption. Cet indice relève une situation « désastreuse » en Afrique subsaharienne : la majorité des pays de la région n’ont fait aucun progrès contre la corruption, leur niveau restant le même et la quasi-totalité (90 %) obtenant un score inférieur à 50. Or, la violence et l’instabilité qui gangrènent de nombreux pays de la région – qu’elles résultent de coups d’État militaires, de l’extrémisme, de la terreur ou de la criminalité – alimentent davantage la corruption. « Dans la région du Sahel, par exemple, la violence incessante alimente l’instabilité et favorise la corruption. Les groupes terroristes ont gagné du terrain, en partie, en exploitant le mécontentement des citoyens vis-à-vis des gouvernements, et en dénonçant des faits de corruption. Le conflit qui perdure est à l’origine de plusieurs coups d’État, dont deux au Burkina Faso, rien que cette année, et un au Mali (28) l’an dernier. La mainmise autoritaire des forces militaires fait que la corruption a toute la place pour s’installer », peut-on lire sur le site de Transparency international.

A noter que l’indice de perception de la corruption dans le secteur public était de 42 en 2022, au Burkina Faso. L’échelle va de 0 à 100, et plus le score est élevé, plus la corruption est massive. Le Burkina Faso occupe ainsi la 77e place sur 180 pays.o

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