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AG du CIDEF: entre résilience et espoir d’une amélioration du climat des affaires

• Un contexte national et international difficile

• Enregistrement de nouveaux membres

• 25 millions FCFA mobilisés en soutien à l’effort de guerre

Des membres du Conseil d’administration, lors de l’Assemblée générale. (Ph: YS)

Que retenir de 2022 pour le monde des entreprises burkinabè ? Voilà une question dont les réponses servent d’entrée en matière du rapport moral exercice 2022 du Conseil d’administration du Conseil interprofessionnel des entreprises du Burkina Faso (CIDEF), rapport présenté à la faveur d’une Assemblée générale ordinaire, le 1er juin 2023, à Ouagadougou.

 Au CIDEF, on retient que 2022 aura été une année « difficile » pour le monde des entreprises de façon générale, dans un contexte international marqué par une perturbation de la chaîne d’approvisionnement causée par la pandémie de COVID-19 et la guerre en Ukraine. Qu’en est-il au plan national ? L’AG du CIDEF note que l’environnement des affaires s’est davantage dégradé, avec l’aggravation de l’insécurité ayant entraîné une augmentation du nombre des personnes déplacées internes (PDI) à 1,8 million de personnes et une inaccessibilité accrue des superficies arables. Conséquence, l’économie nationale s’est contractée en 2022, avec une croissance de 2.5%, après une forte reprise de croissance en 2021 estimée à 6,9 %, selon la Banque mondiale.

 Du reste, la croissance en 2022 a été tirée par les secteurs primaire et tertiaire qui ont progressé respectivement de 5,1 % et 5,6 %, compensant ainsi un ralentissement du secteur secondaire, en raison de la fermeture de plusieurs mines du fait de l’insécurité. A ce propos, les exportations qui dépendent étroitement de la production d’or ont fortement baissé, tandis que les importations, poussées principalement par les achats d’hydrocarbures, se sont accrues de 1,7%. En termes de chiffres, la dégringolade ne se limite pas à cela. En effet, les chocs sur l’offre intérieure dus à une mauvaise récolte à la fin 2021 et à l’insécurité, combinés des effets de congestion sur les chaînes mondiales d’approvisionnement, en raison de la guerre russo-ukrainienne, ont conduit à une inflation record (depuis 10 ans) de 14,1 %, le niveau le plus haut de la région Sahel, à en croire la Banque mondiale.

Des participants à l’AG. (Ph: YS)

Malgré cette dégringolade, les entreprises membres du CIDEF se réjouissent de l’assurance de la continuité de leurs affaires. « Elles continuent de relever les défis de la résilience face aux perspectives à moyen terme où, dans un contexte marqué par l’incertitude, la croissance réelle est projetée à 4,3% en 2023 pour atteindre 5,1% d’ici 2025. Cette croissance devrait être tirée par les secteurs de l’agriculture et des services et la reprise de l’exploitation aurifère », indique le rapport. A cela s’ajoute une baisse attendue de l’inflation annuelle moyenne à 4,9 % en 2023, reflétant une baisse des prix mondiaux du pétrole et des denrées alimentaires et dans l’hypothèse d’une non-dégradation de la situation sécuritaire.

Qu’à tout cela ne tienne, le CIDEF table sur une amélioration, en 2023, du contexte global dont l’inconnu reste la question sécuritaire. Au sein de l’organisation, l’on est convaincu que le combat contre l’hydre terroriste ne pourra être gagné sans l’implication des acteurs économiques. C’est pour cela que la structure a lancé une contribution de ses membres aux efforts du gouvernement pour venir à bout de la crise sécuritaire et humanitaire, en dehors des efforts individuels déjà consentis par certaines entreprises membres. A en croire le président du Conseil d’administration, Lassiné Diawara, plus de 25 millions   FCFA ont déjà été mobilisés à cet effet. Par ailleurs, le CIDEF, selon son 1er vice-président, Camille Ndessoko Wassom, compte sur un cadre de dialogue existant entre le gouvernement et les opérateurs économiques pour « trouver une dynamique qui permette aux entreprises de continuer à participer à la collecte de revenus, et par conséquent, rehausser le niveau de sécurité du pays ». Le regroupement d’entrepreneurs a également en perspectives, le développement de projets et programmes et le renforcement d’alliances stratégiques, sans oublier une facilitation de la formation des employés des sociétés membres.

 Béranger KABRE

 

Encadré

De nouveaux membres enregistrés

En dehors du contexte ayant marqué l’évolution des entreprises et les perspectives pour 2023, le rapport planche, entre autres, sur la situation des comptes clos de l’organisation au 31 décembre 2022 ; le renouvellement des membres du Conseil d’administration (qui reste présidé par Lassiné Diawara) et de nouvelles adhésions enregistrées. Au titre des adhésions, le CIDEF s’est élargi, en 2022, en accueillant en son sein la SOFITEX (industrie de la fibre et du textile) ; Canal+ Burkina (société de télédiffusion) ; la SBFA (secteur de l’eau minérale et de l’eau aromatisée) et la société TG Com qui intervient dans la logistique et le transit. L’adhésion de quatre autres entreprises a été entérinée à l’AG du 1er juin, à savoir Dafani ; SOGTRAB (Société générale de transit du Burkina) ; Ilimitis et SN Citec. Ces adhésions portent ainsi à 56 le nombre des entreprises membres de l’organisation.

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