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Ressources humaines : Les agents du public se professionnalisent

Créée en début 2014 par des professionnels de la gestion des ressources humaines de l’administration publique, la Grh/Ap entend contribuer à professionnaliser davantage la fonction Rh. Si l’avènement de la structure fédérative participe de la volonté de ses membres éparpillés dans les différents ministères de mieux se connaître, elle poursuit des buts hautement professionnels pour redorer le blason des gestionnaires des ressources humaines (Grh), qui semblent être des parents pauvres des emplois de l’administration. L’année 2015 verra l’organisation de diverses activités dont les prochaines journées des Grh.

Le premier grand acte a été posé en début mai 2015 lors d’une conférence publique pendant laquelle les participants, ministres, agents des ministères et praticiens du privé ont débattu de la problématique de la gestion des ressources humaines dans l’administration publique.
Pour une activité d’entame, les organisateurs ont fait le choix d’un thème «bateau» qui puisse embrasser l’ensemble de l’administration publique en ce qui concerne ses ressources humaines, en passant par le diagnostic pour aboutir à des suggestions pertinentes, confie le président de l’ association, Ousmane David Zanné, conseiller en gestion des ressources humaines en fonction au ministère de l’Economie et des finances.
Le diagnostic établi renseigne sur les problèmes auxquels les responsables chargés de gérer les agents de la Fonction publique sont confrontés au quotidien, depuis l’adoption de la réforme globale de l’administration publique burkinabè intervenue en 1998. C’est cette réforme qui a créé la fonction Rh dans le public pour remplacer la gestion administrative du personnel.
Les attributions d’une direction des ressources humaines, selon Ousmane Zanné, sont entre autres d’assurer la gestion prévisionnelle des effectifs, des emplois et des compétences de son ministère de tutelle, de veiller à l’utilisation rationnelle des agents et à l’amélioration de leurs conditions de travail, d’organiser les affectations et les mutations du personnel. C’est à cette direction que revient aussi la charge d’assurer la conception et la mise en œuvre des plans et programmes de formation des agents du département, ainsi que celle en lien avec le suivi régulier de la carrière des agents. Si les législateurs ont adopté de gérer le personnel de l’administration à travers la fonction ressources humaines, les moyens nécessaires devant être mis à la disposition de ces directions centrales des départements ministériels ne suivent pas. Aujourd’hui, explique Zanné, «il y a des outils modernes, des grilles de lecture, pour savoir si une gestion des Rh dans un service va avec les standards ou pas. Chez nous, la fonction Rh semble porter un péché originel dès sa naissance. Les textes qui fondent la réforme de l’administration publique indiquent que la création d’une structure devait s’accompagner des moyens humains, matériels et financiers pour son fonctionnement». Tel n’a pas été le cas pour les directions des ressources humaines qui se résument souvent à une seule personne, même si l’Etat dit recruter en fonction des besoins, chaque année, c’est en moyenne une quarantaine d’agents spécialisés, d’assistants et de conseillers en ressources humaines qui est recrutée. Dans les ministères, la Drh traîne toujours ce handicap de manque des moyens humains. Il est difficile dans ces conditions d’accomplir la mission.
Pour le président de l’association Grh/Ap, les budgets des Drh dépassent à peine 2 à 3% du budget des ministères auxquels elles appartiennent. Alors qu’en termes de standards, on devrait pouvoir évoluer dans l’ordre de 20 à 25%, voire plus, parce que la formation des agents et la paie sont du ressort de la Drh.
L’un des combats de l’association, comptant 160 membres, est de faire en sorte que les Drh soient reconnues et considérées comme des structures à part entière et alignées au même rang que celles chargées de la gestion des finances. Mais, la balle n’est pas seulement lancée dans le camp de l’Etat qui, malgré ses efforts, ne peut satisfaire à toutes les sollicitations des Grh. C’est ce que tente d’expliquer l’association aux professionnels du domaine. «Certains de nos confrères semblent avoir épousé l’emploi par défaut.
Nous menons les échanges dans le cadre de notre regroupement pour que chacun reprenne confiance et se convainc que c’est un emploi noble, pour lequel il faut s’armer psychologiquement parce que nous portons constamment les problèmes des autres agents de la Fonction publique, en plus des nôtres. Beaucoup se sentent délaissés. Le partage d’expériences sert à redonner le moral et à faire avec les difficultés manifestes».
Christian KONE


Un programme d’amélioration en cours

En juillet 2011, le Gouvernement a adopté un Plan stratégique décennal de modernisation de l’administration (Psdma), pour servir de feuille de route à la mise en œuvre des actions de réforme de l’administration engagées depuis 1998. Parmi les insuffisances citées au niveau opérationnel, des difficultés dans la gestion des ressources humaines, dans les méthodes et procédures de travail qui demeurent encore peu modernes. Il était fait mention du faible niveau de gestion stratégique des ressources humaines. Malgré l’existence d’un cadre législatif et réglementaire bien défini, le diagnostic établit une gestion peu performante marquée par l’inadéquation de l’allocation des ressources humaines, les faiblesses dans l’évolution des performances, l’absence d’une politique de formation et la faiblesse de la gestion prévisionnelle. Le programme d’amélioration de la gestion des ressources humaines lancé pour répondre à cette insuffisance prévoyait la dotation des Drh en matériels et logiciels adéquats, la formation des gestionnaires aux nouvelles méthodes de gestion efficiente des ressources humaines. Ces derniers espèrent tirer avantage des efforts déployés en faveur d’une administration électronique.

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