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SIAEL 2024: le monde rural à l’épreuve de la crise sécuritaire

• Un cadre de promotion et de rencontre entre les acteurs du monde rural

• Des rencontres B2B, des expositions-ventes, des récompenses pour les acteurs

• Des innovations qui défient la résilience

Jean Victor Ouédraogo, promoteur du SIAEL (Yvan SAMA)

Le Burkina Faso est en proie, depuis près d’une décennie, au terrorisme. En plus des victimes que cela occasionne sur le plan humain, le phénomène porte un coup dur à l’économie nationale. Le monde rural, principale force productrice des produits agricoles et de l’élevage, paie un lourd tribut dont les dégâts ne sont pas pour l’instant bien comptabilisés.

La 7e édition du Salon international de l’agriculture, de l’environnement et de l’élevage (SIAEL) se propose alors de se pencher sur la question, d’où le thème : « Impact de la crise sécuritaire sur le secteur agrosylvopastoral : états des lieux et perspectives ». A l’ouverture de cette rencontre des acteurs du monde rural, autorités burkinabè, maliennes, pays invité d’honneur de la 7e édition et agriculteurs se sont donné rendez-vous dans la Commune de Komsilga, située à 25 kilomètres au sud de Ouagadougou, où vivent 137.278 habitants. C’est le Premier ministre, Apollinaire Joachimson Kyélem de Tambèla, qui a donné, le mardi 20 février 2024, à Silmissin, dans la Commune de Komsilga, le coup d’envoi de la 7e édition du Salon.

Selon Assita Toé, représentante des acteurs du monde rural, la crise sécuritaire a véritablement porté un coup à leurs activités. « Nous, agriculteurs, éleveurs et acteurs de la cueillette avons subi les dégâts de la crise sécuritaire. Certains ont été tués sans raisons, d’autres ont été contraints à abandonner leurs localités, ainsi que leurs outils de production pour trouver refuge dans des zones plus sécurisées », a-t-elle relevé.

Les efforts faits sur le terrain par les Forces de défense et de sécurité (FDS) et les volontaires pour la défense de la patrie (VDP) pour la reconquête du territoire ont permis de sauver certaines zones en difficulté. D’où la conviction du ministre en charge des ressources animales, Amadou Dicko, sur la résilience des producteurs burkinabè. « Le secteur agropastoral et le monde rural ont durablement été touchés par les effets de l’hydre terroriste, au cours de la dernière décennie. J’ai une pensée pour les victimes et leurs familles qui ont dû quitter leurs lieux de résidence. Mais je reste convaincu que le terrorisme ne pourra jamais ébranler la force et la résilience de notre peuple. Les produits exposés ici témoignent de la persévérance et du travail acharné des agriculteurs burkinabè », a-t-il indiqué.

Pour soutenir la production nationale et promouvoir l’autosuffisance alimentaire, le gouvernement a lancé l’Offensive agropastorale et halieutique 2023-2025 dont l’ambition est d’augmenter significativement la production de 8 spéculations. Dans cette optique, selon le ministre Amadou Dicko, le Fonds «Doumou-kafa», doté de 47 milliards FCFA sur les trois premières années, a été mis en place pour faciliter l’accès aux financements des acteurs de la filière agricole, animale et végétale.

Deux pays voisins, presque même tableau…

Les visiteurs tombaient d’admiration pour ce taureau de trois ans consommant une tonne d’aliments par mois et estimé à 2.000.000 FCFA. (Yvan SAMA)

Le Mali, pays invité d’honneur de la 7e édition du SIAEL, présente, à quelques exceptions près, le même tableau que le Burkina Faso.

En prise avec le terrorisme, les populations maliennes voient aussi leurs activités impactées par le phénomène. Mais selon le ministre de l’Elevage et de la Pêche malien, Youba Bah, son pays présente toujours des résultats satisfaisants. « L’économie malienne repose essentiellement sur l’agriculture qui contribue globalement à 40% au PIB. Nos produits phares sont le coton dont la production annuelle oscille autour de 700 mille tonnes. Les productions céréalières sont aussi importantes, avec un rendement en 2022 de 10 millions de tonnes dont le riz occupe une place de choix.

S’agissant des productions animales, le Mali a l’honneur de disposer du cheptel le plus important de la zone UEMOA, avec plus de 13 millions de bovins, 50 millions d’ovins-caprins et plus de 20 millions de dromadaires. La volaille traditionnelle est estimée à 35 millions », s’est félicité le représentant du Premier ministre malien, parrain de l’acte 7 du SIAEL.

Du 20 au 27 février 2024, des acteurs du monde rural ont exposé leurs productions sur le site du Salon, dans la Commune de Komsilga. Ils ont eu également des cadres d’échanges pour discuter des perspectives de leurs activités et nouer des partenariats, afin de relever le défi de l’autosuffisance alimentaire. « La crise sécuritaire a impacté nos activités et nous avons besoin d’envisager des perspectives entre nos producteurs, sous la guidance des services étatiques et des Organisations non gouvernementales. C’est ce que nous offre le Salon international de l’agriculture, de l’environnement et de l’élevage (SIAEL) », s’est réjouie Assita Toé, représentante du monde rural.o

Issa SAWADOGO (Collaborateur)

 

Encadré

Le SIAEL en bref

Le Salon international de l’agriculture et de l’élevage (SIAEL) rassemble les acteurs du monde rural, dans la Commune de Komsilga, autour de quatre univers :

1-L’élevage et ses filières ;

2-Les produits des régions du Burkina Faso, du monde, les cultures et filières végétales ;

3-Le jardin et le potager ;

4-Les services et métiers de l’agriculture.

Jean Victor Ouédraogo, promoteur du SIAEL (Yvan SAMA)

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